PIÈGES COSMIQUES : SILICE/CORNE – délires anthroposophiques sur « l’origine de la silice », l’avis de Hubert Reeves

silice et cornes

Origine de la silice

Dans les temps lointains de l’histoire de la terre, celle-ci était une sorte de masse informe de faible consistance, plus dense et chaude dans son centre ; elle était traversée de la périphérie vers l’intérieur, par des rayons venant du soleil. Il s’agissait de lumière de nature lamellaire semi-substantielle, une sorte de « lumière-silice », simultanément processus et substance. Ces lames de lumière-silice se sont organisées en enveloppes gigantesques semblables aux contours d’immenses cristaux à l’intérieur desquelles sont apparues les plantes des origines. Celles-ci ont fixé un peu de silice sous forme colloïdale : la silice s’est séparée de la lumière, mais est restée totalement transparente. À la fin de chaque cycle, après la mort de ces plantes primitives, la silice était libérée dans le milieu et au fur et à mesure de la succession des cycles, s’accumulait, constituant le matériau pour la formation des continents. Ce phénomène des origines trouve son écho dans l’accumulation dans le sol des phytolithes provenant des plantes mortes. Ces phytolithes se dégradent très lentement, ce qui permet de comprendre que leur étude renseigne sur la flore des ères géologiques ou puisse avoir un intérêt archéologique (Hodson et al., 2005 ; Cooke et Leishmann, 2010). »

Devant un texte aussi incroyable, «  lumière de nature lamellaire semi-substantielle, une sorte de « lumière-silice », simultanément processus et substance.Ces lames de lumière-silice se sont organisées en enveloppes gigantesques semblables aux contours d’immenses cristaux à l’intérieur desquelles sont apparues les plantes des origines », ma surprise fut telle que j’ai déjà voulu vérifier les auteurs indiqués en référence :Hodson, et Cooke- Leishmann.

Par chance c’est un de mes confrères pharmaciens, J-G. Barth, qui a publié ce texte fort documenté (*) »Silicium : l’élément longtemps oublié des plantes terrestres ». J’ai pu le joindre et il a bien voulu me préciser (merci !) que les chercheurs cités par lui n’ont rien à voir avec la description de l’origine de la silice, mais uniquement avec la datation des fossiles par le Silicium. « L’histoire de l’origine de la silice , m’écrit-il, est décrite par Benesch et Wilde (Kiesel Kalk Ton publié par Urachhaus) ; ils synthétisent les travaux de Steiner ; il existe une traduction anglaise. (…)

Ainsi la révélation de l’origine mixte de cette lumière des origines «  de nature lamellaire semi-substantielle, une sorte de « lumière-silice », simultanément processus et substance », fait partie des élucubrations du voyant de Dornach, avec les Lémuriens et autres Atlantes. Pour moi totalement sans fondement.

J’ai voulu cependant faire appel à une autorité en matière d’origine du monde, Hubert REEVES, qui a eu la grande amabilité (encore merci !) de répondre dans la journée à mon mail : « Je ne connais pas bien les travaux de Steiner .Je pense seulement que les affirmations de Steiner devraient être étayées par des confirmations observationnelles. J’ai des doutes quand à la crédibilité de plusieurs de ses affirmations sur les rapports entre la silice et le système solaire . Tout cela me parait bien léger et peu scientifique « .  

SANS COMMENTAIRES, sauf que je rappelle que pour Steiner un morceau de charbon transporté sur la lune ne serait plus noir, mais transformé en …argent.[Histoire du monde à la lumière de l’anthroposophie 23 déc. 1923 – p. 216. ]

Pendant qu’on est sur le sujet je vous invite à retrouver toues les affirmations rêvées par Steiner sur Saturne, et à les comparer avec les merveilleuses découvertes de la mission Cassini-Huygens qui nous a communiqué une masse d’informations (matérialistes bien sûr !) à une distance d’un milliard de Km.

MAIS REVENONS À NOS soi-disant PIÈGES COSMIQUES

Inutile de s’étendre sur le choix de la corne de vache, déjà étudiée dans mon article sur la bouse de corne. Revenons à la silice : « Dans le Cours aux agriculteurs, la séparation habituelle entre matière et esprit est dépassée par le développement d’une connaissance de l’essence de la matière. Prenons la silice : on peut concevoir le cristal de roche comme une œuvre résultant d’un processus de transformation. Si l’on s’efforce de saisir l’élément silice dans l’effet qu’il produit, il se présente comme quelque chose de réfléchissant, miroitant. L’étape suivante consiste examiner le geste psychique de la substance, pour la silice Steiner le décrit comme « noble », « se suffisant à lui-même ». Et pour finir, l’idée essentielle de la silice apparaît telle un  « noble seigneur ».
En se fondant sur cette conception, nous nous fabriquons de nouvelles substances qui peuvent être des supports du spirituel : les préparations biodynamiques. Pour ce faire, nous prélevons des matières dans le monde des œuvres achevées, par exemple le cristal de roche et la corne de vache, et par les différentes étapes de la préparation, nous les amenons à un effet dynamique. Nous sommes maintenant en mesure d’aborder la silice de corne et la bouse de corne comme un haut et un bas dynamisés. On peut considérer les préparations du compost comme une interdépendance dynamisée de l’organe et de l’organisme. Grâce à la composition nouvelle des substances, on peut aller chercher des forces nouvelles dans le spirituel – de nouvelles forces de vie et de nouvelles forces de maturation qui peuvent être sources d’une fertilité du sol renouvelée. La fertilité du sol, cette mission de la culture, est aussi une mission de l’agriculture.

Et en outre, le broyage donnerait à la silice des forces encore nouvelles ! « aspirant à  » retrouver sa forme cristalline, elle utiliserait les plantes sur lesquelles on la pulvérise, est-ce croyable ? Serait-ce le cas de tous les corps cristallins pulvérisés ? je vais regarder avec angoisse ma boîte de sel ‘fin’ !

« Pour la préparation silice, la silice doit être si finement broyée qu’elle prend la consistance d’une farine collante, ayant totalement perdu sa forme d’origine. Mais elle aspire à retrouver la forme qui l’avait maintenue en une solide cohésion. Ne pouvant le faire directement, elle utilise les plantes sur lesquelles elle est projetée, à qui elle confère une plus grande affinité pour les forces de la forme, de sorte que celles-ci peuvent les édifier au plus près de leur archétype. Cette édification ne s’exprime pas seulement les formes mais aussi dans les couleurs (…)

Elle est dure et insoluble dans l’eau. Et pourtant, elle pénètre dans les plantes (graminées, prêle) et dans le corps des animaux et des hommes (peau, œil, nerfs). Dans le sol, nous trouvons la silice comme élément structurant(grain de sable), et, dans l’argile, comme silicate d’alumine et sous forme colloïdale.
C’est sous cette forme colloïdale qu’elle peut être absorbée par la plante. La silice est
également présente dans l’atmosphère en quantité infime.(?)
En tant que composant des organes des sens, (??) en particulier de la peau et des yeux, elle nous montre son affinité pour la lumière. Dans la technique,le quartz (transparent) est utilisé pour produire du verre pour les appareils optiques et dans la technologie informatique ».

ENCORE SATURNE ! (voir plus haut)

« Pour Rudolf Steiner, la silice est réellement ce qui permet à la plante de développer une tige, une structure solide et elle intervient aussi dans la fructification en terme de valeur alimentaire. Les forces cosmiques transmises par la silice sont avant tout celles de Saturne, sous réserve de conditions de chaleur suffisante. La silice intervient donc dans l’organisation, la structuration, le mûrissement, début du processus de dépérissement et pôle opposé à la croissance (?)« .

La silice des roches, du sol, de l’eau, de l’air et de la chaleur, génère un milieu favorable pour la vie des plantes. Lors de la croissance, ce« milieu silice » leur transmet, par le détour de l’appareil racinaire et de l’écorce des arbres (cambium), l’activité des forces formatrices des étoiles fixes et des planètes supra-solaires, Mars, Jupiter et Saturne, en vue de la genèse de structures et de substances.

La silice agit aussi dans le domaine des substances (métabolique) et suscite des couleurs (rouge et influence de Mars, blanc, jaune et influence de Jupiter ou encore bleu et influence de Saturne), des arômes, du nectar, des sucres et des substances
complexes (amidon, protéines et huiles). Ce faisant elle confère aux plantes des
propriétés alimentaires intéressantes pour l’animal et l’homme.

ÇA TOURNE DANS TOUS LES SENS ! l’accélérateur et le frein

« La préparation silice de corne : on observe des résultats contradictoires selon les plantes ; l’application précoce de la silice tempère la croissance végétative au stade jeune (nombreux essais en Allemagne : Maria Thun, Manfred Klett, Nikolaus Remeret d’autres) ; l’application tardive prolonge la maturation, retarde la sénescence et prolonge la fructification. La silice a donc un effet d’équilibrage sur des croissances unilatérales au stade jeune ou tardif. Ces essais montrent que sur des légumes en tout cas, l’idée que la silice favoriserait la croissance végétative est erronée. On observe aussi que la silice a un effet de compensation lors de conditions climatiques extrêmes.On peut aussi interférer sur une croissance insatisfaisante selon le moment de l’application. Cela signifie, que l’usage de la silice nécessite une observation très fine si on veut intervenir au meilleur moment pour freiner ou pour prolonger un stade précis de la croissance végétale. Les seuls aspects calendaires ne sauraient suffire pour appliquer cette préparation car elle demande un bon développement de nos facultés d’observations phénoménologiques. Cette démarche initiée par Goethe, permet sans les facultés de perception spirituelle, de pénétrer très loin dans l’être de la plante : « La nature ne ment jamais, elle dit toujours la vérité ». Si j’observe bien les feuilles, le port de la plante, le geste, tout cela me renseigne sur l’état d’être du végétal à un moment T.

On conçoit dès lors que la preuve de l’efficacité de cette préparation soit si difficile, puisque parfois elle accélère la végétation, d’autres fois elle la ralentit. On peut aussi s’étonner de voir se multiplier des tentatives de preuves non convaincantes, alors qu’une seule, incontestable, suffirait à clore la question !

Voici encore une expérimentation aux résultats aussi faibles que bien étudiés statistiquement :

Comparing qualitative and quantitative impacts of different treatments with Horn Silica in grapevine, Master’s Thesis, European Master of Science of Viticulture and Enology (nov 2015)

« These different results lead to the question about the real effect of early applications of BDp 501 over the vegetative parameters, does it promote the vegetative development ordoes it regulate? More research has to be done to answer this question.(…)Taking in consideration the methodologies used, practical limitations observed and the results obtained, several proposals will be done in order to improve the performance of this trial and push it further. In this sense, one of the first challenges is to keep the same level of accuracy in both parcels,(…) As a projection of this research, several new variables were proposed to study in order to improve precision and representativity, because when it comes to biodynamic research is clear that we deal with subtle impacts that should be approached from several perspectives. »

Ainsi d’autres recherches seront nécessaires pour savoir si il y a « régulation » ou « augmentation » de la végétation, et pour augmenter la validité de cette recherche : selon ce chercheur, la recherche biodynamique à affaire à de si « subtils » effets, qu’il faut l’étudier « sous différents aspects » !


AU BOULOT !

au boulot silice

-« On a également besoin de cornes de vaches bien formées, avec plusieurs anneaux de vêlage. Le matériau de base, d’une teneur en silice supérieure à 98 %, doit être réduit en une poudre très fine. Les morceaux de quartz ou de roche siliceuse sont tout d’abord cassés grossièrement (par exemple avec un marteau).
Il s’est avéré pratique d’utiliser une bouteille d’oxygène sciée et de concasser les cristaux dans le fond de celle-ci, avec une barre d’acier au bout arrondi. On aura, au préalable, enlevé la rouille de la bouteille d’acier, en y concassant du gravier ou du verre.
Le gravier de silice est tamisé dans un mortier en porcelaine ou en agate. Les résidus restant dans le tamis sont à nouveau concassés dans le mortier.
Les parties fines sont broyées avec le pilon, puis écrasées sur une plaque de verre (0,5 à 1,5 cm d’épaisseur) avec un couvercle de bocal de conserve en verre en faisant des mouvements circulaires. Pour se faciliter la tâche, on peut utiliser un tamis ultra fin qui ne laisse passer qu’une poussière de silice. Tout ce qui reste au fond du tamis sera à nouveau broyé et tamisé.
Plus le tamisage est fin, moins on aura besoin d’affiner sur les plaques de verre. Des moulins à billes d’agate peuvent également être utilisés ».
Enfin la silice est enfoncée dans des cornes, puis enterrée. Ici pure magie : pour la bouse on pouvait penser à un genre de maturation microbienne-compostage, mais la silice est inerte biologiquement et ne se « compostera » pas : s’il se passe quelque chose, c’est l’absorption des mystérieuses forces « estivales de la lumière et de la chaleur »

« Dans cette enveloppe, le quartz est enterré dans le sol et exposé aux influences estivales de la lumière et de la chaleur. Dynamisée dans l’eau pendant une heure et pulvérisée sur la plante, la préparation communique les effets de la lumière, transformée par les processus d’été dans le sol. Cette énergie lumineuse favorise et ordonne le métabolisme de la plante ». (…)Les cornes ne sont utilisées qu’une fois pour la préparation silice de
corne. Comme pour toutes les préparations, on peut toujours réutiliser la même fosse.Mais pour la bouse de corne, on peut la réutiliser !

ET SI JE DOUTE ?

Qu’est-ce qui m’empêche encore d’appliquer les préparations avec enthousiasme ? Cela tient-il au doute intérieur (sousconscient), avec lequel je regarde le monde chaque jour ? Faites donc un jour cet exercice : observez un arbre : quelque chose change-t-il si je le regarde avec intérêt au lieu de scepticisme ? ce qui signifie que si on élimine le doute au profit de « l’intérêt » (la confiance ou la foi), alors on croit ! La différence peut être énorme ! Si vous vous consacrez avec intérêt au travail des préparations, vous remarquerez que la distance se raccourcit. Cette essence des préparations si importante pour notre travail, nous révèlera quelque chose d’elle. Si vous faites un jour l’expérience de la manière dont Terre et Cosmos sont unis par les préparations, comment une approche a lieu, comment cette individualité agricole d’une grandeur gigantesque qui s’étend jusqu’à Saturne, jusqu’aux étoiles fixes, comment tout cela se rapproche, s’unit, reçoit une limite, une enveloppe, alors on ne doute plus de l’efficacité des préparations.
Ainsi je peux être saisi d’enthousiasme et utiliser les préparations en fonction des types de cultures, (…)

un « rapport personnel » aux préparations, tout en subjectivité ! « Personnel- spirituel
Les préparations ont ceci de particulier qu’elles nous conduisent à développer une relation personnelle avec elles. Cela signifie que chacun élabore et comprend les préparations avec une attitude personnelle. Cette approche comparable à l’interprétation individuelle d’un morceau de musique est adaptée à la nature des préparations.
Ce n’est que grâce à cette relation individuelle que l’on perçoit les niveaux plus profonds des préparations. Il semble que ce soit le contexte global entre l’être humain et les préparations qui agisse en fait.

QUESTIONS POUR LES GROUPES (BIODYNAMISTES !)

Quelles sont les qualités d’une telle relation personnelle ? Pouvons-nous échanger sur ce thème ? Y-a-t-il des situations trop personnelles où l’objectivité se perd ? (en fait ici il s’agit de SUBJECTIVITÉ !) Cette relation intime avec les préparations donne une base permettant de percevoir leur dimension spirituelle. D’après Rudolf Steiner, les préparations visent à apporter de nouvelles forces spirituelles dans la nature de la Terre pour qu’elle puisse continuer à nous nourrir. Quelle est la relation entre homme et nature du point de vue de l’évolution spirituelle ? Qu’est ce qui s’achève et qu’est-ce qui débute ? Quelle est le niveau de mon être qui me permet d’assumer avec d’autres la responsabilité de ce partenariat être humain-Terre ?



(*) documenté, mais principalement sur les effets de solutions concentrée de silice, (ce qui n’est pas le cas des pulvérisations de cette préparation) , ainsi: « Les effets du Si sur la croissance peuvent être directement observables. À concentration élevée dans le milieu de culture (liquide), le Si influence favorablement la croissance du concombre ; ce n’est pas le cas lorsque cette concentration est basse ».


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