BIODYNAMIE : CRÉDIBILITÉ, EFFICACITÉ ? Ière partie

pulvérisatin 501

présentation masquée

LA BIODYNAMIE déguise d’abord SON ÉSOTÉRISME  en écologie  et en « savoirs ancestraux et traditionnels rejoignant la science moderne« 

: « la biodynamie s’est constituée sur une double fondation : d’une part la philosophie de Rudolf Steiner, qui constitue une sorte de pont entre des savoirs ancestraux et la démarche scientifique moderne, et de l’autre, des traditions paysannes aujourd’hui en voie de disparition mais issues d’une expérience séculaire que les fondateurs de la biodynamie ont toujours eu à cœur d’intégrer dans leurs recherches. » (la bouse de corne un savoir ancestral? Le COMPOSTAGE DANS DES CORNES DE CERF, une TRADITION PAYSANNE ?)

Dans sa  présentation  « grand public » de la biodynamie et de l’anthroposophie, le MABD, n’évoque pas l’origine ésotérique de la méthode, mais son « écologisme » :

L’émergence de l’individu pour la conception anthroposophique, c’est un processus de développement spirituel où l’homme se prend en charge, en conscience de cette appartenance à une évolution « cosmique », terrestre, et donc en solidarité a priori avec la communauté humaine d’une part, avec son environnement d’autre part.(…)A l’opposé, la biodynamie propose de mettre en évidence les liens, de cultiver ces liens entre animaux, végétaux, terre, et hommes. Tout agit sur tout, et nous devons créer les synergies – la ferme est un organisme vivant – qui amènent une fertilité croissante au fil du temps.(…) Le biodynamiste prend conscience de la place particulière de l’homme dans l’agriculture. Il prend sa part de responsabilité dans l’avenir de la terre. C’est une plénitude qui peut l’envahir, lorsque les contraintes, en particulier économiques, lui laissent un peu de répit…

(On peut aussi regarder cette video qui cite les préparats…sans rien en dire.)

MAIS  UNE  PENSÉE  DITE « Gœthéenne » est recommandée et traduite ainsi : « Pour le courant anthroposophique, la pensée ne sert pas à comprendre les choses, elle est là comme « éducatrice« , comme instructrice pour appréhender la réalité. La véritable compréhension se fait avec l’âme. »(…) En effet, on parle souvent d’illusion des sens, mais en fait c’est la pensée, le jugement, qui se laissent tromper, pas les sens.

la 1ère recommandation c’est donc de renoncer à la pensée, trompeuse par essence, au profit de l’observation par les sens, qui ne nous égareraient jamais ! Habile moyen de décourager l’examen critique intellectuel de tout le montage anthroposophique prétendant expliquer le fonctionnement de la vie sur terre.

____________________________________________________________

LA VISION DE LA VIE en BIODYNAMIE ANTHROPOSOPHIQUE

Les citations suivantes (en gris) sont extraites de  « L’agronomie à la lumière de la bio-dynamie », de Dominique Massenot.

La matière ne peut pas s’organiser toute seule, pas plus qu’une sculpture ne peut se faire sans l’intention et l’action d’un sculpteur. Il faut donc imaginer un « sculpteur » immatériel, que l’on peut appeler des forces de vie, capable d’organiser la matière dans toute la diversité des organismes vivants. On ne peut pas trouver de trace matérielle de ces forces de vie, pas plus que l’on ne trouve de trace du maçon dans une maison achevée. IL FALLAIT DONC UN VOYANT INITIÉ POUR LES DÉCOUVRIR !

MASSENOT NOUS DÉCRIT deux courants principaux, les forces éthériques, croissance purement végétative, vitalité pure (s’exprimant dans le végétal,…mais pas que), et les forces astrales, ( s’exprimant dans l’animal, mais pas que) qui assurent la régulation les 1ères et leur dépérissement. La santé est donc équilibre enter ces deux forces construction /déconstruction, jusque là rien de bien révolutionnaire !

MAIS CELA DEVIENT PLUS SURPRENANT, avec la « matérialisation » de ces deux forces en deux éléments, le calcium et la silice, sous l’influence supposée…de la Lune pour la première, et de…Saturne pour la seconde :

Dans la mesure où il est mobilisable par la plante, le calcium assure croissance et reproduction, point de vue partagé par l’agronomie (ah bon?) et la bio-dynamie. Rudolf Steiner révèle en plus que le calcium transmet les forces de la Lune, sous réserve d’une bonne disponibilité en eau.

Les forces cosmiques transmises par la silice sont avant tout celles de Saturne, sous réserve de conditions de chaleur suffisante. La silice intervient donc dans l’organisation, la structuration, le mûrissement, début du processus de dépérissement et pôle opposé à la croissance pure.

NOUVELLES AFFIRMATIONS GRATUITES, révélées à Steiner « par les dieux », il y aurait concentration de ces deux forces en deux éléments, l’oxygène et l’azote. Mais ce n’est pas explicité clairement, aux dires même des disciples :

Toutes les substances sont la concrétisation de processus plus subtils et malheureu-sement Rudolf Steiner n’a pas été exhaustif sur ce sujet. Toutefois, il développe à plusieurs reprises que la substance concentrant l’ensemble des forces éthériques est l’oxygène alors que l’azote est la substance manifestant les forces astrales.

Craignant  l’aspect « incongru » (sic) de cette conception, les anthroposophes la réitèrent sous une autre forme, ce qui, en fait, n’explique rien ! : « l’agriculteur manipule sans le savoir des forces éthériques dès lors qu’il fait du travail du sol et des forces astrales dès lors qu’il fait des apports d’azote ».

Par contre on comprend bien que Steiner cherche à diaboliser les apports d’Azote sous forme d’engrais chimique : Les engrais minéraux sont inaptes à augmenter les forces de vie du sol étant donné qu’ils en sont dépourvus. Seuls, les engrais organiques en contiennent et leur intérêt repose sur la restitution de forces de vie. Remarquons qu’il n’est pas question de vie microbienne, mais de « forces de vie ». D’ailleurs Steiner récuse l’inoculation de micro-organismes dans le sol : « si nous croyons qu’en inoculant des bactéries, nous pouvons apporter une amélioration radicale du milieu, nous cédons à une belle illusion… ». Pour lui les micro-organismes et autres êtres vivants du sol ne sont pas des agents actifs, mais seulement les révélateurs de l’état du milieu. Ainsi certains sont valorisés et d’autres diabolisés : Dans la 7ème conférence, R. STEINER précise que le manque de forces de vie est révélé par la présence de larves d’insectes dans le sol, comme les taupins ou les vers blancs par exemple, alors que l’excès de forces de vie est corroboré avec l’abondance des vers de terre. « Les vers de terre ont la capacité de réguler la vie éthérique (?) de la terre lorsque celle-ci devient trop importante ».

On en vient enfin au compostage et aux préparations magiques :

La fumure d’origine animale convient mieux à l’ensemble du cycle de la plante qu’une fumure purement végétale : « Il faut avoir à notre disposition un fumier porteur d’éthérique et d’astral. C’est à cette condition qu’il exerce dans le sol une action vivifiante et aussi astralisante. » (in 4ème conférence).

La qualité du compost revêt beaucoup d’importance aux yeux de Rudolf Steiner, à tel point qu’il consacre l’intégralité de la 5ème conférence à expliquer comment conserver et améliorer la valeur fertilisante du compost en ajoutant des plantes médicinales ayant subi une transformation préalable en les associant à des organes animaux. (voilà la seule mention de ces produits fondamentaux, dont la composition et la préparation  échappent à toute logique : 4 lignes sur 6 pages !)  Ces préparations sont à ajouter au compost dès la mise en tas et agissent tout de suite. Leur effet est visible au bout de quelques semaines (mais sans fixer l’azote !) mais ces préparations n’empêchent l’évolution du tas vers la stabilisation et le vieillissement. Même avec les préparations biodynamiques, les trop vieux composts ont perdu leurs forces et leur intérêt agronomique.

Même avec un fumier biodynamiquement composté, il faut encore appliquer les deux premières préparations magiquement muries dans les organes ad hoc, puis enterrés au moment cosmique favorable : « La spécificité de la bio-dynamie est de compléter et d’affiner cette gestion de la fumure organique par des préparations bio-dynamiques à appliquer directement dans les parcelles : la bouse de corne pour stimuler la vie du sol et de la plante, la silice de corne pour organiser la vie de la plante. »

Une bio-dynamie bien comprise prend également en compte les substances et les sources d’énergie raisonnées en bio-dynamie, que l’on peut qualifier de terrestres. La bio-dynamie élargit le cadre du raisonnement à tout le cosmos, aussi bien sur le plan des forces cosmiques qui organisent la vie végétale que sur le plan des substances répandues à dose infinitésimale dans l’atmosphère et absorbées par les plantes, forces et substances que l’on peut qualifier de cosmiques.

       Il apparaît donc une possibilité de convergence entre agronomie et bio-dynamie  dans le domaine de la vie du sol et sur l’intérêt dans les deux cas de favoriser cette vie du sol.(…) il est donc possible de travailler de manière rationnelle et rigoureuse dans le sens d’une « entente » entre démarche scientifique et investigation spirituelle.

IL EST PARFAITEMENT ABUSIF DE PRÉTENDRE À UNE CONVERGENCE de travail  ENTRE AGRONOMIE CLASSIQUE ET BIODYNAMIE, même si cela était « prévu » par Steiner :

 Comment oser qualifier de démarche « rationnelle » cette addition de produits divers mijotés 6 mois dans des organes animaux ?

Ce type de récupération de méthodes admises rappelle l’évocation fréquente de la similitude de la biodynamie avec l’homéopathie, or ce n’est nullement exact.

En fait de « vie du sol » au sens traditionnel (=présence d’êtres vivants), l’article cité le dit lui-même, il s’agit de « forces de vie » : Pour la bio-dynamie, la qualité fondamentale d’un sol est de contenir des forces de vie permettant le développement et la croissance des plantes. Tous les sols ne sont pas également pourvus en forces de vie et, comme le précise R. STEINER dans la 4ème conférence du Cours aux agriculteurs.

A PARTIR DU même MOT « VIE DU SOL »,  les deux systèmes divergent, tant par la mise en évidence des agents désignés comme actifs que par les moyens d’action thérapeutique :

–pour la biodynamie,

           Les « forces cosmiques » sont mises en évidence par des méthodes globales de mesure de la « vitalité, telles que la cristallisation sensible. Méthode si peu reproductible que DEMETER (label biodynamique) l’a abandonnée.

                   *les moyens thérapeutiques consistent à capter les forces dans des plantes muries dans des organes animaux tels que corne de vache ou vessie de cerf « (la vessie du cerf est presque une image reflétée du cosmos ».) Ou à pulvériser de la silice, agent des forces de Saturne.

–Pour l’agriculture  conventionnelle récente,

                  *Les micro-organismes sont mis en évidence par tous les moyens de la microbiologie, telle que la culture sur milieux différenciés, fractionnement de la matière organique, dosage de la biomasse microbienne, cinétiques de minéralisation du carbone et de l’azote…). Un procédé récent de mesure de cette activité –mise au point par l’INRA (Genosol)– utilise le dosage de l’extrait d’ADN génomique total obtenu par extraction d’ADN de sol.

             *les moyens thérapeutiques consistent à employer des composts bien décomposés, et surtout par inoculation de micro-organismes sélectionnés dans le sol, par ex. au moment de la plantation d’arbres : les champignons mycorhiziens, utilisés pour favoriser la croissance des plants, ont été insérés dans une substance gélatineuse, afin de les conserver et de garantir leur adhérence optimale aux racines. Les racines des jeunes chênes ont ensuite été plongées dans la mixture ».

____________________________________________________________________________________________

SUITE PROCHAINEMENT ! JE POSTE CETTE PREMIÈRE PARTIE POUR NE PAS ABUSER DE LA PATIENCE DE MES LECTEURS … d’un peu partout

origine lecteurs

____________________________________________________________________________________

Laisser un commentaire