CONTRACEPTION, AVORTEMENT, EUTHANASIE : l’opposition politique des Anthroposophes

Après le faux-nez, le bout de l’oreille

ÆTHER est une initiative récente de DAS GOETHEANUM, hebdomadaire de langue allemande fondé par Rudolf Steiner et Albert Steffen en 1921.

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ÆTHER « Avec cette publication, il nous tient en particulier à cœur de montrer au public francophone que la voie proposée par la démarche de pensée anthroposophique n’est pas une curiosité spiritualiste, ni un phénomène new age. (ah ! bon…) Elle aspire à être au contraire une démarche rigoureuse (!) et en lien avec son époque, large dans ses points de vues et précise dans ses méthodes. Lorsqu’elle est approfondie activement, cette voie peut aider à trouver un chemin intérieur cohérent pour avancer dans la pulsation chaotique et contradictoire de notre époque. En savoir plus: Anthroposophie sur Wikipédia. » (le comique est dans le passage « Caractère  Pseudo-scientifique »).

Dans « ENJEUX DE L’ANTHROPOSOPHIE AUJOURD’HUI », publié le 11 oct 2017, intervient János Darvas philosophe, enseignant en histoire, littérature, religion et pédagogie. À partir de 1999, il collabore à la revue « info 3 »— ‹Anthroposophie im Dialog› et  est correspondant de l’hebdomadaire Das Goetheanum (Suisse).

L’auteur appelle à un changement de culture PAR LA MÉDITATION, comme accès aux mondes supérieurs, qui, selon lui — j’en reparlerai (*)— sont dans la « sphère de la… réalité ».

(*) voir en fin de cette page « LE BLUFF DE LA MÉDITATION PHÉNOMÉNOLOGIQUE »

« Transformer la culture: un changement de conscience

« La dépendance envers la déformation virtuelle (?) du monde ne peut être vaincue durablement que par une activité spirituelle. Parvenir jusque dans cette sphère de réalité, jusqu’à sa vitalité fortifiante et libératrice, est une tâche socio-pédagogique de premier ordre, une tâche qui vise, au fond, une nouvelle culture méditative.

« Ici se trouve justement un potentiel concernant la question d’une anthroposophie réellement transformatrice de la culture. La pratique méditative est effectivement un facteur culturel en croissance permanente.

« L’anthroposophie propose quelque chose d’absolument radical sur ce sujet, car son exigence scientifique, basée sur la phénoménologie de la conscience évoquée plus haut, se nourrit de part en part de la méditation. En tant que science de la méditation, elle s’engage dans la recherche fondamentale qui touche à la scientificité elle-même, pas seulement à la psychologie et la psychophysiologie.

« Elle propose aussi les résultats concrets d’une recherche spirituelle concernant toutes les disciplines scientifiques reconnues: sciences naturelles, sciences humaines et sociales, jusqu’en mathématique et en théologie. (pensez aux « résultats concrets » tels que le moteur « spirituel » étudié en vain durant 20 ans, sur la foi des « méditations » du Maître ! ou encore en agriculture aux poivres, traitements très dilués de cendres des organismes à détruire ou éloigner ! Sans parler des « résultats concrets » en matière d’astronomie, complètement en dehors de la réalité découverte de nos jours …)

 

« ON EST LES MEILLEURS, MAIS PAS PLUS FIERS POUR ÇA »

« Aucun autre mouvement n’a su produire cela jusqu’à aujourd’hui. Qu’il s’agisse des aspirations du Dalaï-Lama en vue de rapprocher les sciences modernes et les enseignements du bouddhisme ou des grandes synthèses de la spiritualité intégrale proposées par un Ken Wilber, elles n’arrivent pas au niveau des apports fournis par les résultats des recherches en science de l’esprit, sans parler des domaines d’application dans la pédagogie, la médecine, l’agriculture… Il s’agit d’abord d’une simple constatation qui ne doit aucunement diminuer la valeur de ces aspirations. Elle n’autorise par ailleurs aucun sentiment de supériorité.

MAIS LA PRÉÉMINENCE DE R.STEINER cause la faiblesse de l’anthroposophie !

« cette force de l’anthroposophie se révèle justement être aussi, lorsqu’on y regarde de plus près, sa faiblesse fondamentale. Car la quantité d’impulsions et de contenus, puisés si loin, si profondément et intensément dans les dimensions cachées de l’existence, ( tu parles !) ainsi que les conséquences pratiques pour l’action culturelle concrète et transformatrice du monde, reposent aujourd’hui encore dans une large mesure sur les capacités exceptionnelles de son fondateur, Rudolf Steiner

Certes, tempèrent les bons apôtres, il ne faudrait pas exagérer en prétendant que les anthroposophes s’en remettent continuellement à l’autorité du grand maître sans apporter suffisamment leurs propres opinions et facultés (il suffit de voir l’accueil des innovations de Mme Thun !).« mais entre les directives de Steiner et les performances des chercheurs anthroposophes, qui, (…), restent comparativement limitées, le décalage saute aux yeux. » (sic)

Faut-il alors  attendre un nouveau Gourou ?

« Certains espèrent parfois avec mélancolie qu’un nouveau grand maître apporte enfin des avancées actualisées.(…) mais rassurez-vous le nouvel illuminé n’en rajouterait pas à toutes les révélations anthroposophiques ! (il y en a déjà beaucoup trop ! ) : « Un maître de l’humanité, qu’il soit nouveau ou qu’il revienne, se garderait très certainement d’alimenter encore une fois, par ses capacités et connaissances, un simple savoir anthroposophique encyclopédique portant inéluctablement aux plus grandes méprises et à une croyance en l’autorité qui persiste encore aujourd’hui de manière latente. »

LA GRANDE ILLUSION : LES UNIVERSAUX DE LA MÉDITATION

Selon l’auteur, « un ancrage de la pratique méditative moderne au point de croisement du développement individuel, de la culture scientifique et de la pratique sociale peut aussi avoir de l’importance pour d’autres ; deuxièmement, parce qu’il existe des universaux de la méditation qui veulent aujourd’hui porter leurs fruits par-delà les écoles, les méthodes et les conceptions« . En fait d’universaux de la méditation, on constate plutôt  la multiplicité des écoles méditatives et de leurs « résultats »: il suffit de se souvenir comment R.Steiner avait abandonné les Théosophes (pour un différent au sujet de la réincarnation du Christ), après avoir été du rite ésotérique Yarker, et de la « franc-maçonnerie ésotérique » qu’il avait d’ailleurs fondée ! En fait chaque « méditant occulte » tire la couverture à lui… ayant découvert la (sa) vérité.

RELIGIONS ET POLITIQUE : Une TROISIÈME FORCE anthroposophique entre conservateurs  et « égarés de la modernité » ?

« La lutte entre le laïcisme radical et la religion autoritariste engagée depuis les Lumières n’est manifestement pas achevée. Que cela aboutisse à un «choc des civilisations», non pas entre des régions et territoires, mais à travers eux, au niveau mondial, entre un camp conservateur-religieux et un camp antireligieux-progressiste, ou que des ponts puissent être construits, cela dépend des possibilités d’action d’un troisième groupe: les «créatifs culturels», comme ils sont parfois appelés.

« Pour eux, la religion et la liberté ne sont pas seulement compatibles, bien plus, dans les couches profondes d’une véritable contemporanéité, ils sont inséparables. Ces «créatifs culturels» peuvent avoir de la compréhension pour la réaction de défense des conservateurs face aux égarements débridés des tendances déshumanisantes de la modernité, mais ils doivent aussi rejeter un retour aux principes autoritaires dans les mentalités et les communautés. Ils partagent les principes de liberté représentés par les progressistes, mais identifient ( ?) aussi leurs tendances antispirituelles et réductionnistes qui contredisent justement cette liberté. Cette troisième force ne peut cependant pas se structurer facilement dans un langage et des concepts fixes ou des stratégies d’action déterminées. (Pourtant ce qui se conçoit bien…) Beaucoup semble encore appartenir à l’avenir, mais les germes sont clairement présents. Et l’anthroposophie est sans aucun doute très proche de cette troisième force. »

« Les progressistes areligieux tout comme les religieux autoritaristes n’apportent pas de réponses satisfaisantes concernant les grandes controverses éthiques encore largement non résolues qui touchent directement au cœur de l’existence humaine: contraception, interruption de grossesse, euthanasie, transplantation d’organes, manipulation génétique. »

LES ANTHROPOSOPHES VEULENT INTERVENIR AU NOM DE LEUR « EXPÉRIENCE » « Aucune des deux tendances ne prend en compte le domaine d’expérience qui devient central et déterminant dans la recherche anthroposophique : la dimension de l’existence prénatale et post-mortem de l’être humain, allant jusqu’aux questions de réincarnation individuelle et de formation du destin.

« Par de telles perspectives, les grands problèmes éthiques de notre époque peuvent être envisagés tout à fait différemment, ce qui pourrait conduire à de nouvelles approches DANS LE CADRE LÉGISLATIF et les prises de décisions individuelles. Il n’est pas question de répandre ces points de vue comme des schémas de pensée en faisant de l’agitation. Beaucoup de questions concernant le «comment» restent ouvertes. Qui pourrait dire ce qu’il faut faire? Peut-être que l’important n’est pas d’avoir des «plans d’action». Ce qui est certain, c’est qu’il faudrait trouver des langages qui ne s’épuisent pas dans le jargon d’un groupe fermé de connaisseurs. Il faudrait chercher des formes d’action et des nouvelles formes de travail collectives par-delà les chemins battus. D’abord, chercher le chemin vers l’être humain, avec intérêt et compassion: une anthroposophie qui se met à l’épreuve dans le champ expérimental de la contemporanéité. Pas une anthroposophie qui propose des réponses toutes faites, mais une anthroposophie qui ose enfin prendre au sérieux son propre potentiel encore inexploité. »

INTERVENIR POLITIQUEMENT AU NOM DE LEUR EXPÉRIENCE ET NON DE LEURS CONVICTIONS RELIGIEUSES, c’est faire croire que leur méditation phénoménologique a abouti à des résultats indiscutables, établis quasi-scientifiquement et concernant « la dimension de l’existence prénatale et post-mortem de l’être humain, allant jusqu’aux questions de réincarnation individuelle et de formation du destin. » C’EST INADMISSIBLE.

LIRE : dans « LE BLUFF DE LA MÉDITATION PHÉNOMÉNOLOGIQUE », l’échec du dada des biodynamistes, la phénoménologie de Gœthe .

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2 réflexions au sujet de « CONTRACEPTION, AVORTEMENT, EUTHANASIE : l’opposition politique des Anthroposophes »

  1. je m ‘en garderai bien! Vous êtes mon seul anthroposophe contradicteur, alors que j’attendais à plus de discussion « philosophique ». Il n’y a pas de « censure », mais le refus de commentaires trop longs, ou qui chercherait à être désagréables.
    Je reviens au bluff de cette « nouvelle science alternative» issue de la phénoménologie goethéenne : comme science elle devrait nous faire connaître et comprendre, bref découvrir, de nouveaux aspects de notre monde. Or en fait de découvertes, dans le cas « goethéen », je ne vois que la description d’un archétype de LA plante, et le refus –erroné– de l’existence des couleurs. Faible bilan scientifique ! Et lorsque je regarde les « résultats » de la science de Steiner, je constate d’innombrables erreurs en astrophysique, et des recettes de traitements agricoles qualifiées « d’énigmes » –un siècle après, par les anthroposophes d’aujourd’hui.  Bien sûr, il nous reste encore a saisir les arrière-plans spirituels de la genèse des préparations et, en particulier, à comprendre l’énigme des enveloppes animales ». (selon Manfred Klett qui, de 1988 à 2001 dirigea la Section de l’Agriculture au Gœtheanum). Est-ce une science, cette entreprise qui ne repose que sur UN SEUL chercheur, dont les « découvertes » restent des énigmes pour ses propres adeptes, parce que seul il était initié ayant accès aux mondes suprasensibles ? Comment qualifier la récente recherche d’un moteur éthérique, ou la mise au point des conditions planétaires qui vérifieraient enfin le traitement par les poivres ?

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