la biodynamie…au risque de l’anthroposophie

pub de champagne Le Monde

 

DE NOUVELLES EXPÉRIMENTATIONS A LA FERME, DANS LE  DOMAINE DU POSSIBLE ?

I. J’AI RENCONTRÉ LES ANTHROPOSOPHES…

ET j’en suis revenu…

J’ai rencontré les anthroposophes lors de congrès de Nature et Progrès dans les années 70.

Désorienté suite à une longue période de chômage (« lanceur d’alerte » avant l’heure!), et séduit par le côté « poétique » de leurs affirmations agricoles, j’ai suivi quelques formations chez Monziès, au Domaine de l’Ormoy, (18330 Saint-Laurent ) dans le Cher.

J’y ai découvert en autres, et avec surprise, la méthode d’éradications des nuisibles (cf plus bas) accompagnée d’une remarque étrange (« il ne faut pas en parler, car cela pourrait servir contre d’autres espèces ») Chacun ressentit alors qu’on nous confiait des pouvoirs inconnus, à ménager !

J’ai aussi été conduit par un des pontes de la biodynamie, chez un agriculteur nouvellement installé dans le Sud Ouest ; cet anthroposophe (encore en activité aujourd’hui) m’y a fait visiter la propriété, en me montrant le local où je pourrai installer mon laboratoire de contrôle. …Malheureusement, revenu chez l’agriculteur, celui-ci…n’était au courant de rien ! « Les temps ne sont pas mûrs », s’excusa l’anthroposophe ».

J’ai également été chez Weleda, entreprise de fabrication pharmaceutique selon les méthodes de Steiner,ICI

mais ayant déclaré que je ne comprenait pas l’interprétation des « cristallisations sensibles » (cf plus bas), on ne m’a pas engagé, faute d’avoir « l’œil ouvert ».

Enfin j’ai rencontré un chercheur en anthroposophie dans son labo de Lyon. Je lui ai demandé si, enfin, il pouvait prouver l’action des positions planétaires au moyen des méthodes décrites par Mme Kolisko, une disciple de Steiner, qui avait découvert ce type de démonstration : il semble que le « temps s’étant accéléré depuis cette époque », il ne parvenait pas à mettre en route ses réactions « sensibles » juste au moment voulu !

Je venais d’être confronté à ce « déni du réel », devant l’échec, qui me paraît caractériser le fonctionnement de la pensée anthroposophique, et sur lequel je reviendrai à propos des tentatives de preuves qui ont été mises en avant.

En tous cas, la lecture de plusieurs ouvrages de R. Steiner sur l’astronomie et la création du monde, m’a définitivement convaincu qu’en fait de clairvoyance, ces expérience m’avaient ouvert les yeux !

Ainsi, selon Steiner,  ICI Le soleil est un creux, un vide qui émet de la lumière. [12]-[59]

Autres détails sur l’astronomie anthroposophique ICI ET ICI et encore, plus terre à terre :

« il faudrait immédiatement interdire de consommer des tomates ICI« à une personne qui souffre d’un cancer, puisqu’un cancer crée a priori dans l’organisme humain […] une zone d’autonomie », avertit Steiner, qui porte également un regard sévère sur la pomme de terre : « La pomme de terre a aussi des tendances semblables [à celles de la tomate]. Elle a aussi un comportement indépendant, indépendant au point de traverser de préférence tout le processus de la digestion sans aucun mal, de pénétrer dans le cerveau et de le rendre indépendant, indépendant même de l’action des autres organes humains. » « Et si les hommes et les animaux sont devenus matérialistes depuis l’introduction de la pomme de terre en Europe, c’est entre autres parce qu’ils consomment trop de pommes de terre, précisément [17] », en conclut-il.


Ex-cadre de direction dans l’industrie du médicament ICI (mais lanceur d’alerte !), donc bien au fait des règles de l’expérimentation comparative, et Dr en Philosophie,   j’ai voulu faire le point des recherches et des critiques, devant le développement de la viticulture en biodynamie.

       Tout en veillant à ne pas attaquer les personnes, pour me concentrer sur les aspects scientifiques des résultats présentés sur le net par les associations ayant pris en main le développement de cette étrange méthode agricole.

         La situation me paraît d’autant plus favorable qu’un nouveau centre de recherches vient de s’ouvrir dans la région d’Avignon, à l’instigation de celle qui est devenue récemment notre Ministre de la Culture, Mme Nyssen. Nous y reviendrons en terminant cette communication.

II – BIODYNAMIE : une ésotérique occulte, à ne pas discuter ?

Selon Ulrich Schreier, ICI (agriculteur en bio et biodynamie sur 120 ha à Saint Augustin-des-Bois dans le Maine et Loire) :

« Première en date des méthodes dites biologique, la Biodynamie cherche à élargir les bases scientifiques de l’agriculture, aussi bien conventionnelle que biologique. Elle part du point de vue que les théories physico-chimiques et mécanistes de la science moderne — bien que d’une performance et d’une puissance extraordinaire par rapport aux phénomènes liés à la matière et aux champs électromagnétiques — n’ont qu’une validité limitée car elles sont basées sur une conception bien trop restreinte de l’Univers.

Pour aboutir à une compréhension plus profonde de l’organisation dynamique, interdépendante et hiérarchisée de la Nature, il faudra les compléter en s’ouvrant à des sphères liées à la Vie et à la Conscience.

Dans ce but, la Biodynamie cherche à élargir le champ de vision en ajoutant la notion de principes immatériels tels que forces de vie, forces formatrices et développement cyclique à celles de processus physico-chimiques et de substance — les notions de globalité, d’homéostasie, de cohérence et de symbiose à celle d’analyse des éléments — la notion de facteurs subjectifs tels que bon sens, beauté, harmonie, équilibre, santé, saveurs, arômes et plaisir gustatif à celles de critères facilement chiffrables.

C’est seulement par une telle vue étendue que l’homme pourra espérer avancer dans la connaissance de la Nature, une Nature qui, en renfermant des secrets beaucoup plus complexes que les seules lois du monde physique, ne peut être ni expliquée ni comprise à partir de l’infiniment petit et de la matière inerte. »

Pour élargir cette conception trop restreinte de l’Univers, R. Steiner a donc développé une science spirituelle qui, selon ses conférences du siècle dernier, lui aurait révélé une panoplie complète de pratiques fort mystérieuses recommandées aux agriculteurs (biodynamie), les « préparats » censés vivifier les sols, et les « poivres », pour lutter contre les nuisibles (végétaux et insectes).

LES PRÉPARATS biodynamiques ICI

Elles prétendent agir sur divers processus métaboliques dans la nature. Et sont censées stimuler les forces organisatrices et l’énergie vitale du sol et des plantes, en équilibrant les forces cosmiques et terrestres.

vache biodynamiqueLa préparation 500 (bouse de corne) est formé à partir de bouse vache « mûrie » 6 mois dans des cornes de vaches, dont on nous affirme qu’elles envoient des courants internes vers l’appareil digestif, en rayonnant des forces éthériques et même astrales.« Sa forme savamment vrillée ICI, largement ouverte vers le bas, monte en s’amenuisant pour se fermer solidement à l’autre bout. Une cavité est formée d’où ni des forces, ni des substances qui y ont pénétré ne peuvent ressortir quand d’autres forces ou substances veulent y entrer. De ce fait, les forces et les substances présentes dans cette corne qui repose en terre se concentrent et s’imprègnent des qualités qui affluent de la Terre et du Cosmos selon les saisons. » Mais il faut des cornes d’origine nationale ! ICI «  Il n’est pas de meilleure solution que de prendre les cornes dans la région où l’on se trouve. Il existe une affinité extrêmement puissante entre les forces présentes dans les cornes de vache d’une contrée et les autres forces propres à cette contrée, tandis que les forces des cornes provenant de bêtes étrangères au pays peuvent entrer en conflit avec les forces attachées à la terre de ce pays . »

Remarquez que rien ne nous est précisé sur l’âge des bouses utilisées ; or, selon l’ancienneté des déjections, elles renferment plus ou moins de la faune du sol ( micro-organismes et insectes) , qui intervient rapidement pour en assurer la décomposition, et l’incorporation au sol. Par conséquent le compostage ultérieur dans la corne n’est absolument ni contrôlé ni reproductible ! Puisqu’on vous dit que seules comptent les « forces » en action ! …

vache biodynamiqueLa deuxième préparation (silice de corne) est composée de quartz, réduit en poudre impalpable, « mûrie » dans les mêmes conditions, et s’apparenterait à « une pulvérisation de lumière ». »elle prend la consistance d’une farine collante,ICI ayant totalement perdu sa forme d’origine. Mais elle aspire à retrouver la forme qui l’avait maintenue en une solide cohésion. Ne pouvant le faire directement, elle utilise les plantes sur lesquelles elle est projetée, à qui elle confère une plus grande affinité pour les forces de la forme, de sorte que celles-ci peuvent les édifier au plus près de leur archétype ».

Il y a encore six autres préparations dont quatre sont fermentées dans des organes animaux définis tels que la vessie de cerf, l’intestin grêle de bovin, et le crâne d’un animal domestique.

L’agriculture biodynamique résulte de l’utilisation à dose infimes de telles substances dont on nous dit qu’elles sont « métamorphosées alchimiquement ».

DETAILS ICI

Pour les appliquer il faut procéder à leur « dynamisation » qui consiste en leur agitation UNE HEURE dans l’eau, avec formation d’un vortex, censé en renforcer l’effet, qui est assimilé au processus alchimique d’assemblage de la matière dénommé « coagula-solve ».

Mais les conditions de travail sont impératives ! Eau à 37°,  donc moins sensible aux champs magnétiques, chauffage sans électricité ni gas-oil, conservation dans la tourbe, à l’abri des mauvaises odeurs, des huiles essentielles, du bruit, des champs électromagnétiques, du wi-fi ou des téléphones portables !

Autant de conditions si délicates…qu’elles pourraient expliquer pourquoi la magie n’opère pas toujours! Notez cependant que la trituration au mortier (et sans eau ) est admise aussi comme dynamisation. La dilution se fait ensuite par agitation de TROIS minutes seulement…pas très logique, non ?

DETAILS ICI

UNE MODERNISATION... ou une simple économie ? ICI En un siècle, la seule modification apportée à la méthode à consisté à appliquer TOUTES les préparations à la fois (préparat 500 « P ») ou à y ajouter de la poudre de basalte et des …coquilles d’œufs (CBMT, compost de bouse Maria Thun ICI). Ce qui aurait eu pour effet de la rendre active…CONTRE LA RADIOACTIVITÉ, <—ICI , selon un vigneron « spécialiste ». Le ridicule ne tue plus personne.

Une autre modification <—ICI de Maria Thun fut rejetée avec violence par les anthroposophes, gardiens du Temple de l’orthodoxie, et entraîna une scission parmi eux. Malgré ses « essais de grande envergure » ils dénoncèrent son remplacement des organes animaux (indisponibles lors de la crise de la « vache folle »), par des branches de végétaux soigneusement évidées pour réaliser les fermentations prescrites. « du point de vue spirituel présenté par Rudolf Steiner dans son cours, de telles recommandations semblent inappropriées. » Cela donne une idée de l’ouverture d’esprit des disciples !

« LES POIVRES » anti parasites

La Biodynamie a également développé une série de pratiques et de remèdes « de conception nouvelle » [un siècle tout de même] visant à réguler la prolifération d’adventices et de parasites. Appuyé par l’effet des préparations et l’organisation de certains travaux en fonction d’influences solaires, lunaires et planétaires, ceux-ci se disent être une aide précieuse face à des maladies et à des adventices difficiles à gérer avec les méthodes habituelles.

On lit dans Wikipédia…

« Pratique des incinérations ICI :Dans la méthode biodynamique, divers parasites ou ravageurs se combattent à l’aide d’incinérations. Les papillons ou les insectes se capturent avec des pièges, par aspiration ou par secouage des végétaux ; pour les mammifères ou les oiseaux, il faut prendre un morceau de peau proche du cou, entre les omoplates. L’incinération est pratiquée à l’aide d’un petit brasero chauffé par du bois, de préférence dans la parcelle concernée. Les cendres sont alors épandues, généralement après une dilution isopathique et agitation rythmique jusqu’au niveau de la 8e décimale hahnemannienne (dilution dite « D8 ») N 10. Le volume de cendres effectivement épandu est donc dans ce cas 0,000001 % du volume initial, soit une dose homéopathique. C’est un des aspects controversés de la biodynamie. Selon les indications de R.Steiner, on choisira le jour de la pleine Lune pour les incinérations des plantes adventices et il ne semble pas nécessaire de se référer au zodiaque lorsqu’il s’agit de plantes11. Pour se débarrasser des mulots, Steiner explique qu’il faut prendre la peau d’un mulot et la brûler au moment où Vénus est devant la constellation du Scorpion, les cendres contiennent alors « la force négative qui s’oppose à la force de reproduction du mulot ». Il suffit ensuite de répandre la poudre sur les champs pour écarter les mulots, il n’est pas nécessaire d’en avoir beaucoup (dose homéopathique).

DETAIL ICI

COMMENTAIRE DE MICHEL ONFRAY ICI

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MAIS L’ÉCHEC DE CES PRATIQUES DONNE ENCORE LIEU À DISCUSSION :

« Je pense que c’est la cause de bien des échecs ICI avec les poivres. Il s’agit d’une relation personnelle avec la problématique en question, comme on devrait avoir une relation personnelle avec la fumure. ON AGIT ALORS COMME UNE INDIVIDUALITÉ HUMAINE QUI RESSENT ET QUI PENSE EN S’ADRESSANT à L’AME GROUPE DES ANIMAUX OU DES PLANTES, cela vaut pour un contexte donné, donc pour une année et pour un lieu. À mon sens, il faudrait que les cendres soient refaites chaque année avec des graines issues de plantes ayant déjà subi une première information leur indiquant qu’elles doivent diminuer leurs capacités de reproduction dans le contexte donné. Chaque année, une nouvelle incinération devrait être réalisée par le paysan ou le jardinier dans son contexte de vie. »

« La méthode des cendres ou des « poivres » (appelés ainsi parce que les cendres ressemblent à du poivre moulu) a été initialement décrite par Rudolf Steiner dans son Cours aux Agriculteurs, mais d’une façon qui n’est pas évidente pour la compréhension et difficilement applicable. »

ALORS  voici la suite comique des réflexions …astrologiques ! ICI


III- PREUVES INUTILES ?

FAUT-IL « CROIRE » …OU VÉRIFIER ?

Selon Steiner « la science n’a pas besoin de preuves » ; elle ne contredit pas  ICI la science conventionnelle, mais celle-ci « peut-être gênante ». Les erreurs ? « Les erreurs c’était toujours les autres. Il préférait les nier, tout comme il niait effrontément ses multiples contradictions. » (JF. Theys)ICI

Pourtant des réflexions critiques se manifestent et s’interrogent sur la nécessité de nouvelles expériences : un chercheur anthroposophe slovène ICI a recensé ces questionnements :« Mais quelles sont les priorités pour aller de l’avant ? Est-ce qu’une compréhension plus approfondie du mode d’action précis des préparations BD constitue une de ces priorités ? Jusqu’à présent, aucune explication mécaniste satisfaisante n’a été proposée. Cependant, le modèle d’adaptation et de réponse des systèmes donne une explication partielle mais prometteuse. De plus, est-ce que ce manque de clarté rend la méthode BD non-scientifique ? Il n’y a également aucune explication satisfaisante sur les chemins et les mécanismes de l’établissement et de l’équilibre de la matière organique dans les sols, et le sujet est encore considéré avec grand intérêt par les scientifiques. (…) Est-ce que cela fait une différence si les préparations sont produites sur place ou bien acheminées de loin ? Est-ce que cela affecte l’efficacité des préparations ? Est-ce que la confection des préparations en utilisant les organes animaux doit rester telle que l’a préconisé Steiner ? Ou bien devons-nous aller de l’avant, en explorant de nouvelles possibilités et en développant une compréhension des mécanismes à l’arrière-plan des procédures ? Cela constitue un point important au regard de l’évolution des réglementations européennes sur l’hygiène, qui ont été mises en place suite aux épidémies des élevages industriels. Et qu’en est-il de la recherche sur les animaux d’élevage ? Y a-t-il une différence entre du compost BD d’origine animale ou végétale ? Comment cela affecte-t-il la fertilité du sol et la santé ? Et après tout, avons-nous besoin de réaliser davantage d’essais comparatifs sur les systèmes de production ? Si oui, est-ce que les systèmes comparés sont clairement définis ? Et quels sont les domaines qu’il est intéressant de comparer ?  »

Malheureusement ce chercheur conclut en conseillant de…se tourner vers les textes d’origine de Steiner, qui justement ont jusqu’ici orienté les biodynamistes dans une voie irrationnelle! :

« Il est important de rechercher de l’inspiration dans le « Cours aux Agriculteurs en avant et de développer de nouvelles idées, de relever les défis actuels et de construire de nouvelles perspectives, encore inconnues, pour l’agriculture BD, tout en prenant en compte les 80 années d’expérience avec la méthode BD ».

UNE RECHERCHE STÉRILISÉE PAR L’IDÉOLOGIE ANTHROPOSOPHIQUE

les pseudo-expérimentations globales  ou la mesure de la « vitalité » :

(Morpho-chromatographie et cristallisation sensible)

En témoigne un rapport ICI sur « les méthodes globales d’analyse de la qualité », rédigé en 2009 par Bruno Taupier-Létage, à la demande de l’ITAB (institut technique de l’agriculture biologique) et grâce au concours financier de Synabio. « Les promoteurs de l’agriculture biologique et biodynamique considèrent que dans un aliment, il y a bien sûr une composante ”biochimique”, indispensable à l’entretien du corps biologique de l’homme. Mais il y aurait aussi une autre composante aussi essentielle, en lien avec cette notion de vitalité, qui contribuerait à nourrir d’autres aspects plus subtils de l’être humain », peut-on lire dans le rapport. La cristallographie et la morpho-chromatographie doivent permettre de mettre en évidence cette mystérieuse vitalité, imperceptible par l’analyse scientifique. « Il semblerait que ces méthodes représentent un fort potentiel d’innovation pour la bio », conclut Bruno Taupier-Létage, persuadé qu’il existe « une demande forte chez le consommateur, sensible aux produits porteurs de vitalité ».

DETAILS SUR LES ASSOCIATIONS VITALISTES ICI

Mais les mêmes auteurs reconnaissent le peu de valeur de ce type de recherches ICI sur la vitalité des aliments :

« Des recherches approfondies ont alors montré que la problématique était beaucoup plus complexe. En effet, si on postule la notion de vitalité, les produits issus de culture biologique comme les produits issus de culture conventionnelle peuvent présenter une vitalité plus ou moins« forte ». Or actuellement, ces méthodes ne permettent pas une discrimination fiable à 100% des produits issus de ces deux modes de culture. »

La bioélectronique de Vincent  ICIse situe dans le même créneau de méthodes non reconnues, dans le sillage de la « mémoire de l’eau », jusqu’à la récupération de la physique quantique !

DETAILS SUR METHODES GLOBALES …non reconnues ICI

A ) La CRISTALLISATION SENSIBLE

(tout ça pour ça !)

Développée par Ehrenfried Pfeiffer,ICI

la cristallisation sensible est censée permettre la visualisation des forces que Steiner qualifie de « formatrices ». Ces forces proviendraient de la modification du rayonnement des planètes (Saturne, Jupiter, Mars), due à leur passage devant les constellations d’étoiles fixes. Leur influence permettrait « aux plantes d’élaborer les substances qui constituent des aliments et [contribuerait] à structurer la matière vivante »

Comme exemple d’aveuglement entraîné par le refus d’admettre l’échec de cette méthode , VOICI COMMENT un chercheur respectable a préféré incriminer…l’influence de son état psychologique sur l’expérience , qualifiée alors de « phénomène de nature chaotique » ICI

En fait, mais peu le savent, la technique des cristallisations sensibles est abandonnée par la plus haute autorité de labellisation commerciale, DEMETER au motif de son manque de…reproductibilité !

(Comme je l’ai dit plus haut, il faudrait « avoir l’œil ouvert » pour discerner le sens de l’image produite.)

Peut-on légitimement s’appuyer sur les images de cristallisations sensibles pour évaluer un dynamiseur et une « qualité de préparations biodynamiques » ?

C’est la question que se pose Pierre Masson, un animateur des plus connus en biodynamie, quand il refuse l’agrément d’un appareil à dynamiser (le cosmophore), dont le fabricant mettait en avant les tests par cristallisation sensible, méthode non reconnue internationalement par le label biodynamiste DEMETER  :

« Il faut rappeler, dit-il, que Demeter, ni en France ni au niveau international, n’a reconnu officiellement la méthode des cristallisations sensibles comme moyen de preuve. Un des problèmes majeurs est la faible reproductibilité des images de cristallisation réalisées par la plupart des laboratoires de cristallisations. Ceci jette un doute sérieux sur la capacité discriminante des méthodes employées pour certains échantillons et certaines substances »

AUTRES JUGEMENTS SÉRIEUX RÉCUSANT LES cristallisations ICI

Cependant ça continue …comme une affaire commerciale !

« Le coût de cette méthode « bidon », par DYNAMIS ICI est de 40€ par cristallisation sensible.
« Ce prix permet de réaliser un travail primordial sans pénaliser les finances de l’entreprise. « 

« L’agriculteur s’engage à fournir auprès du client (s’il le lui demande) les 4 analyses par cristallisation sensible, de l’année. De ce fait, même la clientèle pourra constater le sérieux du vigneron et se fier au Logo DYNAMIS. »

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B ) LA MORPHO-CHROMATOGRAPHIE

Les biodynamistes se sont acharnés à multiplier les recherches sur la seule méthode indiquée par Steiner et Pfeiffer et qui implique l’appréciation de formes obtenues par ces techniques d’analyse, qui font migrer, dans les conditions définies, le produit étudié sur un support poreux, suivi par une solution chimique servant de révélateur.

En fin de migration, le passage sous un rayonnement ultraviolet du papier révèle et stabilise le résultat qui est une image colorée et structurée. Celle-ci serait spécifique du produit étudié.

morphochromato

L’interprétation (purement subjective) est basée sur l’évolution des formes observées et de la couleur des différentes zones.

« Les résultats qu’elle fournit sont des formes et des couleurs ICI qui sont spécifiques aux substances testées et éventuellement discriminantes. Elles mettent en évidence des propriétés résultant non pas uniquement des composants, mais aussi de l’association des composants du produit pris dans son intégrité. Dans ce sens, les résultats sont d’ordre qualitatif « On obtient une série de plusieurs images montrant une évolution des formes (images 3). L’image présentant les formes et les couleurs les plus complexes dans la série, son rang d’apparition et la métamorphose de toute la série contribuent au diagnostic.  »

TOUJOURS L ‘OBSESSION DE LA FORME !

En fait, et depuis longtemps, la chromatographie scientifique opère différemment, par voie ascendante en général, qui permet la comparaison à un témoin. Obsédés par leur fidélité quasi-religieuse à des prescriptions presque séculaires, les biodynamistes sont passés à côté de la richesse de possibilités de la technique chromatographique, aujourd’hui universellement pratiquée. Elle autorise la caractérisation et parfois le dosage quantitatif des produits complexes d’un milieu. On reconnaît ici dans l’idéologie steinerienne l’influence gœthéenne affirmant la primauté de la forme sur la quantité.

UN JUGEMENT AUTORISÉ …mais DÉFINITIF

JEAN-PAUL GELIN,ICIde l’institut Kepler, visiblement marqué par l’anthroposophie, rejoint les « Elementals ICI» de Steiner en prétendantICI que « la vitalité de la nature peut être saisie en tant qu’énergies subtiles, elles-mêmes étant la face première d’entités ou de consciences qui organiseraient la matière pour lui donner les formes et les structures propres que nous observons. »

Mais il dénonce cependant le caractère subjectif de la technique de morpho-chromatographie dans son étude « Subjectivité/Objectivité , Réflexions et mise au point dans le cadre de l’étude de la spécificité du vivant »

Selon lui, « La perception globale de l’image, réunissant à la fois l’ensemble des critères descriptifs évoqués plus haut et leur agencement synthétique, fait appel chez l’observateur à des sens plus subtils qu’il n’est plus très facile d’objectiver. Il en va par exemple de la structure générale d’une cristallisation.(…) Un travail important serait nécessaire pour caractériser ce que l’observateur perçoit en lui au contact visuel de l’image afin de le rendre objectif et donc communicable. (…) Pour conclure, depuis ce nous avions écrit en 1991, il semble qu’il n’y ait pas encore de travaux sérieux montrant la corrélation statistiquement documentée, entre caractères morphogénétiques d’une image sensible et qualité spécifique d’une substance ».

Ainsi les deux méthodes globales décrites par Pfeiffer sur les conseils de Steiner ne paraissent plus guère crédibles aujourd’hui même par ses propres disciples.

Une situation semblable s’est produite lorsqu’un physicien maître de conférences à l’Université catholique de Lyon, André Faussurier, chercha, avec le plus grand mal, à répéter les expériences devant manifester l’influence planétaires sur des réactions « sensibles », décrites par Mme Lily Kolisko, :  « Impressionnantes expériences avec la morpho-chromatographie minérale qui mettaient en évidence un lien entre des substances terrestres (sels métalliques en particulier) et l’environnement planétaire. »

Ce capteur chimique ne fonctionnait, semble-t-il, pas de façon satisfaisante, puisque Faussurier en a conçu un autre type, de nature électrique :  « Avec des précautions méthodiques et répétées, une fois écartés les facteurs classiques susceptibles d’intervenir sur le fonctionnement de son capteur — sensible à ces propriétés méconnues —, il observe des variations inexpliquées, comme si les lois connues de l’électricité subissaient des perturbations dont l’origine ne se laisse pas définir par les paramètres physiques habituels. C’est à l’identification du déterminisme de ces perturbations qu’il oeuvre, avec cette légitime et sereine obstination que lui reconnaissent tout ceux qui l’ont approché.

Il a formulé de nombreuses hypothèses et constaté de diverses corrélations qui semblent affirmer que l’agent responsable des perturbations observées n‘est pas un facteur physique qui s’ajouterait aux autres, mais qu’il est d’une autre nature, d’une nature probablement caractéristique du « vivant » ».

Toujours est-il que ce genre de recherches fondamentales fait encore l’objet d’un appel au financement de la part des nouveaux chercheurs de l’association « scIence » (sic), pour étudier ce qu’ils nomment « les particularités du Réel ». Objectifs bien ambitieux : « Ce champ de recherche est prometteur. En effet, outre des retombées directes envisageables sur le mode de vie des générations futures, il en va du regard que l’homme saura porter demain sur le vivant, sur le monde et sur lui-même, donner du sens à sa destinée ».

MAIS CES DIFFICULTÉS N’ENTRAINENT AUCUNE REMISE EN CAUSE…

Comment les anthroposophes pourraient-ils, en effet, oser soumettre à la critique rationnelle une méthode agricole « de trans-substanciation » qui, jusqu’à présent, était réservée au monde des dieux ?  ICI Les anthroposophes reconnaissent « Nous sommes dans quelque chose de totalement nouveau et d’inexploré ».  Ils tentent toujours de comprendre ce que leur maître a déclaré au cours de ses conférences..

Et s’ils n’ont guère étudié la validité de ces révélations, c’est au nom de leur certitude religieuse ….Selon John SoperICI (auteur de Pour comprendre le cours aux agriculteurs de Rudolf Steiner) c’est « la Force du Christ » qu’exerce l’agriculteur qui devient « membre des hiérarchies spirituelles »  « Sous cet éclairage, la pulvérisation de la 500 devient plus qu’une pratique agricole bienfaisante ; il s’agit d’une sorte d’acte sacramental, et l’agriculteur devient un prêtre ».

« En passant en revue les documents trouvés sur la biodynamie,ICI on n’est pas particulièrement rassuré.(…) Le seul moyen d’en être sûr est de faire des recherches.Malheureusement, la plupart d’entre elles sont faites négligemment, et sont publiées dans des journaux obscurs sans comité de lecture scientifique.  Ce dont nous avons besoin, c’est d’une franche comparaison entre l’agriculture biodynamique et l’agriculture biologique. »


IV-Les règles scientifiques d’une analyse comparée ne sont pas respectées

Les voici, telles qu’imposées, par exemple, aux essais cliniques « contrôlés » de l’industrie pharmaceutique :

-prélèvements multiples pour être représentatifs des lots à tester

-non implication de l’observateur, d’où méthodes à l’aveugle

-reproductibilité des techniques indispensable,

-multiplication des expériences, pour étudier statistiquement leurs écarts et atténuer l’effet du hasard

publication des résultats négatifs (essentiel !)

-contrôle de la méthodologie par un organisme indépendant avant publication

Deux exemples de recherches discutables en BD

Le fameux essai DOC -FIBL portant sur 21 ans, relaterait des effets étonnants sur les rendements.

Mais il reçoit de nombreuses critiques, y compris de la Revue VITICULTURE, et même de l’Australien Alex Podolinsky, un des maîtres à penser de la BD, qui affirme ICI« les résultats au champ n’étaient absolument pas discernables », en incriminant le mauvais état des préparats utilisés !

« Étude sur 21 ans dans laquelle ICI l‘agriculture biodynamique semble battre de peu l’agriculture biologique sur un petit nombre de mesures de fertilité du sol et de biodiversité. Cependant, l’étude n’était pas sans poser de problèmes : du matériel supplémentaire a été enterré qui n’était pas disponible sur le papier mais l’était en ligne. Certains traitements chimiques étaient ajoutés aux fermes biologiques, qui n’avaient pas été ajoutés aux biodynamiques. Et il ne s’agit que des « principales différences ». On ne nous a pas dit quelles avaient été les autres. Ainsi, la méthodologie du test semble avoir été assez pauvre. Il ne nous apporte pas les principales réponses, à savoir si les traitements biodynamiques sont vraiment efficaces, ou, plutôt, si les additifs chimiques (ou quelque chose d’autre qui n’était pas considéré comme une « principale différence ») ont été la cause d’une sous-performance des parcelles biologiques. L’article a aussi été critiqué par le microbiologiste Davis de l’Université de Californie, parce qu’il « ressemble à un incroyable échantillon étroit de niches écologistes », soulevant la question de savoir s’ils étaient sélectionnés pour obtenir les résultats désirés (Stokstad 2002) ».

En fait, les derniers tests ICI(par la fédération FIBL elle-même) reconnaissent que, malgré les préparats « steinériens » qui augmentent « la vitalité de la vigne » (?), les traitements fongicides traditionnels restent nécessaires !

-Uu mémoire d’IUT bordelaise ICI étudie diverses modalités de « dynamisation » mais utilisant une technique très subjective (profils de bêche), et un appareillage non reconnu (Bioélectronimètre Vincent).

Sans soupçonner la bonne foi de l’auteure de cette étude volumineuse, comment ne pas douter de son objectivité et de son indépendance lorsque l’on constate que l’étude est faite sous le contrôle d’un maître de stage anthroposophe, P.Masson, animateur des associations pilotant la biodynamie, et que son préambule affirme: « La dynamisation respecte une alternance vortex/chaos, que l’on peut assimiler à densification /dissolution, structuration/désorganisation. Les alchimistes dénommait (sic) ce processus coagula/solve. La préparation dynamisée alterne donc entre deux états d’assemblage de la matière, opposés l’un a l’autre. D’un point de vue anthroposophique, on considère donc qu’elle est capable de démultiplier et de transmettre ses propriétés. L’observation a permis de constater qu’une substance dynamisée gagnait en efficacité ».

Cependant, dans l’étude des effets de la prêle sur le mildiou, si l’on peut déplorer l’absence d’analyses statistiquesICI des résultats, il est rassurant -et rare- de voir prendre en compte, de façon critique, les conditions d’homogénéité du sol observé (nous y reviendrons) !

Cependant BIODYNAMIE-SERVICE présente des résultats parfois troublants…

… seulement à première vue

Les conditions de prélèvement de sol ne sont jamais précisées ; or c’est la première cause d’erreur de l’avis même des labo spécialisés,ICI qui exigent  une quinzaine de prélèvements, repérés au GPS, pour assurer leur reproductibilité !

Beaucoup d’examens sont purement subjectifs (aspects des vignes ou des « profils de bêche »). Mais l’augmentation de 50%, en 8 mois,ICI du taux de matières organiques, par traitement à la « 500P », à la dose de 100g. par hectare  (10 milligrammes par m2 !) aurait dû interroger l’expérimentateur, sur les conditions de prélèvement.

Un autre essai est encore plus incroyable : les constituants chimiques auraient augmenté en un an dans des proportions miraculeuses :oxyde K +25%, oxyde de Mg +28%, matière organique +10%, biomasse microbienne +31% !!

sol viticole Bdu Rhone

Ici encore, ne fallait-il pas au moins s’interroger sur ce résultat, par exemple sur les conditions des prélèvements de sol ?

Devant de tels résultats, n’importe quel expérimentateur eût recommencé ses analyses et ses prélèvements : on ne nous dit rien à ce sujet…

ALORS, UN MIRACLE ?… SOIT !
MAIS UN MIRACLE ça SE CONTRÔLE
ET RATIONNELLEMENT !
MÊME à LOURDES…(du coup, il n’y en a presque plus)

Un chercheur, issu de l’INRA,ICI et qui semble indépendant ICI des anthroposophes, Bourguignon, se déclare « époustouflé » par la biodynamie, et trouve ses résultats hallucinants, même si « les préparations biodynamiques font plus penser à des grimoires médiévaux de recettes de sorcellerie qu’à de la science propre. (…) C’est carrément de la sorcellerie du Moyen-Age ».

Mais cela ne l’incite nullement à « voir ce qu’il y a derrière cela », alors qu’il a fondé lui-même un laboratoire de contrôle des terres  :

« Mais je ne peux pas mesurer les activités de la biodynamie. Si j’étais à la tête d’un Institut, je ferais faire des expériences pour voir ce qu’il y a derrière cela. Avec une vision scientifique. Telles la naissance ces dix dernières années de plusieurs chaires de biodynamie dans un certain nombre d’universités américaines, et également allemandes. Le dossier de l’agriculture biologique débouche sur la vision de la naissance de véritables universités écologiques rurales et urbaines ».

Pourtant les conclusions négatives de plusieurs universitaires ICI américains semblent sans appel :

Lynne Carpenter-Boggs et son directeur de thèse, John Reganold, tous deux au Washington State University, ont fait ce qui est peut-être le travail scientifique le plus regardé sur la biodynamie. Reganold est de temps en temps consultant en biodynamie dans une industrie vinicole de Californie et chercheur sur le sujet. Cependant, même lui et ses anciens étudiants ont été incapables de dénicher de réelles différences entre les pratiques biodynamiques et biologiques. En effet, Carpenter-Boggs a précisément fait des recherches sur la question de savoir si les composts avec les préparations biodynamiques amélioraient le sol dans lequel elles étaient ajoutées. Les résultats ? « Aucune différence n’a été trouvée entre les sols fertilisés avec la biodynamie et les composts non biodynamiques. » (Carpenter-Boggs 2000)8. Reganold a dit, lors d’une interview de 2003, que la recherche « ne distinguait pas le biodynamique du biologique » (Darlington 2003). On peut difficilement être plus clair.

Une étude, qui a duré 6 ans, du Washington State lab en 2005, a été la première publiée dans un journal à comité de lecture, elle comparait l’agriculture biodynamique et biologique dans le respect du raisin en particulier. Ils ne trouvèrent rien. « Pas de différences significatives n’ont été trouvées entre les parcelles traitées de façon biodynamique et les autres, en ce qui concerne les paramètres physiques, chimiques ou biologiques testés » (Reeve et al. 2005, p. 371). En outre, lorsqu’ils regardèrent de près les vignes, « l’analyse des feuilles ne montre pas de différences entre les deux traitements. Il n’y a pas de différence pour ce qui est du rendement, du nombre de grappes, du poids des grappes et du poids du fruit » (p. 373). Ainsi, des recherches appliquées ont démontré que les « préparations » biodynamiques sont tout simplement inefficaces. Pourtant, selon le corps de certification biodynamique lui-même, elles sont au cœur de la pratique.

Par contre, l’attitude des bio-dynamistes devant les échecs est symptomatique des garanties qu’ils s’accordent en cas d’échec :

Leurs explications justifiant les échecsICI sont multiformes, comme l’écrit P. Masson au nom des associations qu’il anime (« Bodynamie-Service » et « Soin de la Terre »)

à la question posée par Monsieur Pascal Boivin, Chercheur dans le domaine du sol à l’hepia, la Haute école du paysage,d’ingénierie et d’architecture de Genève : « Y a -t-il des échecs ou des difficultés pour obtenir de tels résultats ? », sont alors mis en cause :

-la qualité des préparats, trop secs ou humides (moisis),ICI
-les méthodes de dynamisation (appareil non conforme, alors que le cuivre est recommandé parce qu’en relation…avec Vénus ICI)
-ou de travail des sols (trop ou pas assez profond !),
-les problèmes d’horaires (trop tôt ou trop tard en saison),
-ou encore de positions planétaires, (capables de « faciliter ou au contraire diminuer l’effet des préparations »),
-sans parler de terres « au passé difficile »).

Pire encore : comme l’a dit Steiner évoquant la physique quantique (!) « A quel point l’état vital, psychique et les intentions de ceux qui élaborent, dynamisent, ou pulvérisent les préparations sont-ils capable d’influencer les résultats obtenus ? La main verte est-elle une réalité avec laquelle il faut compter ? »

A ce sujet on lira aussi l’étude anthroposophiqueICIaméricaine tentant de déterminer les conditions astrologiques réellement nécessaires à l’efficacité des incinérations (poivres), en faisant l’éxégèse des rares indications du Maître : un vrai casse-tête, pratiquement irréalisable !

EN UN MOT, tout est bon pour justifier les échecs alors que le succès ne souffre d’aucune interrogation, puisqu’il est conforme aux révélations du Maître.

Car l’attitude recommandée aux anthroposophesICI est la vénération d’un maître, qui doit éliminer « toute critique, tout jugement rendu, (qui) dissipe les facultés de l’âme lui permettant de conquérir la connaissance supérieure, tout autant que la vénération respectueuse développe, au contraire, ces facultés« .

« le praticien de la science anthroposophique doit comparer ses visions à celles indiquées par son maître et par d’autres « prédécesseurs inspirés ». Ses propres visions ne sont vraies que si elles peuvent correspondre avec ces précédentes. De telles comparaisons sont, en effet, une partie nécessaire du cheminement anthroposophique pour accéder à la connaissance. Steiner a déclaré que « le guide sûr que représente un maître occulte expérimenté [Geheimlehrer] ne peut pas être complètement remplacé ».

LA VÉNÉRATION DU MAÎTRE….ou les obligations européennes ?

Les préparations étaient autorisées dans le règlement (CE) n° 834/2007 du Conseil de l’Union européenne N 2 qui définit les objectifs, principes et règles applicables à la production biologique, puisque, avec de telles dilutions, l’effet sur la récolte est parfaitement nul et ne saurait donc présenter de danger, mais certains éléments utilisés pour leur maturation rentrent maintenant dans la catégories des matériaux à risques : Les anthroposophes s’inquiètent :

«  pour les matières fertilisantes et les supports de cultures (dont dépendent les biostimulants), un nouveau règlement européenICI devrait voir le jour d’ici 2018 en remplacement de la EN 44051. Nous ne voulons surtout pas rentrer dans des catégories qui nous imposeraient un passage par une AMM (Autorisation deMise sur le Marché) ou un classement en PNPP : procédures lourdes et coûteuses ».

Les organes qui devaient être utilisés pour la « maturation » de la bouse et des diverses plantes vont être classés « MRS » (Matériaux à Risques Spécifiés de catégorie 1). Du coup les anthroposophes oublient les prescriptions séculaires, ils décident sans vergogne de remplacer le mésentère de vache par son péritoine, le crâne d’un animal domestique par celui d’un …cheval ou d’un porc (domestiqué peut-être?). Quel est le clairvoyant inspiré qui a autorisé ces modifications ? voir mon article <___ICI « La biodynamie au risque de l’Europe ».

(Par chance, l’Europe n’ a rien -pour l’instant-contre la vessie de cerf, indispensable à la maturation de l’achilée millefeuille pour la préparation ICI« 502 » :« La vessie du cerf est connectée aux forces du cosmos. Mieux, c’est presque l’image du cosmos. Ainsi, nous donnons au mille-feuille le pouvoir presque essentiel d’augmenter les forces qu’il possède déjà, pour combiner le soufre avec les autres substance »).


V- DES VIGNERONS BIODYNAMISTES EN VOIE D ÉMANCIPATION ?

En 2012, la marque Demeter certifiait 400 producteurs et 65 transformateurs et grossistes, ce qui représente une surface de 10 000 ha soit 0,03 % de la SAU française. Au vu des quantités de préparations élaborées en France, on peut estimer a plus de 50 000 ha les surfaces agricoles recevant des préparations biodynamiques.

Mais ils ont une grande diversité de motivations pour leur « conversion », même si « en contrepoint de cette diversité de motivations,ICI on trouve aussi ceux qui refusent absolument cette démarche en stigmatisant les comportements mystiques ou ésotériques ICIde certains biodynamistes ou encore qui décrient la qualité des vins obtenus (il en existe effectivement de bien médiocres…), ou enfin ceux qui jugent la démarche impossible car trop contraignante et trop gourmande en temps ». 

En fait, l’implication anthroposophique des vignerons utilisant les produits biodynamiques est bien en retrait, « Sans en faire un dogme et dans la mesureICI où leur prise en compte est compatible avec le temps, l’organisation du travail et le respect de bonnes pratiques agricoles, (leur) biodynamie cherche à mettre à profit certaines des influences cosmiques ».

Le respect des prescriptions de Steiner est donc tout relatif, à la carte en quelque sorte:  « de plus en plus d’agriculteurs et notamment de viticulteursICI , y compris de nombreux sceptiques, se dirigent vers la biodynamie de manière pragmatique en choisissant souvent une biodynamie « simplifiée » limitée à l’emploi des préparations de base — 500, 500P et 501 — associées éventuellement à la prise en compte de quelques indications du calendrier biodynamique et à la pulvérisation de tisanes, décoctions et macérations.»

Certains gros viticulteursICI se contentent de trouver leurs produit « plus vivants », avec « du sens derrière », ce qui reste bien subjectif, et ne dit rien concernant l’efficacité sur les sols.

pour d’autres : « Non, notre biodynamie n’est pas spécialement « exécutive », nous ne sommes pas dans le rite frénétique des préparâts, des adorateurs de Marie Thun et des spécialistes de la posture de la Lune sur nos humbles vies. Bien sûr, ces plans existent et nous ne les contestons pas du tout, « 500 » et « 501 » sont bien au cœur de notre démarche vigneronne, il y a bien des jours « sans », mais plus profondément encore, parce que nous ne désirons pas remplacer les certitudes algébriques d’une science devenue folle par les théorèmes religieux d’une biodynamie rendue sectaire, nous avons placé le doute et la question au cœur de notre travail. »

En fait, les derniers tests ICI(par la fédération FIBL elle-même) reconnaissent que, malgré les préparats « steinériens » qui augmentent « la vitalité de la vigne », les traitements fongicides traditionnels restent nécessaires !

Cet éloignement des prescriptions originaires s’accompagne du non-respect de la notion d’  « organisme agricole », exigé pourtant par le label Demeter, conformément aux indications des « Conférences aux agriculteurs ».

Selon Pierre Masson,« Les efforts doivent porter sur la réalisationICI« d’organismes agricoles” individualisés insérés dans leur environnement terrestre (terroir) et cosmique, garants de santé, d’équilibre et de pérennité pour la terre, l’agriculture et l’homme ». Dans ce but, les pratiques suivantes sont à respecter au mieux : Création ou maintien d’un circuit le plus autonome possible de substances et de forces entre le sol, la végétation et les animaux. Élevages dans lesquels les animaux peuvent vivre et évoluer conformément à leur propre nature ». (…) Cela entraîne la quasi-nécessité d’avoir du bétail. On peut constater que cet idéal est rarement réalisé en viticulture bio-dynamique. Le travail avec les chevaux et l’introduction de volailles dans les vignes que réalisent certains vignerons sont un pas dans le sens de la diversité mais c’est encore loin de créer l’autonomie souhaitée. De nombreuses questions se posent à ce sujet : comment évoluer vers l’autonomie pour la fumure, les plants et les préparations ? Comment régler à l’avenir, dans la perspective du développement de la viticulture biologique et biodynamique,le problème de l’éloignement des sources de matière organique ? Comment aborder la médiocre qualité des matières premières (pailles, fumiers destinés au compost) issus de certaines formes d’agriculture conventionnelle et éligibles en AB ? Certains domaines viticoles bourguignons et alsaciens réfléchissent à la possibilité de créer des fermes bio-dynamiques de polyculture-élevage situées à proximité des vignobles et qui leur seraient associées ».

VI-La biodynamie devrait continuer à se libérer de l’anthroposophie

Comment ne pas reconnaître la sincérité de ces vigneronsICI, dont la bonne volonté se contente des produits proposés, sans adhérer vraiment à l’idéologie ésotérique des anthroposophes, alors même qu’ils reconnaissent ne pas comprendre « comment ça marche » ?

C’est d’abord à eux que la réflexion de ce petit mémoire s’adresse : n’est-il pas urgent d’étudier objectivement ces produits agissant à doses insignifiantes ?

Après tout, on ne peut ignorer que Steiner a été l’initiateur de la découverte de l’importance de la vie des sols, comme de l’abandon des pratiques bouleversant cette vie, bref de la culture biologique.

N’est-il pas possible, qu’au milieu des obscurités mystiques de sa prétendue « science spirituelle », Steiner ait découvert le mode d’action d’une préparation microbienne dont les infimes doses employéesICI seraient compensées par la pullulation des micro-organismes ?

Idée cependant qui n’a rien de farfelue : des chercheurs « traditionnels » étudient actuellement les effets d’injections de micro-organismes au niveau des racines

(cf.« les Phytotechnologies, par Valérie Bert (Ademe, INeris)

phytotechnologie

Et il se fabrique déjà des engrais calciquesICI additionnés de certaines bactéries

« Quatre sociétés se partagent le marché des activateurs de flore microbienne : Tmce avec son produit « Tms’, Bio3G avec « Calci Tonic’, Sobac avec « Bactériosol’ et Prp avec « PrpSol’. D’après elles, l’objectif de ces complexes minéraux est de faire évoluer le profil bactérien du sol de façon à ce qu’il devienne un milieu aérobie et un écosystème vivant ».

On peut se demander d’ailleurs si l’emballement récent des fabricants qui multiplient les « biostimulants » de toutes sortes, ne viendrait pas de leur fascination devant les « succès » revendiqués par la biodynamie, notamment en viticulture… Ce que l’Europe a bien du mal à cataloguer dans ces réglementations !

Est-il admissible que la mise en œuvre, à doses infimes, de ce produit « bouse de corne » soit entre les seules mains d’associations vouées à faire la « formation » et la promotion d’un ésotérisme <–ICI d’un autre âge, à en vendre les produits et les matériels ? Associations qui recommandent sans vergogne aux praticiens des exigences multiples, tout en reconnaissant ignorer s’il en faut plus ou moins, au motif que le Maître n’a guère été précis !

Sous leur conduite sinon partiale, du moins non-objective, des contrôles « d’efficacité » irrecevables scientifiquement se multiplient, et se répandent sur l’Internet en un « enfumage » généralisé. Alors qu’il suffirait de quelques expériences indépendantes et conformes aux impératifs d’objectivité et de validité, pour entraîner l’accord général.

Faut-il risquer de priver l’agriculture d’une méthode possiblement révolutionnaire, faute d’employer des méthodes de vérification officiellement admises ?

Si les anthroposophes biodynamistes se refusaient à de tels contrôles scientifiques ils encoureraient à juste titre le reproche de fonctionnement sectaire, puisqu’ils se sont réservés et la formation, et la pratique, et la publication des expérimentations réussies selon leurs méthodes, comme la vente des produits et matériels nécessaires. Les agriculteurs aux productions titularisées par leur label se trouvent dès lors dans bien des difficultés -psychologiques et financières– pour échapper au cercle où ils se sont introduits. Comment ne pas voir ici encore, comme cela a été dit pour les écoles Steiner-Waldorf, toute une stratégie de diffusion de la pensée anthroposophique ?

QUE FAIRE ?

Les anthroposophes eux mêmes admettent ICI que Steiner ait pu être impressionné par la découverte de la radioactivité, et que son langage s’était adapté à un auditoire adepte de la Théosophie.

Mais ils n’en tirent aucune conséquence et persévèrent dans le respect religieux de prescriptions d’un passé quasi séculaire.

Dès lors il faudrait sans doute commencer par se débarrasser de l’ésotérique aspect « rayonnant » en vérifiant, sous contrôle indépendant, l’effet des préparations enfermées dans un flacon scellé, sur un tas de compost végétal frais et homogène, : ce milieu de travail peut être bien homogénéisé, de façon à travailler sur trois lots semblables : témoin sans préparats, lot avec préparats nus et lot avec préparats en flacon . On mesurerait par exemple l’évolution dans le temps de l’élévation de température, et du taux de matière « vivante » par dosage ADN de la biomasse microbienneICI(réalisée sur l’extrait d’ADN génomique total obtenu par extraction d’ADN de sol).

Ne peut-on également vérifier facilement (par comparaison avec un lot témoin non traité) l’affirmation de P.Masson sur la détoxication des lisiersICI par addition de préparats biodynamiques (les lisiers sont une source polluante par leur excès d’Azote, et les gaz émis peuvent être mortels)

« Pour les purins et les lisiers on réalise de petits nouets dans des morceaux de tissu contenant les préparations solides et on les attache sur un croisillon en bois pour que les préparations puissent être immergées dans le liquide. La valériane quand à elle est versée dans la fosse après brassage. On obtient en un mois et demi à deux mois une évolution remarquable. Le liquide de départs s’homogénéise et prend une consistance huileuse et colloïdale. Il perd son odeur agressive et devient facile à épandre. Il cesse d’être un poison pour la végétation. »

IL FAUDRAIT AUSSI VÉRIFIER CES AFFIRMATIONSICI: (les préparations) « forment un tout cohérent et agissent en s’épaulant les unes les autres, ce qui est confirmé par la pratique : l’emploi de la bouse de corne sans silice amène à des comportement végétatifs trop luxuriants avec l’arrivée de maladies typiques , l’emploi de la silice sans avoir suffisamment éveillé le sol et la plante avec la bouse de corne peut amener des blocages végétatifs et à des pertes de rendement conséquentes ».

Ceci constitue seulement quelques suggestions d’un béotien : il conviendrait surtout qu’un organisme indépendant établisse des protocoles conformes aux exigences reconnues pour toute expérimentation scientifique, afin d’étudier (entre autres), les effets de pulvérisations sur le sol (à raison de 10 milligrammes au M2 !), d’une bouse de vache de composition microbienne connue, et compostée plusieurs mois en milieu clos, comparativement aux effets de la préparation anthroposophique 500 originale.

A noter que les chercheurs du « réseau mixte technologique ELICITRA » ICI ont édité un « Guide méthodologique d’évaluation de l’efficacité des stimulateurs de défenses des plantes », qui devrait être connu de tous ceux qui prétendent à un minimum de crédibilité : on est ici bien loin des méthodes globales d’appréciation de vitalité telles que cristallisations sensibles ou morpho-chromatographies !


VII- ET JUSTEMENT UN CENTRE DE RECHERCHES S’EST OUVERT

à la ferme du Domaine des Possibles, La Volpelière, ICI en lien avec l’école privée de ce nom, ouverte par Mme Nyssen, l’éditrice bien connue d’Actes-Sud, devenue Ministre de la Culture du gouvernement Macron.

« L’université Domaine du Possible se trouvera sur un site comprenant 120 hectares de terres cultivables et des locaux récents dont certains accueillent déjà une école (106 élèves de la maternelle au lycée). Ce site au sud-est d’Arles se destine à :

accueillir des formations afin de favoriser une diffusion plus large de l’agroécologie (permaculture, agroforesterie, etc.).

accueillir des programmes de recherches portant sur la généralisation des méthodes de l’agroécologie. La surface importante permettra aux gérants de “grands” domaines de trouver ici des solutions pour adopter de nouvelles pratiques à leur échelle.

« La taille importante de Volpelière est une opportunité pour aider l’agroécologie à changer d’échelle : aujourd’hui elle est essentiellement pratiquée sur de petites surfaces et les propriétaires de grandes cultures conventionnelles qui souhaitent se convertir et pratiquer la polyculture élevage, ont peu ou pas de source d’inspiration correspondant à leur taille. Nous accueillerons donc “en résidence” les expériences de laboratoires et les chercheurs qui ont besoin d’une telle surface. L’université deviendra également un lieu d’échanges (colloques, rencontres etc…), un forum pour les chercheurs, les étudiants.
Le site accueillera également des organismes de formation pour adultes (grand public ou professionnels) pour tenir leurs sessions. Les locaux déjà disponibles sont adaptés à l’accueil de tels groupes.

École et université : un ensemble »

Chaque formation/recherche/événement sera une opportunité de découverte pour les élèves de l’école. Cette dernière sera également approvisionnée par les terres de Volpelière, dans une démarche d’autosuffisance alimentaire du site (université et école) et de vente en circuits courts. Nous souhaitons aussi que d’autres écoles, d’autres collectivités, d’autres visiteurs puissent à terme profiter du site et découvrir l’agroécologie. »

Mais la biodynamie est-elle concernée ?

Il semble bien qu’initialementICI le texte d’explicitation du terme « d’agro-écologie » ait ajouté le mot de biodynamie à la suite de « permaculture, agroforesterie » . Il figure d’ailleurs dans la plaquette de présentation<—ICI  : il s’agit bien de favoriser une diffusion plus large, entre autres, de la biodynamie.

Ce qui ne serait pas surprenant puisque Actes-Sud vient de ré-éditerICI l’ouvrage de Pfeiffer, texte fondateur de la biodynamie après R.Steiner, et père des méthodes globales vitalistes citées plus haut. D’autant plus que le directeur de l’école, Henri Dahan étant un anthroposophe, ne pouvait ignorer la biodynamie.

Peut-être s’agissait-il d’une certaine prudence à l’égard des critiques malveillantes de certains ICI

Quoi qu’il en soit, l’entreprise s’est entouréeICI de « personnes sources », parmi lesquelles figurent les plus importants défenseurs de la bio-dynamie, en particulier :

Jean-Michel FLORIN, qui depuis 1988, est coordinateur du Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique ; il est formateur, conférencier et écrivain et également co-rédacteur de la revue Biodynamis.

Depuis 2010, il est codirecteur de la Section d’Agriculture de l’Université libre de science spirituelle du Gœtheanum (Dornach- Suisse), qui est le centre même de la sphère anthroposophique.

C’est lui qui a répondu à Michel Onfray, dont le livre « Cosmos » avait moqué la viticulture biodynamique et ridiculisé le « fumier spirituel » des anthroposophes. Il a préfacé la ré-édition de Pfeiffer.

RENÉ BECKER, qui est formateur en biodynamie et intervient auprès des paysans pour partager ses connaissances pratiques en biodynamie.

JACQUES CAPLAT, qui est agronome et ethnologue, et a publié chez Actes-Sud « L’agriculture biologique pour nourrir l’humanité, Démonstration », ouvrage dans lequel il se montre très favorable à la biodynamie sans en souligner les aspects ésotériques, tout au plus constate-t-il que ces pratiques « ont pu être taxées de mysticisme ». Ce dont il les en défend, au motif qu’elles s’appuient sur des des repères et sur une schématisation du monde » (comme les rites républicains du mariage, ajoute-t-il !). Selon lui, « évacuer cette dimension n’est pas faire preuve d’objectivité mais simplement se placer dans le déni de nos propres rituels ».

Claude et Lydia BOURGUIGNON ICI enfin. Selon une interview de M. Bourguignon, celui-ci se déclare « époustouflé » par la biodynamie, et trouve ses résultats « hallucinants », même si « les préparations biodynamiques font plus penser à des grimoires médiévaux de recettes de sorcellerie qu’à de la science propre. »(…)« C’est carrément de la sorcellerie du Moyen-Age. Ou d’antiques connaissances, d’anciennes sciences de la nature. Et ensuite ce qui est hallucinant, c’est le résultat.  La bouse de cornes au microscope c’est hallucinant ce que cela peut entretenir comme vie microbienne ! Or, normalement, dans la bouse de vache il n’y a pas grand chose ».

La biodynamie ne lui paraît pas adaptée à nos mentalités rationnelles, à la différence du Tiers-Monde, « Elle est d’une simplicité extraordinaire. L’agriculture biodynamique correspond de plus parfaitement à la mentalité des pays du Tiers-Monde qui ne sont pas choqués de travailler avec des notions de forces cosmiques.

VOILA POUR M. Bourguignon l’occasion de réaliser le rêve, qu’il avait renoncé à réaliser : « je ne peux pas mesurer les activités de la biodynamie. Si j’étais à la tête d’un Institut, je ferais faire des expériences pour voir ce qu’il y a derrière cela. Avec une vision scientifique ».

L’OCCASION AUSSI pour les ambitions des anthroposophesICIde se trouver  « au pied du mur » !

Une remarque s’impose pourtant : pourquoi ce nouveau centre de recherches alors que fonctionnent déjà certains organismes officiels, et très compétents, tels que RITTMO ?ICI, spécialisée dans les domaines des matières fertilisantes et l’agro-environnement, la caractérisation de l’intérêt agronomique des Matières Fertilisantes et Supports de Culture (MFSC) et les outils d’évaluation de leurs impacts sur l’environnement.

Dans son centre de recherches, La Ministre de la Culture a toutes possibilités de faire sortir la biodynamie de son ésotérisme médiéval, en faisant « les expériences nécessaires pour voir ce qu’il y a derrière cela ».

D’autant plus qu’elle ne pourra laisser les anthroposophes développer leurs propres pratiques, devant les enfants qui lui sont confiés, pour les quels « Chaque formation/recherche/événement sera une opportunité de découverte…».

De même que » sans l’anthroposophie, il n’y aurait pas d’école Waldorf » (M. Dahan Directeur de l’école de Mme Nyssen), on ne doit pas oublier le fondement anthroposophique de la biodynamie. Et l’objectif ultime révélé par la science spirituelle est clair « La biodynamie ne peut pas se résumer à une accumulation de pratiques ou de mesures agronomiques.ICI Il s’agit également d’aiguiser son sens de l’observation selon la méthode gœthéenne et de créer une relation intime avec son jardin et tout son environnement. Cela exige un grand bouleversement, nécessite l’adhésion de tout l’individu et demande une transformation de la manière de voir les faits de la vie. Cela semble à priori une lourde tâche, mais commencer à agir avec l’utilisation des préparations biodynamiques représente un grand pas vers ce changement ».

Faut-il le rappeler ? : cette « pensée gœthéenne« ,ICI, dont Steiner dit s’inspirer pour son  ésotérique cosmique, est [manipulée à la sauce anthroposophique,] la négation de notre culture scientifique, par la primauté qu’elle accorde aux sens sur la pensée, et à la forme sur l’observation critique du réel ? : « Les sens ne trompent pas, c’est le jugement qui trompe. »  En effet, on parle souvent d’illusion des sens, mais en fait c’est la pensée, le jugement, qui se laissent tromper, pas les sens. Et il ajoute : «les faits seuls sont la doctrine (ou l’enseignement) ». Selon lui : « L’homme est suffisamment équipé pour tous les vrais besoins terrestres, s’il fait confiance à ses sens et les développent de manière telle qu’ils restent dignes de confiance ». Il va même plus loin, refusant tout modèle explicatif, forcément réducteurICI: « L’homme en lui-même, dans la mesure où il fait usage de ses sens sains, est l’appareil physique le plus grand et le plus exact qui puisse exister… »

N’est-il pas temps que les éventuelles découvertes de la biodynamie se libèrent de la « science-spirituelle », pour devenir tout simplement « science »…expérimentale ? Cette science expérimentale qui nous a fait découvrir–et visiter– ces planètes dont Seiner avait donné une si ridicule description.(*) Faute de quoi, le pire serait à venir. Car la certitude posséder la vérité définitive fait de l’anthroposophie une connaissance, spirituelle peut-être, mais une connaissance morte il y a déjà près d’un siècle.


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à ce sujet on peut lire ma réponse à un lecteur plus bas


“ Si en ce moment on pouvait projeter un morceau de notre charbon noir ordinaire dans la Lune, il deviendrait de l’argent.” [Histoire du monde à la lumière de l’anthroposophie 23 déc. 1923 – p. 216. ]

4 réflexions au sujet de « la biodynamie…au risque de l’anthroposophie »

  1. « N’est-il pas temps que les éventuelles découvertes de la biodynamie se libèrent de la « science-spirituelle », pour devenir tout simplement …scientifiques ? »

    dites vous en conclusion de votre VI.

    Puisque vous vous interessez à Steiner au point de passer du temps à produire ce blog, pourriez vous me dire ce qu’est pour vous la science ? Sur quoi se fondent elle ? Autrement dit, quelle approche épistémologique avez vous ?
    Et plus précisément, que pensez vous des livres « Une théorie de la connaissance chez Goethe » et « Vérité et science » de Steiner. Pourriez vous me citer les passages de ces livres où ça coince, selon vous ? Etant donné qu’il y montre, de la façon la plus élémentaire et logique qui soit, en quoi Emmanuel Kant se trompe. Emmanuel Kant étant « le père fondateur » de ce qui est communément appelé « science » ( ou scientifique) de nos jours.

    Merci

    Lartigue

    PS : je peux mettre du temps à réagir, je n’ai pas internet chez moi.

    J'aime

  2. Cher Monsieur,
    Un grand merci de vous êtes intéressé à mon travail , et de me pemettre de clarifier mes objectifs!
    Vous semblez me proposer un véritable sujet de thèse (Goethe contre Kant, guère original))…mais ce sera pour une autre vie !

    Et, vous l’avez surement observé, ce serait « hors sujet ». Mon ambition est tout autre : montrer l’usage abusif de la pensée goethéenne par les anthroposophes : un lien renvoie à leur site officiel http://www.bio-dynamie.org/biodynamie/goethenne/, et non à Goethe.

    À mon tour de vous interroger, en tant que connaisseur de la pensée goethéenne (bien plus que moi).

    Reconnaissez-vous comme issue de cette pensée les produits de la biodynamie, bouse de corne et autres farines… de quartz?
    Est-ce digne de cette pensée d’affirmer que seules les bouses « nationales » feraient l’affaire?

    Est-ce digne de cette pensée de continuer à promouvoir des analyses globales vitalistes , auxquelles les biodyanmistes eux-mêmes se voient aujoud’hui obligés de renoncer ?

    Je m’étonne que vous ne réagissiez pas, comme connaisseur de Goethe, contre la récupération d’une philosophie aussi riche et complexe, par des biodynamistes anthroposophes prêts à toutes les récupérations (y compris de la physique quantique…censée justifier l’effet des observateurs atteints de « mains vertes »).

    Toujours dans cette optique, peut-être pourriez-vous intervenir auprès de la Ministre pour l’informer de ces dérives, qu’elle serait bien mal inspirée de laisser présenter, sous cet habillage philosophique factice et mensonger, devant des élèves éduqués depuis plusieurs années par des enseignants déjà formés à l’anthroposophie ?

    Je m’en tiens ici à demander l’expérimentation bassement rationnelle des pratiques biodynamiques anthroposophiques, selon la méthode expérimentale, initiée par …Claude Bernard (en médecine).
    Méthode avançant par hypothèses sans cesse remises en cause, et qui a fait quelques preuves. Elle nous a permis d’approcher -c’est le mot- de la connaissance de ces astres et planètes dont la science « spirituelle » (si peu goethéenne) nous a livré une si désastreuse image.
    La remise en cause permanente de leur pensée, et de leurs méthodes, est totalement inconnue des anthroposophes, qui, ayant atteint une vérité définitive, se contentent d’essayer d’éclaircir les écrits confus du maître. Blocage de la pensée, qui ne me paraît guère « goethéenne », qu’en pensez-vous ?
    D’ailleurs, maintenant les biodynamistes tentent eux-mêmes de présenter des résultats d’analyses quantitatives de sols, d’après des méthodes agrées scientifiquement : c’est la question de leurs prélèvements, et de l’ indépendance des expérimentateurs que je pose ; d’où l’espoir que la ferme du Domaine du possible les vérifie !

    Au plaisir de lire votre réponse, que je diffuserai sur cette nouvelle page du blog.

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