STEINER PROPHÈTE : sous le contrôle bienveillant d’une aristocratie spirituelle, la « tripartition sociale » sauvera l’humanité …

STEINER PROPHETE

 

OÙ VEUT NOUS MENER L’ANTHROPOSOPHIE ?

La question devient d’actualité puisque nous avons deux grands personnages atteints par cette gnose sous sa forme biodynamique, une gloire médiatique, Rabhi, et la Ministre de la Culture, Mme Nyssen.

L’anthroposophie nous décrit une vision du monde aux prises avec des entités contradictoires ( je ne chercherai pas à développer l’immense production de Steiner à ce sujet, mais seulement d’en présenter un schéma, en évitant toute caricature) J’emprunte la 1re partie au site « SOSDiscernement »

LE MONDE INVISIBLE SERAIT HABITÉ PAR DES ENTITÉS ADVERSES Lucifer et Ahriman

Ainsi le Christ cosmique maîtriserait Lucifer et Ahriman dans leur opposition pour maintenir l’équilibre intervenant dans le développement de l’humanité.

Les forces lucifériennes auraient une action expansive, centrifuge, dilatoire, dissolvante et calorique, tandis que les forces ahrimaniennes auraient une action contractante, durcissante, centripète et réfrigérante. les forces lucifériennes selon cette vision, dans l’organisme humain, auraient un certain rapport avec les maladies de type inflammatoire, microbienne, tandis que les forces ahrimaniennes seraient liées aux maladies sclérosantes, paralysantes et virales. La santé résulterait ainsi de l’équilibre dynamique entre ces deux tendances.

LES PROPHÉTIES DÉLIRANTES DE R.STEINER

 Voici quelques-uns des innombrables délires de Rudolph Steiner qu’il prophétise de manière péremptoire à un auditoire hypnotisé par sa force de persuasion. Il professe l’incarnation d’Ahriman au début du troisième millénaire, la venue du Maitraya Bouddha, l’apparition du Christ dans le monde éthérique à partir de 1933, l’avènement dans le monde anglo-saxon d’une nouvelle technologie basée sur l’utilisation des forces éthériques pour remplacer le pétrole, la prochaine réincarnation de Manès.

Croyance en la future incarnation d’Ahriman, venant après celle du Christ et de Lucifer (la date n’est jamais précisée clairement et oscille entre un événement imminent ou prévu pour le 3e millénaire) ; ou la « culmination anthroposophique » censée avoir commencé depuis la fin du siècle dernier et marquer le triomphe culturel de l’Anthroposophie ; ou qu’à partir d’une certaine époque l’organe de reproduction de l’être humain ne sera plus le sexe, mais le larynx.

Croyance en l’existence de deux groupes d’âmes élues que Steiner nomme les « Platoniciens » et les « Aristotéliciens ». Croyance en des rythmes qui viendraient régler l’histoire de l’humanité (comme celui des 33 ans et celui des 666 ans, notamment). Croyance en une évolution réglée par des cycles régis par le nombre sept. Croyance en l’existence des continents engloutis de l’Atlantide et de la Lémurie.

Chacune de ces croyances a donné lieu à des développements et des commentaires considérables de la part de Rudolf Steiner et de ses successeurs, dans le but de les présenter comme des vérités de la Science Spirituelle et non précisément comme des croyances.

Au sein de la Société Anthroposophique, la fascination exercée par ces élucubrations sans fondement demeure intacte et est cultivée religieusement

NOUS VIVONS SOUS LES PIRES MENACES SPIRITUELLES

selon un anthroposophe contemporain  (Les traductions de Daniel Kmiecik − www.triarticulation.fr/AtelierTrad)  « le chemin peut s’ouvrir vers l’expérience du Christ dans le temps présent. Et ceci s’avère essentiel pour que l’être humain puisse aussi résister aux tentations des puissances asuriques qui le harcèlent avec une force à chaque fois plus grande et, depuis 1998, aussi au Démon solaire lui-même. Pour lutter contre ces entités beaucoup plus puissantes que celles lucifériennes et ahrimaniennes, l’être humain a besoin de l’aide du Christ.

« Lucifer et Ahriman veulent séduire l’être humain pour le subjuguer, principalement afin de l’utiliser, lui — et par conséquent aussi tout le développement terrestre — à leurs fins propres. Autrement dit, ils veulent emporter l’être humain au royaume qu’eux-mêmes érigent dans le Cosmos et que l’occultisme appelle la « huitième sphère » (voir aussi plus loin). Les esprits asuriques et les démons de Sorath, au contraire, n’essayent pas de subjuguer l’être humain mais de le détruire complètement en tant qu’une entité Je-éique1. Pour cela, à son niveau de développement actuel, l’être humain a besoin d’aide pour pouvoir lutter contre eux. Cette aide devient possible seulement si l’être humain a atteint en lui l’équilibre que nous venons de décrire, lequel constitue à notre époque la porte vers le royaume du Christ… »

(…) « Aujourd’hui ces paroles apparaissent encore en grande mesure comme un idéal futur. Les véritables Mystères manichéens se révèleront seulement à l’humanité quand le courant Rose-Croix, dont la forme contemporaine est représentée par l’anthroposophie, aura accompli sa tâche. Cependant, l’anthroposophie, en plus d’accomplir sa mission principale d’ouvrir à l’humanité un accès nouveau et conscient vers les mondes supérieurs, est appelée déjà dès aujourd’hui à montrer le chemin…

La grande décision de l’humanité :

ELLE SE CONFRONTE AUJOURD’HUI À  une alternative exceptionnellement grave.

 « Une des possibilités consiste à se décider pour la science spirituelle moderne, pour atteindre avec son aide un équilibre entre les forces lucifériennes et ahrimaniennes dans son être propre et s’élever ensuite à l’expérience vivante du Christ éthérique avec l’aide de la « clairvoyance intellectuelle ».

« L’autre possibilité mène vers le développement opposé : une soumission intérieure complète aux puissances lucifériennes et ahrimaniennes, qui permettra aux esprits asuriques et à Sorath d’entrer dans l’âme humaine en leur ouvrant ainsi un accès à la civilisation terrestre.

« En se référant à notre époque, le passage du 20ème au 21ème siècle, Rudolf Steiner s’adressait en réalité aux anthroposophes d’aujourd’hui quand il déclara en 1924 : «Et au cours du déroulement de ce siècle, lorsque le premier siècle aura passé après la fin du Kali Yuga, (***) l’humanité se trouvera devant la tombe de toute civilisation ou bien au commencement d’une nouvelle époque dans laquelle, dans les âmes des êtres humains qui auront fait la synthèse entre l’intelligence et la spiritualité, aura lieu la lutte de Michel en faveur de son impulsion »

QUI EST CE MICHEL, « esprit de notre époque » ?

—« Michel, l’esprit de notre époque. Il est régent dans son époque qui se terminera approximativement dans deux cents ans à partir d’aujourd’hui, quand l’humanité aura à choisir entre ces deux directions. La mission actuelle de Michel, en ce moment décisif de l’évolution mondiale, consiste précisément à venir en aide aux êtres humains pour choisir correctement et mener à bien l’impulsion de Michel vers la victoire dans la civilisation actuelle. »

« Afin que le Mouvement Anthroposophique (en tant que courant michaélique formé dans le monde spirituel) puisse absolument se tourner vers sa mission propre – Steiner décrit cette mission comme le combat contre le danger que l’humanité, subornée par le « dieu des ténèbres Mammon, puisse succomber irréversiblement à la puissance ahrimanienne – il était devenu indispensable d’intégrer les forces de ce mouvement dans une société anthroposophique et de conduire celle-ci spirituellement à partir de ce mouvement. » On peut lire « les symptômes de l’incarnation d ‘Ahriman »et aussi comment lutter contre les adversaires de Michel ! Et encore comment le débat climatique prépare l’incarnation du méchant Ahriman…Toutes publications récentes des penseurs anthroposophes.

et encore dans :  “ La Société Anthroposophique Générale doit-elle être fondée à nouveau » par  Wilfried Heidt (*) Cet anthroposophe se dit, en 1997, déçu que sa société n’ait même pas consacré à cet objectif, le millième de son budget  et il rappelle les injonctions du Maître: « Pour entreprendre une telle tâche, les déclarations suivantes de Rudolf Steiner, devraient nous inspirer: On ne doit pas se représenter la Dreigliederung (=tripartition sociale ») comme une sorte de programme à mettre en place de manière utopique et dire que l’on doit ordonner les chose selon une organisation triple. On les organise au mieux, lorsqu’on comprend que dans toute institution de la vie, la Dreigliederung est implicitement contenue et qu’on saisit comment on peut organiser les choses pour que la Dreigliederung en soit le fondement” (13 juin 1921). – “On travaille au fond concrètement, lorsque toutes les institutions raisonnables fonctionneront selon la Dreigliederung ” (5 février 1924). – “Finalement, il dépend uniquement de l’introduction de l’impulsion de la Dreigliederung, dans tout ce qu’on peut observer et organiser dans la vie, pour que les forces de déclin présentes dans l’évolution humaines puissent être métamorphosées en forces d’élévation.” (2 avril 1923).

Mais la déception n’est plus de mise puisqu’un colloque a mis la tripartition à son programme le 11 octobre 2014 (Questions ouvertes de Dreigliederung sociale – Compte rendu au sujet du colloque du 11 octobre 2014 par le Pr André Bleicher) rassemblant de nombreuses organisations anthroposophiques (**), ce qui prouve l’importance accordée à cet objectif politique.

La Tripartition « devra être considéré comme l’unique salut, comme la réelle sauvegarde de l’humanité. »

« Rudolf Steiner considérait la totalité. Il ne pensait pas alors à la formation « d’oasis » ou « d’îlots d’humanité », une idée qu’on trouve défendue aujourd’hui au sein du milieu anthroposophique, comme étant soi-disant l’unique possibilité d’une action sociale porteuse d’avenir. Il désignait du doigt l’indispensable et disait: “Il s’agit d’une grande affaire, d’une affaire colossale, il s’agit que la mission terrestre n’échoue pas” (18/19 juillet 1924, 18 juillet 1920). Et même s’il ne l’a pas répété ceterum censeo jusqu’à son dernier souffle, il n’en est pas moins vrai qu’un rôle-clef revient en cela à la tâche de réaliser la Dreigliederung de l’organisme social :

L’humanité”, comme il l’explique à ses auditeurs, par exemple à Dornach le 9 août 1919, en donnant carrément un ultimatum, “ne pourra plus continuer d’avoir voix au chapitre, sans aménager son organisme social dans le sens de la Dreigliederung. Cela devra être considéré comme l’unique salut, comme la réelle sauvegarde de l’humanité. »

CE QUI NE VA PAS SANS RAPPELER LES DÉLIRES DES SECTES APOCALYPTIQUES

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(*) (Was in der anthroposophischen Gesellschaft vorgeht N°46, 16 février 1997 (Traduction Daniel Kmiecik relue par Fred Six)

((**) étaient présents : l’Institut pour les questions sociales actuelles, le centre culturel d’Achberg, l’Institut pour la Dreigliederung de Berlin, le Séminaire Bad Boll pour un ordre de liberté, la Fédération Action de Démocratie directe et l’Institut Lorenz Oken Herrischied, sans parler des « écoles de la Dreigliederung ».

(***) L’année 1899 marque un nouveau « point de retournement », la fin du Kali Yuga, de « l’âge des ténèbres » et l’entrée dans « une nouvelle vie spirituelle de l’humanité » dont Steiner voyait l’annonce prophétique dans l’œuvre et la vie de Novalis

 

LA TRIPARTITION SOCIALE (Soziale Dreigliederung),  « réelle sauvegarde de l’humanité »

 ou littéralement structure triple, traduit aussi par tri-articulation, ou tripartition sociale. Je m’inspire maintenant de l’étude publiée sur veritestener.com qui donne la traduction de l’article de Peter Staudenmaier « la triple articulation du corps social de R.Steiner, et la pensée économique alternative », traduction de J.-F. Theys, 2015-2017.(*)

(*) Peter Staudenmaier, membre du corps professoral de longue date de l’ISE, (Institute for Social Ecology) enseigne également à l’Université Marquette de Milwaukee. Auteur de Between Occultism and Nazism: Anthroposophy and the Politics of Race in the Fascist Era .

« Ce que les enthousiastes de la triarticulation sociale ne réalisent souvent pas, c’est que les doctrines économiques et politiques de Steiner ont été développées dans un contexte historique particulier et qu’elles avaient une signification sociale très différentes à leur époque, une signification qui à bien des égards alignait la pensée anthroposophique avec plusieurs variantes de la pensée de droite, qui était courante dans la culture allemande du début du vingtième siècle.

Comme tout travail philosophique sérieux, le texte de Staudenmaier est quasi impossible à résumer, j’y renvoie le lecteur, en me limitant –mdh- à en souligner les différents points, avec l’impression de le « piller ».

« Les propres termes de Steiner pour cette théorie était “Dreigliederung des sozialen Organismus”, la structure tripartite de l’organisme social, une formulation qui met en évidence la conception sociale organiciste sous-jacente à la doctrine.  La théorie de la “tripartition sociale” considère que la société se compose de trois branches autonomes, la sphère économique, la sphère politique, et la sphère spirituelle ou culturelle. Selon Steiner, les trois domaines sont séparés les uns des autres, et chacun est régi par un principe fondamental différent : l’égalité dans le domaine politique, la fraternité dans le domaine économique, et la liberté dans le domaine culturel. De ces trois sphères, la sphère culturelle ou spirituelle est primordiale, et englobe un grand nombres des activités et des fonctions plus couramment associées à la sphère politique. »

L’auteur insiste sur le contexte historique des premières tentatives de mise en œuvre de l’utopie triarticulée, qui en mettent en évidence le soubassement idéologique.

« La “triarticulation sociale” tire ses origines de la réponse de Steiner à la Première Guerre mondiale. »  « la Première Guerre mondiale ne s’est pas terminée par la victoire allemande que ses partisans espéraient, et les changements sociaux de grande envergure qui ont balayé l’Allemagne et l’Autriche, dans le sillage de la défaite, ont incité à une réévaluation des priorités anthroposophiques. Cela a conduit à la naissance des écoles Waldorf, de l’agriculture biodynamique, et à l’approche anthroposophique particulière de l’économie et de la politique que Steiner appelait la “triarticulation sociale”.

« [L’] imbrication thématique entre l’anthroposophie et la droite et les thèmes nationalistes a été un facteur important de la relation complexe du mouvement anthroposophique et du courant culturel et politique à multiples facettes connu comme le milieu völkisch. Cette relation turbulente fournissait le contexte intellectuel pour l’émergence et le déploiement de la théorie de la “triarticulation sociale” que Steiner a commencé à développer en 1917. » Profitant de l’hégémonie allemande sur le front de l’Est, Steiner a d’abord adressé ses premières propositions de tripartition à une série d’aristocrates allemands et autrichiens, et à des responsables militaires et politiques (en vue d’accroître les gains territoriaux !). Après l’échec, Steiner se tourna, en 1918, vers le nouveau Chancelier de l’Allemagne impériale, Maximilien de Bade. Puis il fit la promotion de son utopie auprès des industriels et des chefs d’entreprise ainsi qu’auprès du public prolétarien dans les conseils ouvriers nouvellement formés.  « Il rejetait la démocratisation des usines et maintenait que l’économie ne devait pas être gérée par les “travailleurs manuels”, mais plutôt par des “travailleurs spirituels” qui administrent la production. »

« Le mouvement de la triarticulation sociale atteignit peut-être le sommet de sa notoriété publique lors de la controverse acrimonieuse concernant la Haute-Silésie en 1921.(…)Du point de vue de Steiner, le résultat malheureux de la campagne de Haute-Silésie signifiait que la mission allemande avait une fois de plus été empêchée. L’épisode de Haute-Silésie confirma le mépris de Steiner pour la Société des Nations, à laquelle il était opposé dès le départ, et renforça son sentiment que l’Allemagne était coincée entre l’Ouest sans âme et l’Est collectiviste. »

« Tripartition sociale et esprit anti-démocratique Un aspect crucial de la “tripartition de l’ordre social” est que ni le domaine économique, ni le domaine culturel, ne doivent être organisés démocratiquement ; les dispositions et les procédures démocratiques ne sont autorisées que dans le domaine politique sous une forme quelque peu atténuée. Même au sein de la sphère politique, l’attitude de Steiner vers la démocratie était souvent fortement négative ; en octobre 1917, par exemple, il se moque des “institutions démocratiques” qu’il considère comme des outils au service des “puissances des ténèbres” lesquelles tirent toujours les ficelles derrière la scène.

« La démocratisation des usines était quelque chose à laquelle il [Steiner] était opposé par principe. Le gestionnaire devait être capable de prendre ses propres dispositions sans ingérence.” À ces égards, le modèle de Steiner équivaut à une variété “éclairée” de la propriété privée et de la gestion hiérarchique sous le contrôle bienveillant d’une aristocratie spirituelle. Ces enseignements sont peut-être mieux compris non pas comme une alternative aux systèmes économiques établis, mais comme une version plus gentille, plus douce des institutions actuelles, une forme de capitalisme à visage humain. Combinée avec les théories anthroposophiques sur la race et l’ethnicité, et la relation historique complexe entre l’anthroposophie et la politique de l’extrême-droite, la vision de Steiner d’un société triarticulée mérite un examen critique approfondi de ceux qui recherchent une véritable transformation de l’ordre social, politique et économique existant.

Conspirationisme et antisémitisme dans la doctrine de la Tripartition sociale

« Si c’est à cela que ressemblait la triarticulation sociale dans la pratique, que dire de la théorie elle-même ? Beaucoup de ceux qui se sont intéressés aux enseignements économiques et politiques de Steiner ont trouvé des éléments variés dans cette théorie comme source d’inspiration, sans se soucier de la forme historique qu’ils ont effectivement pris à l’époque de Steiner.  À cet égard, les admirateurs de la pensée économique anthroposophique peuvent être comparés aux admirateurs d’aujourd’hui d’autres soi-disant réformateurs de l’économie comme Henry George aux États-Unis, C.H. Douglas en Grande-Bretagne, ou Silvio Gesell en Allemagne.

« Les anthroposophes ont eux-mêmes attiré l’attention sur les affinités entre les travaux de Steiner et le mouvement pour le “crédit social” lancé par Douglas.  Ce qu’ils oublient de mentionner est que Douglas a basé ses théories économiques sur le faux document antisémite “Les Protocoles des Sages de Sion”.  En plus de cette désagréable compagnie, la triarticulation sociale présente aussi des parallèles avec le phénomène du “producerism” [idéologie de la production ndt.] qui a été analysé avec perspicacité dans l’excellente étude de Chip Berlet et de Matthew Lyons, Right-Wing Populism in America (New York : Guilford, 2000).
Tout en trouvant facilement des affinités avec les visions du monde conspirationnistes, antisémites, et de droite, le modèle de l’organisation tripartite de Steiner dénonçait fréquemment les approches économiques alternatives communautaires, que ce soit sous la forme de démocratie économique, de socialisme non-étatique, de tendances conseillistes, d’autogestion, ou autres efforts radicaux de lutte contre le capitalisme. Beaucoup d’anthroposophes ont considéré ces efforts comme des versions dangereuses du “matérialisme” menaçant l’importance spirituelle de la tripartition sociale.

Comme d’habitude,  « La propre position de Steiner était souvent ambivalente et par moment absolument contradictoire ; beaucoup de ses volumineux écrits sur les sujets économiques sont vagues, incohérents et parfois obscurs » (….)Malgré cette incohérence interne, il est possible de discerner un plan plus ou moins cohérent dans la vision économique de Steiner. À bien des égards, cette vision représente une défense spirituelle du capitalisme, de la propriété privée, des mécanismes de marché, et de contrôle par l’élite de la production. » (…) Comme mentionné antérieurement, un principe central de la triarticulation sociale est que la sphère économique ne doit jamais être organisée ou gérée démocratiquement. Selon les propres paroles de Steiner : “Pour l’amour de Dieu, pas de démocratie dans le domaine économique”. Steiner ainsi pestait contre le socialisme (et pas seulement contre ses variantes marxistes) et rejetait la socialisation de la propriété (et pas seulement la nationalisation). Dans une république triarticulée à part entière, Steiner prévoyait une méritocratie spirituelle dans laquelle au “plus capable” on donnerait le contrôle sur les ressources économiques, et il rejetait avec véhémence l’idée de tempérer cette disposition par une surveillance communautaire. (…) Dans ce système, “LA VIE SPIRITUELLE DEVRAIT ÊTRE LIBÉRÉE ET OBTENIR LE CONTRÔLE DE L’EMPLOI DU CAPITAL,” en fait, “une utilisation totalement libre du capital.”

VOILA DONC CE QUI NOUS ATTEND SI L’ANTHROPOSOPHIE CONTINUAIT A SE DÉVELOPPER SOUS SES AVATARS cachés DE L’ÉCOLE, DE L’AGRICULTURE, OU DE LA BANQUE !

VOUS AVEZ DEVINÉ QUI SERAIT CETTE AUTORITÉ SPIRITUELLE ?

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