DEUX MOTS DE TROP

 

 

« PSEUDO-SCIENTIFIQUE »

deux mots de trop, Monsieur Dahan !

sommaire

Henri Dahan, le directeur de l’école du « Domaine du Possible » créé par Mme Nyssen, est anthroposophe :

il a fini par le reconnaître <—ICI, alors qu’il était témoin à charge, lors du procès intenté à Gabriel Perra, pour une prétendue diffamation. M.Perra avait témoigné sur le site de l’UNADFI -également poursuivie-que les écoles Steiner-Waldorf véhiculaient l’idéologie anthroposophique. Il fut facilement mis hors de cause.

Ce mouvement anthroposophique ne brille ni par sa clarté, ni par sa cohérence : lors de ce procès, M.Dahan, alors Délégué général de la Fédération Steiner-Waldorf en France, avait reconnu que l’anthroposophie , « c’est la source de toute notre pédagogie,<—ICI sans l’anthroposophie, il n’y aurait pas de pédagogie Steiner-Waldorf« . –« c’est drôle, c’est exactement ce que dit aussi Grégoire Perra dans son témoignage…et vous lui faites un procès », remarqua alors l’avocat de l’accusé.

Mais, devenu directeur de l’école de Mme Nyssen, il répond ICI—> au journaliste du Monde : « la pédagogie Steiner n’est pas l’anthroposophie, pas d’amalgame ! »

Sans craindre la contradiction, M.Dahan envisage pourtant de présenter aux enfants de son école la mise en œuvre de la biodynamie,ICI–> dans la ferme-Université jointe à l’école, biodynamie dont nul ne peut contester la teneur anthroposophique. Il s’agit ouvertement d’en augmenter la diffusion, sous la bannière de cette agro-écologie tellement à la mode.

Et il a fait nommer, comme « personne source », Jean-Michel FLORIN, qui, depuis 2010, est codirecteur de la Section d’Agriculture de l’Université libre de science spirituelle du Gœtheanum (Dornach- Suisse), le centre même de la sphère anthroposophique.

Pourtant, Mme Nyssen avait annoncé<—ICI une toute autre ouverture d’esprit pour son école : « L’école Domaine du Possible se laisse la possibilité de puiser dans toutes les méthodes, qu’il s’agisse de Freinet, Montessori, Piaget, Steiner ou d’autres. Selon les situations et les enfants, chacune apporte des outils adaptés.

 » Mais pour son directeur, M. Dahan, « l’établissement trouve son ANCRAGE dans la pédagogie développée par R.Steiner ». On n’est déjà plus, semble-t-il, dans « toutes les méthodes »…

Marquée par le drame familial qu’on connaît, elle portait une appréciation sévère sur l’école républicaine, (qui aurait nui à l’épanouissement de son fils Antoine), sur le saucissonnage des études, et le stress des évaluations, mais sans jamais « dénoncer » violemment les défauts qu’elle a observé, et en demeurant dans la modération d’une douleur contenue. Au départ, l’école de la République, « c’était mon credo » dit-elle, tout en regrettant  l’idéologie de l’école en France », pensée, selon elle, pour sélectionner une élite méritocratique, non pour favoriser l’épanouissement de chaque enfant ».

L’attitude M.Dahan est d’une autre nature : il condamne avec virulence  <—ICI les programmes de l’Etat (…) construits sur une vision pseudo-scientifique du monde. Les élèves n’ont d’autre choix que de croire. C’est une forme de réponse religieuse à leurs questions métaphysiques. L’esprit critique est amputé d’une partie de ce qui le construit : l’observation sensible, intuitive et le temps de la méditation pour s’approprier des connaissances plutôt que d’y croire. »

Venant d’un disciple de l’anthroposophie, doctrine occultiste ésotérique, cette condamnation paradoxale de vision pseudo-scientifique et d’endoctrinement religieux dans notre enseignement est proprement ahurissante. Pour rester dans les cours de récréation, un enfant dirait « c’est çui qui le dit qui le fait », ou c’est la poule qui chante qui fait l’œuf! »

M.Dahan, vous avez dit « vision pseudo-scientifique du monde » ? Mais qu’est-ce donc alors que votre méthode agricole « révélée par les dieux », directement issue de la pensée d’un maître en science-spirituelle, source d’une vision du monde cosmique, qui prescrit des préparats obtenus par des procédés magiques, mijotés dans d’improbables organes animaux, et jamais remis en cause ?

Vous avez dit de notre éducation nationale « C’est une forme de réponse religieuse à leurs questions métaphysiques. L’esprit critique est amputé d’une partie de ce qui le construit  » ? Alors que votre engagement anthroposophique enseigne que  l’attitude recommandée aux anthroposophes<—ICI « est la vénération d’un maître, qui doit éliminer « toute critique, tout jugement rendu, (qui) dissipe les facultés de l’âme lui permettant de conquérir la connaissance supérieure, tout autant que la vénération respectueuse développe, au contraire, ces facultés« .(…)« le praticien de la science anthroposophique doit comparer ses visions à celles indiquées par son maître et par d’autres « prédécesseurs inspirés ». Ses propres visions ne sont vraies que si elles peuvent correspondre avec ces précédentes. De telles comparaisons sont, en effet, une partie nécessaire du cheminement anthroposophique pour accéder à la connaissance. Steiner a déclaré que « le guide sûr que représente un maître occulte expérimenté [Geheimlehrer] ne peut pas être complètement remplacé ».

Vous avez dit « pas d’autre choix que de croire » ? Mais n’est-ce pas justement la situation de ces agriculteurs ou viticulteurs séduits par la biodynamie, soumis à un carcan de prescriptions innombrables et dont l’échec leur est attribué, procédé culpabilisant typique de ce qu’il y a de pire dans les religions ? Si ça ne marche pas, leur disent ces bons apôtres, c’est la faute à<—-ICI

-votre conservation inadaptée des préparats

-votre eau de mauvaise qualité

-votre mauvais emplacement de mélange, pollution par le gas-oil, le bruit, ou les radiations du téléphone

-votre stratégie de traitements inadaptée (trop tôt ou trop tard) sur un sol trop sec

-vos dynamiseur ou pulvérisateur « inadaptés »

-vos pulvérisations imprécises ou hors délai

-votre travail du sol « soit trop intensif soit au contraire pas assez en profondeur

-votre « situation cosmique » qui n’était pas adéquate..

Finalement pourquoi ne pas achever définitivement le malheureux qui aurait échoué en biodynamie : c’est de sa faute, il n’avait pas le moral, ni la foi !

« Il faut aussi se poser la question de l’influence de ceux qui mettent en œuvre les préparations biodynamiques. La physique quantique (!!) comme Rudolf Steiner, nous apprennent que l’expérimentateur n’est pas sans influencer son travail expérimental. A quel point l’état vital, psychique et les intentions de ceux qui élaborent, dynamisent, ou pulvérisent les préparations sont-ils capable d’influencer les résultats obtenus ?« .

Les enseignants biodynamistes s’interrogent donc toujours, (un peu tard, non ?) :

–« LA MAIN VERTE est-elle une réalité avec laquelle il faut compter.(…)  l’influence de ceux qui mettent en œuvre les préparations biodynamiques demande une approche attentive. » 

Si bien que le chercheur, cultivant le doute scientifique, pourrait voir récuser ses résultats, dus à son manque de…foi !

-« LA SITUATION COSMIQUE au moment de l’emploi des préparations. C’est un sujet très complexe et il semble que certaines positions planétaires peuvent faciliter ou au contraire diminuer beaucoup l’effet des préparations. Ceci devrait faire l’objet de recherches intensives ».

Mais braves gens, avant de séduire les agriculteurs avec vos promesses, il aurait fallu au moins les accomplir, vos « approches attentives, et vos recherches intensives » !

A ce niveau , on pourrait même se poser la question de l’abus de confiance.

En tous cas, on comprend la frénésie « expérimentale » du Mouvement de l’Agriculture Biodynamique, qui répand sur le net certains incroyables résultats obtenus en viticulture biodynamique. Résultats dont je conteste le protocole, qui n’est jamais détaillé. Alors qu’aucun résultat négatif n’est publié…Il mettrait en cause la crédibilité de l’ensemble de la sphère multiforme des révélations presque séculaires du Maître du Gœthéanum.

Étonnamment d’ailleurs, certaines chambres d’agriculture continuent de se lancer avec leurs viticulteurs intéressés dans des essais de plusieurs années, pour tenter de mettre en évidence les avantages par rapport à la simple culture biologique.

Question déjà réglée par plusieurs travaux universitaires américains.(*)


DEUX QUESTIONS, M.DAHAN, POUR DEUX MOTS DE TROP :

Aurez-vous le front de réclamer dans 4 ans, à passer contrat avec cet État dont vous avez si gravement insulté l’école républicaine ?

Vos soins  ne cherchent-ils pas à couvrir le Domaine du Possible et son « université » de l’autorité morale et la haute réputation d’une directrice d’Actes-Sud  Ministre de la Culture française,  alors même que ces établissements seraient  demeurés au service de la diffusion de la doctrine occultiste de l’anthroposophie (à « l’insu de son plein gré » ??)

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Il est encore temps, peut-être, que cette université, qui se dit vouée à « accueillir des programmes de recherches portant sur la généralisation des méthodes de l’agroécologie » entreprenne réellement d’étudier -et sous contrôle indépendant-, non pas les effets, mais les fondements même de la biodynamie afin d’en éclaircir tous les aspects irrationnels, tels que captation de « forces » par les organes animaux, émission de rayonnements, ou effets « dynamisants » d’une agitation aqueuse.

Faute de quoi, il ne serait alors guère étonnant que resurgisse ce terrible soupçon de fonctionnement en vase clos, de type sectaire, contestant les programmes de l’État,  au profit de la seule observation sensible, intuitive, régie par la pseudo-science anthroposophique. 

je me permets de faire mienne la conclusion parfaite du site « charlatans.info : ICI—>« En tant que citoyens nous ne voulons pas vivre dans, ni présenter à nos enfants, une société dans laquelle la pseudoscience et les fantaisies ésotériques seraient considérées comme étant la réalité. La pensée irrationnelle, ou la confiance dans des gourous mystiques déclarant détenir une clairvoyance, ou une intuition particulière, font beaucoup de mal à notre société. Les meilleures études, à ce jour, n’ont pas pu trouver de distinctions entre l’agriculture biodynamique et biologique dont elle est une partie. L’ésotérisme, semble-t-il, n’ajoute rien, n’apporte rien. Et nous, en tant que supporters du rationalisme et de la clarté, sommes consternés par ces déconnexions entre la croyance et la recherche.  »

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(*)Lynne Carpenter-Boggs et son directeur de thèse, John Reganold, tous deux au Washington State University, ont fait ce qui est peut-être le travail scientifique le plus regardé sur la biodynamie. Reganold est de temps en temps consultant en biodynamie dans une industrie vinicole de Californie et chercheur sur le sujet. Cependant, même lui et ses anciens étudiants ont été incapables de dénicher de réelles différences entre les pratiques biodynamiques et biologiques. En effet, Carpenter-Boggs a précisément fait des recherches sur la question de savoir si les composts avec les préparations biodynamiques amélioraient le sol dans lequel elles étaient ajoutées. Les résultats ? « Aucune différence n’a été trouvée entre les sols fertilisés avec la biodynamie et les composts non biodynamiques. » (Carpenter-Boggs 2000)8. Reganold a dit, lors d’une interview de 2003, que la recherche « ne distinguait pas le biodynamique du biologique » (Darlington 2003). On peut difficilement être plus clair.

« Plusieurs études scientifiques, publiées notamment dans des revues de rang A, attestent que les résultats obtenus via les méthodes d’agriculture biodynamique ne peuvent se distinguer de ceux obtenus par l’agriculture biologique : Reganold J.P et al, 1993; Kœning U.J, 1999; Mäder et al, 2002 . Dans un éditorial datant de 2002, Peter Treue, chercheur en sciences agricoles à l’université de Kiel définit la biodynamie comme une pseudoscience et écrit que des résultats comparables sont atteints par les méthodes de culture biologique. Il montre qu’à ce titre, la biodynamie relève de la magie et de l’alchimie». (Wikipédia)

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