UN TÉMOIN OCULAIRE RÉVÈLE les débuts de la biodynamie : les prescriptions irrationnelles d’un Maître

MAIS DÈS LA MORT DE R. STEINER, CHACUN PRÉTENDIT AVOIR SA PROPRE INTERPRÉTATION !

A) LE TÉMOIGNAGE OCULAIRE : IL S’AGIT BIEN DE LA RÉVÉLATION D’UN DOGME A APPLIQUER, religieusement.

 

LE TÉMOIN  sans doute Mme MJ Krück v. Poturzyn, à en croire l’article de la revue Triades N°37 – 1989, Extrait de « Wir erlebten Rudolf Steiner. Erinnerungen seiner Schüler »Maria J. Krück de Poturzyn (Eds.) « Nous avons connu Rudolf Steiner _Souvenirs de ses étudiants »

« C’est du comte Carl von Keyserlingk que vint la troisième impulsion. Des questions qui se rapportaient davantage à l’éthérique des plantes et aux forces formatrices en général furent posées par G. Wachsmuth et par l’auteur de ces lignes. A une question sur les maladies des plantes que je lui posai à cette époque, Rudolf Steiner répondit qu’en réalité ce n’est pas la plante elle-même qui est malade au premier chef « puisqu’elle a été formée à partir de l’éthérique, qui est sain », mais que l’environnement, en particulier le sol, peut devenir malade. Il fallait – dit-il – chercher la cause des prétendues maladies des plantes dans l’état du sol et de l’environnement dans son ensemble. (AFFIRMATION TOMBÉE SANS AUCUNE EXPLICATION…)

« C’est probablement Ernst Stegemann qui a reçu, au cours des années où se préparait le futur mouvement biodynamique, la plupart des indications concernant l’attitude que doit adopter l’agriculteur et les premiers pas à accomplir pour créer de nouvelles plantes cultivées.

« En 1923, Rudolf Steiner communiqua pour la première fois les mesures à prendre pour parvenir à la fabrication des préparations additives biologiques-dynamiques – et cela, sans autre explication, sous la simple forme d’une recette : « Faites ceci et cela ». Wachsmuth et moi, nous préparâmes alors la première préparation « 500 ».

Les premières cornes emplies de bouse furent donc enfouies pour la première fois au monde, mais le doute survint (sur l’endroit exact, seulement !) « On creusait, on creusait… Le lecteur peut se représenter que nous transpirions non pas seulement en raison de l’effort à faire pour creuser, mais encore beaucoup plus de savoir que nous dilapidions le temps précieux de Rudolf Steiner. Celui-ci s’impatienta d’ailleurs et s’apprêtait à s’en aller en indiquant qu’il devait être de retour à l’Atelier[5] pour cinq heures. A cet instant, la bêche heurta la première corne de vache. Steiner fit demi-tour, demanda que l’on remplît un seau d’eau et montra ensuite comment il fallait disperser et remuer le contenu de la corne dans l’eau. Comme on n’avait sous la main que la canne de l’auteur de ces lignes, c’est d’elle qu’on se servit pour remuer. Il importait avant tout à Rudolf Steiner de montrer comment il fallait remuer l’eau énergiquement, former un entonnoir et changer rapidement de sens de rotation, c’est-à-dire comment se forme un tourbillon à force de remuer énergiquement. Il ne fut pas question de remuer avec la main ou avec une branche de bouleau. Il indiqua encore brièvement la façon particulière de répandre la préparation que l’on a remuée et pour quelle surface (il montra d’un geste de la main le jardin) il fallait utiliser la quantité dont on disposait. Ainsi s’était achevé le processus mémorable qui devint le moment où naquit un mouvement agricole qui s’étend au monde entier…

« Le fait que souvent quelques phrases ou un paragraphe du Cours d’agriculture ‘ suffirent à eux seuls à constituer le fondement du travail d’une vie entière d’agriculteur ou de chercheur en biologie témoigne de la concentration avec laquelle Rudolf Steiner procédait pour donner ses orientations directrices. C’est pourquoi on ne peut étudier ces orientations trop à fond et on n’a besoin d’y ajouter aucune finasserie, mais on peut se laisser guider entièrement par ce qui est exposé ; c’est-à-dire qu’il suffit d’exécuter les indications proposées. Steiner décrivit un jour, dans une autre situation très grave, mais avec un sourire plein de compréhension, que l’on trouve au cours de l’évolution du travail anthroposophique deux types d’êtres : les anciens, qui, certes, comprenaient tout… Mais ensuite, il ne se passait rien. Les plus jeunes qui exécutaient sur le champ ce qu’ils n’avaient pas compris ou compris à moitié. Il est clair que dans le mouvement agricole nous avons pris la voie des jeunes qui devaient apprendre à la dure école de la réalité. »

« attitudes que DOIT adopter l’agriculteur », « les mesures à prendre« , « sous la simple forme d’une recette, faites ceci et cela« , il montra comment il FAUT disperser », « comment il FALLAIT remuer l’eau », « il indiqua la façon particulière de répandre », « il suffit d’exécuter les indications proposées » : IL S’AGIT BIEN DE LA RÉVÉLATION D’UN DOGME A APPLIQUER, religieusement.

En conséquence, « quelques phrases ou un paragraphe (DE LA BIBLE LAISSÉE PAR LE MAÎTRE) suffisent à eux seuls à constituer le fondement du travail d’une vie entière » (même si on n’a compris qu’à moitié).

Pour donner ses prescriptions impératives, aucune expérimentation ne fut nécessaire à R. Steiner : « A la question de savoir si l’on devait entreprendre une expérimentation pour introduire la nouvelle méthode, il répondit de la façon suivante : « Ce qui importe avant tout, c’est d’apporter à des surfaces les plus grandes possibles sur la terre entière les bienfaits des préparations afin de guérir la Terre et d’améliorer dans une très large mesure la qualité nutritive des récoltes. C’est à cela qu’il fallait veiller. Quant à l’expérimentation, on pourrait toujours la faire plus tard. » Apparemment, il pensait qu’il fallait s’engager tout de suite dans les voies proposées ». VOIR COMMENTAIRES PLUS LOIN.

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B) ET LA DIVISION COMMENÇA ! « ce n’étaient pas des hommes libres qui se faisaient face au sein de la Société anthroposophique, mais des hommes aveuglés par la méfiance, la jalousie et la soif de pouvoir »

SELON«  Jules et Alice Sauerwein et l’anthroposophie en France » avec des esquisses biographiques sur Édouard Schuré, Mabel Collins,  Simonne Rihouët-Coroze, Elsa Prozor-Auzimour   Irène Diet – 1999-2000 – pdf 5.919 Ko – 390 p.

« Prévoyant les combats a venir, Rudolf Steiner avait signalé au cours d’une conférence qu’il donna un 6 février, le 6 février de l’année 1923 à Stuttgart, à quel point la Société anthroposophique avait eu à souffrir du fait que l’on n’ait pas accordé plus d’attention a sa « Philosophie de la liberté » , qu’on l’ait lue comme on lit n’importe quel livre. « A travers ce détour par la Société anthroposophique, l’anthroposophie ne pourra être alors que totalement incomprise par le monde ! Il ne pourra en résulter que conflit sur conflit », s’exclama-t-il.

« Après sa mort, il devint clair que la Société anthroposophique n’était pas composée en majorité d’individus autonomes, mais d’individus agissant en fonction du groupe. Il suffit de lire les procès- verbaux de réunions pris en sténo par Lilly Kolisko pour se rendre compte à quel point les opinions étaient alors tranchées et combien rares étaient les personnes qui parvenaient a garder leur indépendance d’esprit. Une sorte d’âme-groupe liée à des formes anciennes du développement de l’humanité se mettait en travers de ce que Steiner a appelé, faisant référence au développement futur de l’humanité, le moi christianisé. L’assemblée générale qui se tint à Dornach le 6 février 1926 — à nouveau un 6 février ! —, n’entraîna pas, comme l’avait craint Lilly Kolisko, l’éclatement de la Société anthroposophique (celui-ci ne devait se produire que neuf ans plus tard), mais il apparut très clairement dés cette époque que les personnes qui prirent part a cette assemblée n’agissaient pas selon les principes moraux dont parle Rudolf Steiner dans sa Philosophie de la Liberté. Au chapitre 9 de cet ouvrage on peut lire : « La différence entre moi et mon prochain ne réside absolument pas en ce que nous vivons dans deux mondes d’esprit absolument différents, mais en ce qu’il reçoit du monde d’idées qui nous est commun d’autres intuitions que moi. Il  veut déployer la vie de ses intuitions, moi celle des miennes ».

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On voit à quel point l’invitation gœthéenne faite aux jardiniers par le Mouvement d’agriculture biodynamique :« La biodynamie s’appuie sur des concepts tels les forces de vie et l’être de la plante. L’approche gœthéenne (d’après les travaux scientifiques du grand écrivain allemand)  poursuivies par Rudolf Steiner permet de comprendre et d’approcher ces concepts« , cherche surtout à masquer son origine ésotérique, due à la SEULE intuition personnelle d’un Steiner qui la défendait jalousement contre l’intuition d’autres que lui.

La moindre sincérité du MABD eut été de montrer que les concepts de la BD sont dus à la seule intuition d’un voyant en relation avec des mondes supérieurs qu’il a été seul à pratiquer. Toute vérification expérimentale lui était personnellement inutile : il la renvoyait à ses disciples ultérieurs, placés, en cas d’expérimentation, devant le dilemme intenable, soit de confirmer les visions du Maître, soit de les infirmer dans leur totalité ! ON COMPREND POURQUOI TOUTE EXPÉRIMENTATION RÉALISÉE PAR LE MOUVEMENT ANTHROPOSOPHIQUE DOIT ÊTRE CONSIDÉRÉE COMME « biaisée » : ON NE PEUT CROIRE QU’IL  SE TIRE UNE BALLE DANS LE PIED ! (et ces « recherches » sont extrêmement nombreuses !)

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Mais notre auteur continue : « Hélas, ce n’étaient pas des hommes libres qui se faisaient face au sein de la Société anthroposophique, mais des hommes aveuglés par la méfiance, la jalousie et la soif de pouvoir, des hommes qui, par habitude ou par sympathie, abondaient dans le sens de l’un ou de l’autre, jugeant et condamnant sans connaissance réelle des tenants et des aboutissants.

« Les avis étaient très partagés, après la mort de Rudolf Steiner, sur la place a accorder au « comite ésotérique» qu’il avait mis en place. Les uns, a la tête desquels se trouvait Marie Steiner, reconnaissaient que le comité directeur, ainsi que la structure même de la Société anthroposophique, devaient être reformés, ceci afin d’empêcher que les personnes qui se trouvaient désormais à la place de Rudolf Steiner ne se croient investies des mêmes prérogatives que lui. Les autres considéraient, ce qui est compréhensible compte tenu du contexte de l’époque, que le comité ésotérique devait poursuivre ses travaux, Rudolf Steiner pouvant intervenir directement dans le cours des événements même après sa mort.

« Comme on peut le voir, les deux points de vue étaient justifiés.(ah ? même l’intervention post mortem de Steiner ?) Pourtant, malgré l’importance de cette question pour l’avenir de la Société anthroposophique, il n’a pas été possible de trouver un terrain d’entente. La méfiance, la jalousie, la peur et même l’appétit de pouvoir ont pris le dessus, contribuant a séparer les esprits en deux groupes antagonistes.

Des débats violents eurent lieu POUR LES DROITS DE PUBLICATION DES ŒUVRES de Steiner, allant jusqu’à l’appel aux tribunaux: « En confiant l’affaire aux tribunaux, aux autorités compétentes, pour reprendre ses propres termes, elle voulait empêcher « qu’il pût être fait un mauvais usage d’un acte quelconque qui aurait eu l’air d’un renoncement à la tâche et à la responsabilité [qu’elle avait] assumées vis-à-vis du Dr. SteineR ». Déjà, en 1928, elle avait écrit qu’elle ne se sentait en aucun cas affectée par l’opinion qu’on pouvait avoir d’elle(510). Ne reculant devant rien pour rester fidèle, à ses yeux,à Rudolf Steiner, elle allait jusqu’au bout de ses idées, … »

« En suivant, avec l’aide des documents, l’histoire de ces conflits jusque dans ses détails, on est frappé de constater à quel point ceux qui, au Gœthéanum, donnaient le ton semblent avoir manipulé les faits…..La décision qui fut prise durant l’année 1930 touchant Alice Sauerwein ne revêtait pas encore le caractère d’une exclusion définitive. Voici le contenu de la résolution qui fut votée le 27 décembre : « L’assemblée générale (…) déclare que le comportement de Mlle Sauerwein dans l’affaire des droits sur l’oeuvre de Rudolf Steiner, lesquels appartiennent exclusivement à Marie Steiner en tant qu’unique héritière, est contraire à l’état d’esprit anthroposophique et indigne d’un fonctionnaire de la Société anthroposophique. »

« Comme l’écrit Willem Zeylmans van Emmichoven(527), certaines personnes, considérant leur manière de penser comme la seule valable, s’érigeaient désormais en une « sorte d’instance suprême (…) autorisée à trancher entre la vraie et la fausse anthroposophie ». On prenait de plus en plus l’habitude de porter un jugement sur les autres et de considérer comme inférieur ce que l’on ne représentait pas soi-même. Une telle évolution nous apparaît plus problématique encore lorsqu’on la replace dans le contexte d’une époque où les nuages ne cessaient de s’amonceler dans le ciel politique. »


« TRANCHER ENTRE LA VRAIE ET LA FAUSSE ANTHROPOSOPHIE ! »  

Voilà l’éternel drame de toute révélation de nature irrationnelle, pour ne pas dire sectaire : contrairement aux découverts scientifiques soumises à de continuelles –et fructueuses– remises en causes, l’orthodoxie est ici jalousement conservée par des autorités autoproclamées, et en butte à toute sorte de déviances . Il y eut ainsi, dès les débuts, une association française, et une anglaise, concurrençant les allemandes, mais la zizanie continue ! :

De nos jours, une revue circule, qui semble une fronde au sein de la Sté d’Anthroposophie Française la SAF. On y voit contester l’absence de dialogue et le centralisme d’une SAF, défaillante, sclérosée, et soumise au siège mondial du Gœtheanum. Le nombre d’adhérents à la SAF aurait diminué de moitié de 1990 à 1997, l’AG de 1998 ne rassemblait plus que 117 sur 1300 adhérents.

« La bonne rentrée de « l’impôt » (sic) conditionne les chances d’avancement des « directeurs » nationaux vers des postes du Gœtheanum. L’argent nécessaire pour payer  » les exorbitants frais de déplacement des messieurs dames du Comité Directeur  » (C.D.) s’élèvent à 130 000 F (courrier n°22 novembre 1998), alors que le recouvrement des cotisations connaît depuis 1990 une chute de 25 % en raison de la perte d’adhérents. Dans Anthroposophie et Liberté n°21 (mai 1998), nous lisons que les adhérents sont exhortés à verser leur cotisation (1 500 F/an) sous peine d’exclusion, alors que les frais de déplacement de la direction sont très élevés, ainsi que les charges de copropriété (104 000 F). L’auteur estime qu’il y a là  » une dilapidation du patrimoine « . Il fait remarquer aussi que dans « les nouvelles  » (bulletin de la S.A.F.) de mars 1991, la direction explique que ces dépenses sont normales et que le déficit est dû aux cotisations en retard, sans jamais reconnaître là responsabilité du Comité de Direction .

Ainsi l’auteur conclut : les membres de la S.A.F. sont réduite à de simples contribuables et poursuit  » L’actuel Comité Direction aggrave le processus de marginalisation de la S.A.F. par sa rigidité arrogante et prétentieuse dans une pratique suicidaire de l’exclusion.
Seuls quelques riches oisifs pourront s’offrir égoïstement les coûteuses voluptés culturelles décrites dans Les nouvelles de mars 1998 « . Le congrès inaugural de la grande salle du Goetheanum en avril 1998 proposait une participation libre, mais avec un montant indicatif de 4 800 F. L’auteur conclut :  » l’Anthroposophie, religion de luxe. Il sera dorénavant moins coûteux de suivre le pape « .

On peut encore lire le long article écrit en 1993 par Wilfried Heidt “ La Société Anthroposophique Générale doit-elle être fondée à nouveau ? ”, exposant toutes les déviations survenues depuis la mort Steiner. Ou encore sur une bagarre autour des statuts : « Les Membres l’ont exigé » deWalter Brunner (Bazler Zeitung, du samedi 19 mars 2005.

  Plus récemment on rappellera le « dézinguage » de cette Maria THUN, glorifiée durant des dizaines d’années pour son Calendrier Planétaire, et son « invention » d’un compost de bouse additionné de…coquilles d’œufs pour arrêter les remontées radioactives dans les plantes. Son crime fut de proposer une modification de la méthodologie steinérienne, à l’époque où la crise de la vache folle interdisait l’usage des organes bovins nécessaires à la maturation des préparats. Elle affirmait –oh scandale–avoir vérifié la possibilité efficace de remplacer ces organes par les tiges évidées de certains arbres convenablement choisis. Le Gœtheanum prétend maintenant que le calendrier est «le symptôme  d’un affaiblissement du mouvement biodynamique». Alors que le Mouvement d’Agriculture Biodynamique en rajoute en estimant « un peu dramatique » que la biodynamie ait été rendue « lunaire » par Maria Thun ! (voir à ce sujet mon article « Du rififi dans l’anthroposophie »).

Mais chacun en sait assez, je pense,  pour refuser de s’engager dans une méthode agricole sans aucune base scientifique, ni vérification expérimentale sérieuse, issue d’un cercle dogmatique aux pratiques sectaires !

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