Fake News biodynamiques…au ministère de la Culture

Jean-Michel FLORIN, qui parle ci-dessus, est un des anthroposophes à la source de l’établissement que Mme Nyssen à créé sous le nom d' »Université » sur son Domaine du Possible, pour y favoriser le développement de l’agro-écologie, dont la BIODYNAMIE, la méthode agricole des Anthroposophes.

C’est un choix logique puisque M.Florin est codirecteur de la Section d’Agriculture de l’Université libre de science spirituelle du Gœtheanum (à Dornach- Suisse). En outre, il est coordinateur du Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique, formateur, conférencier, écrivain et également co-rédacteur de la revue Biodynamis.

Dans cette vidéo, J-M FLorin nous présente l’alibi gœthéen sous lequel se masque l’ésotérisme occultiste, fondement même de la biodynamie anthroposophique : il s’agirait seulement de porter, comme le fit Goethe, un autre regard sur la réalité et d’acquérir « une autre méthode de connaissance, permettant d’accéder à des plans plus subtils ».

Nul besoin de grosses machine, ni de gros diplômes scientifiques  (en passant il nous fait le coup du mépris pour les intellos). Foin de la science moderne « qui donne de moins en moins d’images de la réalité » ! Goethe laisse tomber les machines : par le simple fait d’être vivant, une autre science serait possible, pas besoin de vison « clairvoyante », chacun pourrait y accéder. « C’est pas quelque chose d’occulte, c’est pas des révélations auxquelles il faudrait croire, c’est une science de l’esprit« .

Cela tombe à pic pour la biodynamie, méthode qui n’a toujours pas, un siècle après, fait preuve scientifiquement de son efficacité : il suffira donc de changer la science. (**)

N’est-ce pas merveilleux ? Sans effort, voici la connaissance à la portée de tous, « à la portée des pauvres pékins ». Comme cela doit passionner notre  Ministre de la Culture ! Pour elle aussi,  notre science est-elle « trop étroite » ? (*)

Ainsi, Steiner, père de la biodynamie, ne devrait pas être un épouvantail, il ne nous aurait rien révélé d’occulté, tout est à la porté de tous. Et c’est là que se révèle la manipulation mentale de l’anthroposophie : une fois la science rationnelle rejetée, le disciple est autorisé, que dis-je incité, à prendre ses fantasmes pour des réalités. (je dirais des vessies pour des lanternes, si ce n’était aussi tragique). Et à accepter les découvertes  du clairvoyant Steiner sans autre examen, puisqu’on lui a affirmé qu’il parviendrait aux mêmes résultats, « mais peut-être un peu plus lentement« . On en verra les conséquences dans ma prochaine page.

Eh bien, justement, observons par nous-mêmes : les préparations biodynamiques auraient-elles pu être découvertes par tout un chacun ?

—En fait –un siècle après– même les anthroposophes les plus informés parlent encore des « énigmes » laissées par Steiner qui n’a donné aucune justification du choix de telle ou telle « enveloppe animale » prescrite pour y faire mijoter (oh pardon, trans-substancier alchimiquement)  les fameuses préparations !

Lorsqu’il a fait connaître sa mystérieuse méthode, il l’a imposée sans débat, il fallait juste exécuter ses prescriptions, « vous expérimenterez après« . Quand il n’a pas été précis, comme pour les « poivres », ses disciples en sont encore aujourd’hui, à tenter d’interpréter quelques phrases sur les influences planétaires, sans jamais parvenir à faire marcher la technique !

L’anthroposophie prône la vénération d’un maître, qui doit éliminer « toute critique, tout jugement rendu, (qui) dissipe les facultés de l’âme lui permettant de conquérir la connaissance supérieure, tout autant que la vénération respectueuse développe, au contraire, ces facultés« .(…)« le praticien de la science anthroposophique doit comparer ses visions à celles indiquées par son maître et par d’autres « prédécesseurs inspirés ». Ses propres visions ne sont vraies que si elles peuvent correspondre avec ces précédentes. De telles comparaisons sont, en effet, une partie nécessaire du cheminement anthroposophique pour accéder à la connaissance. Steiner a déclaré que « le guide sûr que représente un maître occulte expérimenté [Geheimlehrer] ne peut pas être complètement remplacé ».

Décidément J-M Florin n’est pas convaincant : nul n’ignore (sauf du côté d’Arles) que la biodynamie est issue de l’accès au monde supérieur ésotérique d’un occultiste très avancé, transfuge de la Théosophie, et dont les disciples suivent à la lettre les révélations, sans guère les comprendre. Il suffit de voir le sort réservé à Maria Thun, qui avait osé proposer certaines modifications aux textes sacrés !

Quant à moi, modestement, je me limite à essayer d’alerter l’opinion sur les conséquences possibles de l’attitude d’une ministre attachée à favoriser le développement d’une anthroposophie visant à saper les bases mêmes de notre culture scientifique, au profit de l’observation sensible, intuitive et (….) de la méditation.


(*) le Directeur de son école du Domaine du Possible n’a-t-il pas critiqué devant le journaliste du Monde « les programmes de l’Etat (…) construits sur une vision pseudo-scientifique du monde. [c’est le comble …] Les élèves n’ont d’autre choix que de croire. C’est une forme de réponse religieuse à leurs questions métaphysiques. L’esprit critique est amputé d’une partie de ce qui le construit : l’observation sensible, intuitive et le temps de la méditation pour s’approprier des connaissances plutôt que d’y croire. »

(**) voir l’article sur une méta-analyse de plus de 50 études sur la biodynamie, par la plus importante revu horticole des USA « Compte tenu de la maigreur de la littérature scientifique et du manque de données claires soutenant l’efficacité des préparations biodynamiques, l’agriculture biodynamique n’est pas distinctement mesurable de l’agriculture biologique et ne devrait pas être recommandée en tant que pratique scientifique en ce moment. »

 

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