résultats très modestes d’une expérimentation des effets viticoles de la biodynamie

biodynaviti

l’expérimentation   « BIODYNAVITI »<–ICI a été réalisée par l’Association Technique Viticole ATV 49, dans le cadre de la chambre régionale d’agriculture des Pays de Loire (2012-2016)

« CONCLUSION Les préparations biodynamiques auraient donc un impact favorable sur une maturité légèrement avancée : c’est ce qui a été analysé par les dégustateurs, jugeant les baies avec préparats plus jaunes (impact sur les flavonoïdes ?) et moins acides sur le Chenin de Passavant.

« Toutefois, globalement, il a été difficile dans le cadre de cette étude de mettre en évidence des différences significatives entre les modalités avec et sans préparats, du moins sur la durée de ce projet, et sachant que les parcelles en essai n’avaient encore jamais bénéficiées de ces préparats.

« La cinétique est en effet un paramètre à prendre en compte : dans notre étude, certains changements se sont rapidement mis en place, observables dès 2012. Mais d’autres ont nécessité plus de temps. Des résultats ou tendances différentes pourraient donc être observables à plus long terme.

« Toutefois, d’autres études comparatives semblent confirmer cette difficulté à mettre en évidence des différences significatives entre bio et biodynamie (sachant que la biodynamie ne se limite pas à l’utilisation des deux préparats testés ici).

« Notamment :

 Reeve et al, (2005) n’avaient trouvé aucune différence significative concernant les rendements, le poids des baies, ou les bois de taille, entre de la vigne conduite en biodynamie et celle conduite en bio.

 Dans l’étude comparative BIO / Biodynamie (BD) menée par Georg Meissner (2006-2010) à Geisenheim, la pesée des bois de taille n’a pas fait pas non plus apparaitre de différence significative. Il observe néanmoins des vignes plus aérées avec des différences significatives dans la longueur des sarments (BD<BIO) et dans la densité foliaire (BD<BIO).

 Dans la thèse de Lorimer (2014), de l’université de Florence, des différences significatives ont été mesurées concernant le potassium et le manganèse contenus dans les feuilles en faveur de l’application de préparats.

« Chaque étude apporte son lot d’informations et de biais, mais chacune contribue à alimenter la tendance générale qui semble se dégager des études récentes à ce sujet.

« Enfin, dans les conditions de l’essai, les facteurs millésime, site et cépage sont probablement les éléments les plus influents sur certains paramètres observés. »

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Commentaires de P.Masson, de « Biodynamie-services » (interrogé par mail) : Il a des doutes sur la fiabilité des aspects mesurables . (Mais  alors comment expérimenter ?) « La partie « matériels et méthodes » trouvée sur : 

Il est donc difficile de juger…
Il est important de noter que bien souvent, les évaluation par analyses diffèrent des analyses sensorielles.
C’est en particulier le cas sur la dégustation des baies comme des vins. Nous constatons aussi souvent une différence sur l’aspect du végétal  difficile à démontrer par des aspects mesurables. »

NOTA : une autre expérimentation « VITIDYNRHO » s’est terminée l’an dernier, devant étudier l’effet des préparats sur les maladies cryptogamiques par rapport au bio. Mais les résultats sont restés introuvables, longtemps.

ministere VITIDYNRHO

j’ai tenté de m’informer   <—–ICI auprès de la chambre d’agriculture du Vaucluse

6 mars 2018, DEUX ANS APRÈS LA FIN DE L’EXPÉRIMENTATION VITIDYNRHO PAR LA CHAMBRE D’AGRICULTURE DU VAUCLUSE, (aux frais du CASDAR) elle n’est plus reconnue par son moteur de recherche ! Bravo pour l’obstruction…ou alors un bug informatique ?

GRÂCE A L’ AMABILITÉ DE LA RESPONSABLE de ce projet, Emmanuelle Filleron, j’ai pu enfin avoir le fin mot de ce « bug » : on suppose que quelqu’un a fait le ménage sur le site, en voyant que le projet était terminé depuis un an !

Une première synthèse a enfin pu être publiée, n’apportant guère de grain à moudre, « en raison d’un dispositif expérimental pas assez robuste, et de conditions sanitaires peu discriminantes« . On notera en effet, au volet purement agronomique, cette remarque :

Globalement, nous n’avons pas pu, à notre niveau, et dans les conditions des essais réalisés, dégager des tendances statistiquement nettes quant aux effets des préparations biodynamiques sur le sol, la vigne et sur la qualité des composts. La durée des travaux, la difficulté de mettre en place un dispositif expérimental à la parcelle avec des répétitions, la difficulté de démultiplier les parcelles d’essai, n’a pas permis la fourniture de résultats expérimentaux incontestables. (…) les essais sur ces types de pratiques doivent être envisagés à partir de dispositifs expérimentaux plus étoffés (répétitions au sein de la parcelle) et sur un temps bien plus long que ne le permettait ce projet. En effet, étant donné les dynamiques d’évolution du sol et de la vigne, plusieurs années d’étude semblent nécessaires pour étudier de façon approfondie l’impact des préparations biodynamiques sur le vignoble. Par ailleurs la question du choix des indicateurs d’évaluation s’est posée. En effet, certains paramètres dits « sensoriels » n’ont pas toujours pu être évalués, faute d’indicateurs « normalisés », ou de méthodes établies. En effet, ces paramètres font référence à du ressenti : on peut citer par exemple la capacité des observateurs à ressentir la « souplesse » des sols dans les parcelles.

(…) La biodynamie suscite des questionnements. Elle mobilise différentes rationalités : pratiques («recettes»), scientifiques, et autres formes de rationalités (anthroposophie comme lecture et rapport au monde). Elle se développe, en particulier en viticulture (mais aussi en arboriculture, et en maraîchage notamment). Cependant se pose la question de la transmission de savoirs que l’on peut considérer comme « non stabilisés » ou plutôt comme parfois non «validés» par la Recherche institutionnelle classique. En effet, l’accompagnement se fait par des recours à des « figures de la biodynamie» (experts privés, dont certains ne sont pas toujours d’accord par exemple sur les types de dynamiseurs à utiliser, etc.) ».

IL EST BIEN REGRETTABLE QUE CE GENRE DE COMPARAISON ENTRE BIO ET BIODYNAMIE NE SOIT PAS CONFIÉ À UN ORGANISME DE RECHERCHE INDÉPENDANT, AGRÉÉ PAR LES DEUX PARTIES, ET APPLIQUANT UN PROTOCOLE INDISCUTABLE.

Faut-il laisser se développer une méthode agricole qui, depuis près d’un siècle, n’a pas réussi à démontrer sa validité ? Et qui prétend que l’absence de conviction de  l’expérimentateur suffirait à faire échouer l’expérience…

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Une réflexion au sujet de « résultats très modestes d’une expérimentation des effets viticoles de la biodynamie »

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