LA RENTABILITÉ DE L’EXPLOITATION BIODYNAMIQUE ?…au noir !

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EXPLOITATION ? VOUS AVEZ DIT EXPLOITATION ?

(merci à Yann Kindo, qui m’a autorisé à reproduire son article bien documenté)

« De l’exploitation en milieu fermier écolo »

17 févr. 2018 Par Blog : La faucille et le labo

 

             Je voudrais évoquer dans ce billet un point aveugle des discours apologétiques sur les fermes dites « agroécologiques », pour reprendre le terme le plus vague et le plus fourre-tout, et donc le plus à la mode. Dans ces lieux qu’on nous offre souvent en exemple ou plus encore en véritable modèle à suivre, j’ai remarqué à plusieurs reprises qu’une question semblait passer largement à la trappe et rester hors du radar des fans, alors qu’il s’agit pourtant de la question fondamentale de l’économie politique, à savoir celle du travail, de sa rémunération… et de son exploitation. On va donc voir que parfois, dans ce milieu, quand on parle d’une « exploitation agricole », le côté « exploitation » est bien plus développé et performant que le côté « agricole »…

 A tout seigneur tout honneur, commençons par aller faire un tour chez le gourou le plus médiatisé, à savoir Pierre Rabhi.

Quand avec des copains nous sommes allés visiter la ferme expérimentale de ses disciples de Terrre et Humanisme, on se demandait comment les miracles agronomiques vantés par le site Bastamag pouvaient exister, et on se doutait bien que la question de la main d’œuvre faisait partie de l’équation à résoudre:

http://afis-ardeche.blogspot.fr/2012/09/humanisme-notre-visite-chez-des.html

 Ceux qui ont lu ce compte-rendu de notre visite savent que de miracle agronomique il n’y en avait point, mais que même les piteux résultats obtenus l’étaient sur la base de l’utilisation massive de travail gratuit et de dons divers et variés :

  • Contribution financière ou en nature des riches parrains de l’association et de personnes solidaires
  • Contribution par définition non rémunérée des bénévoles. Extrait de notre compte-rendu :

« TetH accueille entre 150 et 170 bénévoles par an. Ils ont beaucoup de demandes, alors ils limitent la durée de bénévolat… à une ou deux semaines. D’ailleurs sur le site, il est indiqué que c’est complet jusqu’en octobre. On apprend aussi sur le site dans le chapitre « devenez bénévole », que le bénévole s’engage à travailler 6 heures minimum par jour, « La durée de participation aux activités est de 6 heures minimum par jour (début de la journée de travail de bonne heure pendant l’été !) », mais aussi qu’il doit « Une participation solidaire aux frais inhérents à votre séjour vous sera demandée : 4 euros par jour en période de formation, 3 euros hors période de formation » en plus de l’obligation d’adhérer à l’association pour 16 euros.

Petit calcul : 10 jours X 6 heures par jour X 150 personnes = 9 000 heures de travail gratuit par an. Souvent les employeurs se plaignent du coût trop élevé de la main-d’œuvre en France, même lorsqu’elle est au SMIC, TetH a trouvé une solution à ce problème et sait comment faire travailler les gens gratuitement »

  • Parfois même, la main d’œuvre paie de sa poche pour venir travailler, dans le cadre des stages de formation. Cette autre ressource permet elle aussi à l’association de vivre sans dépendre de sa rachitique production agricole, mais en plus, on l’a constaté lors de la visite, les stagiaires payants effectuent un vrai travail lors de leur séjour, comme par exemple de constituer des buttes qui vont rester en place et être utilisées.

Aujourd’hui, ça commence à se savoir que toute l’entreprise Rabhi est une vaste escroquerie, au moins sur le plan intellectuel, et le nouveau modèle alternatif mis en avant, c’est plus souvent la ferme du Bec Hellouin en Normandie.

Son système de permaculture a ainsi été adoubé par l’INRA via un de ses chercheurs, qui a choisi d’en évaluer la « rentabilité ». Et bien évidemment, au final, c’est super rentable, cela va de soi, à se demander pourquoi tout le monde ne fait pas pareil :

http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Agroecologie/Tous-les-dossiers/La-ferme-du-Bec-Hellouin-et-les-microfermes/Ferme-du-Bec-Hellouin-la-beaute-rend-productif

Soyons honnête : on est là dans un tout autre registre que celui de la guignolade offerte par Terre et Humanisme : c’est beaucoup plus sérieux, et le choix de s’ouvrir à l’INRA témoigne d’ambitions bien plus grandes.

Toutefois, quand on creuse dans les détails, au-delà même des biais dans les hypothèses retenues par le chercheur de l’INRA, on constate que là aussi, comme chez Rabhi, la « rentabilité » (au sens financier) ne vient pas du modèle agricole lui-même, mais de la vente promotionnelle de l’idée de ce modèle. Autrement dit : si le budget est équilibré, ce n’est pas grâce à la vente des produits de la ferme, mais grâce à la vente des livres qui présentent l’expérience et aux droits d’auteurs qu’ils génèrent, et aussi grâce au revenu lié à l’accueil de stagiaires qui viennent se former au Bec Hellouin.

Voir à ce sujet ces deux analyses détaillées, qui n’émanent même pas de gens hostiles au projet :

http://www.barricade.be/sites/default/files/publications/pdf/2015_-_la_permaculture_le_nouveau_graal_agricole.pdf

http://www.lutopik.com/article/bec-hellouin-en-debat

Tout cela est très bien résumé ici :

http://www.forumphyto.fr/2016/09/13/la-ferme-du-bec-hellouin-la-permaculture-adoubee-par-linra/

Plus récemment, lors du débat – surréaliste – sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate, j’avais été frappé par un passage d’un article de Michel de Pracontal dans Médiapart, qui s’efforçait de restituer « Les clés du débat » :

https://www.mediapart.fr/journal/international/241017/glyphosate-les-cles-du-debat-0?page_article=2

A un moment donné de l’article, le journaliste évoque les « alternatives au glyphosate » et écrit ceci :

« Le désherbage à la main permet de se passer du glyphosate, mais les défenseurs de l’herbicide mettent en avant son coût élevé. The Guardian cite l’exemple du bourg de Wandsworth, à Londres, où l’on recrute des équipes de volontaires pour enlever les mauvaises herbes à la main, sans aucun coût supplémentaire. »

C’est sûr que si on ne paie pas les travailleurs, l’employeur n’a à subir aucun coût supplémentaire. C’est assez imparable, comme raisonnement.

Ce qui m’hallucine, c’est qu’on en arrive à sérieusement évoquer le bénévolat comme une alternative agronomique crédible. Il faut vraiment avoir chassé le rouge (et le noir..) de sa tête pour que les très déformantes lunettes vertes autorisent à voir le monde de cette manière-là.

Je ne sais pas ce qu’en pense le patronat, mais il doit lui-même être surpris de se retrouver ainsi débordé sur sa droite par des milieux pourtant fréquemment perçus comme gauchistes. Il faut dire que la mode du woofing a habitué les consciences écolos décroissantes …

… à l’idée que l’on peut très bien travailler pour un employeur en échange seulement du gîte et du couvert. Quand on y pense, on réalise qu’il s’agit là d’un rapport salarial (volontaire et temporaire) pour un revenu en dessous du minimum vital dont a besoin le travailleur, puisque celui-ci pourra faire du woofing toute sa vie sans avoir jamais gagné ne serait-ce que de quoi s’acheter un jeans et une paire de chaussures. Et on peut penser que dans la plupart des cas, le travailleur aura même payé de lui-même son voyage jusqu’au lieu de son travail quasi gratuit. C’est là toute l’ambition du patronat, celle de ramener les salaires au niveau du strict minimum vital, qui se trouve  non seulement accomplie, mais même dépassée.

 Mais quelle expérience humaine formidable !!!

On pourra par exemple consulter ces deux témoignages publiés sur des blogs d’abonnés de Médiapart :

Le « wwoofing ou l’esclavage volontaire »

https://blogs.mediapart.fr/jihane-bergaoui/blog/160210/le-wwoofing-ou-l-esclavage-volontaire

« Stupid Western volunteers : les affres du wwoofing en Turquie »

https://blogs.mediapart.fr/laurent-raffier/blog/270111/stupid-western-volunteers-les-affres-du-wwoofing-en-turquie

Il ne faut pas croire que ce ne sont que de pauvres paysans désargentés et victimes  du marché capitaliste et/ou de leurs techniques de production (volontairement) archaïques qui ont ainsi recours au bénévolat.

Prenez par exemple cette annonce du  « projet agroécologique » du « Domaine du Possible », près d’Arles[i].

Capture d'écran © Le Domaine du Possible Capture d’écran © Le Domaine du Possible

 Je vous traduis l’annonce en français normal :

On cherche trois personnes pour venir faire gratuitement le boulot dans notre ferme, parce qu’on va quand même pas commencer à payer les gens quand on fait de l’agroécologie ! Est-ce que Superman est payé pour sauver le monde ? Non ! Ben nous, c’est pareil, on ne paie pas…

 Le plus dingue dans cette offre d’emploi non rémunéré, ce sont ces moments où il est précisé que les bénévoles devront non seulement être « motivés » – ils ont intérêt à l’être effectivement – mais aussi de préférence ne pas être débutants. Bref, pour pouvoir bosser gratos au Domaine du Possible, il faut en plus avoir de l’expérience !!!. Passées les bornes, y’a plus de limites…

 Mais, au fait, vous connaissez le Domaine du Possible ? Vous savez pourquoi ce projet agroécologique porte le même nom qu’une collection de bouquins hippys mystiques des éditions  Actes Sud ?

C’est parce que l’un comme l’autre sont la possession de Françoise Nyssen, la dame qui est actuellement ministre de la culture de ce gouvernement de la bourgeoisie par la bourgeoisie et pour la bourgeoisie, au sein duquel elle  est l’une des plus grosses fortunes  parmi tous ces millionnaires qui nous gouvernent :

http://www.huffingtonpost.fr/2017/12/15/quelques-ministres-millionnaires-au-sein-du-gouvernement_a_23308995/

 C’est vrai que du haut des 4 à 5 millions d’euros de son capital, Mme Nyssen est bien en peine de payer le travail des gens qui vont concrètement bosser dans son joujou agroécologique. Un joujou qui, pour l’anecdote, est doublé d’une école elle aussi alternative, puisqu’inspirée des principes du gourou anthroposophe Rudolph Steiner.

Oui, oui, c’est elle qui est ministre de la culture, c’est bien la même personne. On se demande pourquoi dans la foulée Macron n’a pas nommé Raël à l’Education Nationale et Rabhi à l’agriculture.

 On a donc ici une millionnaire qui fait travailler les gens bénévolement via le woofing : elle est pas belle la conscience écologiste qui repousse les limites du domaine du possible ?

Mais je me dis que le pire, c’est que parmi ces 3 volontaires pour faire du travail gratuit chez Nyssen Inc., il y a peut-être un décroissant hyper politisé qui ne veut pas bosser en CDI parce qu’il refuse l’aliénation salariale… Il ne survivra donc pas grâce au revenu de son travail de fermier, qui n’est pas rémunéré, mais peut-être grâce au RSA qui lui transfère quelques miettes des miettes de la plus-value produite ailleurs dans l’économie réellement productive.

Allons enfin prendre notre dernier exemple en Saône et Loire. Il m’a été transmis par Victor[ii], qui après avoir répondu à une offre d’emploi proposée par une ferme écolo, a conservé sa correspondance numérique avec le recruteur.

Voici donc des extraits de leurs échanges édifiants, qui illustrent parfaitement la notion de « point aveugle » de la conscience écolo que j’évoquais en introduction.

 Victor commence par simplement répondre à l’annonce en évoquant son expérience et ses compétences dans le domaine du bâtiment, qui en font un bon bricoleur, et en mentionnant aussi certaines activités militantes auxquels il pense sans doute que les fermiers alternatifs seront sensibles.

Extraits de la réponse du recruteur (erreurs d’orthographe conservées par le copié/collé ; le soulignés sont de moi):

 « Précisions concernant notre recherche d’habitant ou bénévole (…)

Le poste est non rémunéré (tout comme l’ensemble des membres de l’association) mais c’est une excellente opportunité pour apprendre grâce aux 20 ans d’expérience d’A. et B.  dans le monde agricole. (…)

Chaque bénévole est toutefois nourri-logé avec les produits bio issus du jardin.
L’hébergement a lieu en tente et caravane à l’intérieur des bâtiments. En hiver, il est possible de loger dans la maison du président de l’association. (…)

Nous recherchons des personnes passionnées par la nature et qui aime s’occuper d’un jardin de 5500m² et/ou des enfants par passion.

Le bénévole doit donc être polyvalent pour occuper ses journées. (…)

Le secrétaire doit aider le « responsable marketing » ou aider à remplir des dossiers de partenariat, de subvention, de crowdfunding… (…)

 Il y a également beaucoup de travail en cuisine pour préparer les repas pour environ 10 bénévoles, réaliser des confitures, des sirops, des conserves…(…)

Le candidat doit déjà avoir travailler dans le monde agricole (wwoofing, aide dans la ferme familiale ou avoir effectué des stages lors d’une formation agricole, travail dans les vignes…) ou avoir une compétence dans un domaine que nous recherchons (bricolage, rénovation de maison, animation nature, cuisine végétarienne, secrétariat, paysagisme…).

Ponctuellement, il est possible d’aider même si vous avez aucun experience (cueillette de fraises-framboise, groseille (du 20 juin au 5 juillet), vente des légumes aux clients…)

Au cours des 2 dernières années, nous avons reçu de nombreux bénévoles.

S’ils n’ont pas fait le choix de rester, c’est avant tout par la charge de travail (8h/jr) ou parce qu’ils avaient pour objectif des rester chez nous seulement quelques semaines pour apprendre et développer leur projet personnel.

Les volontaires qui sont passionés ont quant à eux l’impression d’être des « retraités actifs » car ils ont l’impression de ne pas travailller car ils prennent plaisir au jardin, à la cuisine, au bricolage, à médiatiser un projet passionnant… De plus, donner un sens à sa vie en aidant un projet d’utilité publique (tant pour la planète que pour la santé) a une valeur inestimable qui donne des ailes.

Les bénéfices réalisés par l’association, (notamment grâce au fait de ne pas offrir de salaire), permettent au projet d’avancer assez rapidement et de construire de nouvelles infrastructures pédagogiques, ou de rénover les bâtiments afin de créer un lieu en autonomie en alimentation mais aussi en logement, eau, électricité et de créer une dizaine d’emploi.

Si vous êtes toujours intéressé, je vous laisse remplir le dossier de candidature en pièce jointe. »

En résumé : toutes les contraintes du salariat… mais sans le salaire.
Comment ne plus être intéressé, franchement ?

 On notera que là aussi, il ne suffit pas de venir bosser bénévolement pour l’assoc pendant 8 heures par jour, encore faut-il être passionné, polyvalent, compétent dans les domaines qui les intéresse,  et bien sûr avoir de l’expérience.

Et pourtant, Victor, qui m’a l’air d’être un dangereux dinosaure cégétiste, ne tombe pas sous le charme d’une si belle proposition, et ce malgré l’alléchante possibilité de manger les produits bio issus du jardin et de dormir sous tente ou en caravane. Et donc, il répond ainsi [extraits] :

 « Bonjour,

Je ne vais pas aller par 4 chemins, mais je pense concrètement que c’est du foutage de gueules, si vous me permettez cette expression. Vous devriez préciser sur votre annonce que ce n’est pas un emploi mais du « bénévolat ». Ce qui n’est pas la même chose.

Je tiens à attirer votre attention sur le fait que vous jouez sur les mots, et qu’en tant qu’association vous ne pouvez pas demander à des « bricoleurs » (techniciens) de bosser gratuitement. Je  connais les lois concernant le travail au noir. Car cela en est.

Par ailleurs, j’ai visité un peu votre page, j’ai pu apprécier les tarifs que vous proposiez aux visiteurs, les ateliers à 40 euros de l’heure etc vont dans quelle poche? Je sais bien qu’un domaine de 5 hectares, cela coûte de l’argent, mais là, avec les subventions et autres apports de la région, c’est juste indécent. Je ne vais pas jouer à l’enquêteur fiscal, mais un domaine tel que le vôtre n’est pas une « association » mais une entreprise. 

Notez que je n’ai rien contre l’environnement, je n’ai pas de voiture, ni de smartphone, je ne m’habille pas chez amys ou LVMH. et suis SDF, car le pôle emploi ne me donne que 8.91 I/J pour pouvoir manger, me loger, trouver un emploi. J’ajouterai travail, c’est ce que vous semblez proposer à travers le bénévolat. Statut qui fait perdre des droits dudit pôle emploi.

[ici Victor recopie l’article L. 5425-8 du Code du travail, qui définit les relations entre la recherche d’emploi et le bénévolat, avec le risque de perte de ses allocations si on n’entre pas dans le cadre des exceptions prévues]

Donc, si je comprends bien par ce bref calcul: 8h/jour que nous multiplions par 7 jours (pas vu de jour de repos hebdomadaire)= 56h/semaine que nous ré-multiplions par 4 semaines=224 heures par mois et par « bénévoles ». Ce qui fait une bonne économie sur les charges sociales qui en découlent.

Il n’est alors, pas étonnant que certains « bénévoles » préfèrent fuir. Quant à ces « retraités actifs », je déduis qu’ils sont âgés, irréductibles, jouent le rôle de « capots », et touchent une retraite.

La passion est une chose, mais profiter de l’ignorance des « bénévoles » concernant la législation sur le code du travail encore en vigueur est parfaitement honteux et scandaleux.

Je ne sais pas comment la région et le pôle emploi aient pu vous donner de tels agréments, & à par une complicité de leurs services pour endiguer les statistiques calamiteuses du chômage ne peut que faire apparaitre des soupçons dans des esprits comme le mien ou celui de syndicalistes acharnés. Si vous pensez que je suis diffamatoire, portez plainte il ne sera pas compliqué de faire une enquête dans vos locaux avec l’Inspection du travail.  (…)

Dans le fond, l’idée est bonne, mais finir en esclave au fin fond de la Saône-et-Loire n’est pas dans mon objectif premier et ne me donne pas des ailes pour venir. 

Pour conclure, et je pense que vous l’aurez compris, vous usurpez le terme de bénévolat, ainsi que celui de permaculture. Vous trompez le pôle emploi ainsi que la région B.F-C en profitant grassement de leurs subventions, ce qui est grave. » 

 Et pour finir, voici des extraits de la réponse du recruteur [attention, là, il faut vraiment s’accrocher. Les soulignés sont de moi] :

 » Bonjour,

Je reconnais avoir oublié d’avoir annoncé que ce n’était pas du bénévolat [il veut dire : que c’était du bénévolat. On comprend qu’on oublie ce genre de léger détail dans une annonce pour une offre d’emploi, car qui peut imaginer a priori que la main d’œuvre voudra être payée ??? YK] C’est la raison pour laquelle je le reprécise dans l’email.

Les ateliers sont à 40€ de l’heure mais il y a 10€ de frais matériel, 1h de préparation et de rangement et il y a eu une dizaine d’heure pour créer cet atelier. Par conséquent, cela rapporte juste environ 10€/heure de travail.

Les bénéfices appartiennent à personne car ils sont réinvestis dans le projet.

Un nouveau bénévole ou le créateur de l’association n’a pas plus de droit.

Certaines personnes travaillent beaucoup plus que 8h/jour mais quand on est passionné et en bonne forme physique grâce à une bonne alimentation, pourquoi se priver. Il est bien évidemment autoriser de prendre 1 à 3 jour de congés par semaine même si pour nous, quand on est en repos, on en profite pour s’occuper du jardin, des animaux, ou de faire de la bonne cuisine ou des jeux pour enfants.

Nous n’avons pas de retraité, nous avons tous entre 20 et 50ans et ne sommes ni au Pole Emploi, ni au RSA… ce qui nous laisse la liberté de faire ce que l’on veut de nos journées [ils sont rentiers, donc ? YK]. Il y a bien des touristes qui ont un emploi du temps de 10h du matin à 22h le soir. Chez nous c’est un peu la même chose.

Cependant ON OBLIGE PERSONNE à avoir la même passion de l’écologie et on ne veut surtout pas être en compagnie de personne qui se sentent forcer, qui se sentent esclave. Cela donnerait une très mauvaise énergie aux plantes . »

Pardon donc pour ce billet de blog acariâtre qui évoque la nécessite de rémunérer le travail, et qui ce faisant donne une mauvaise énergie aux plantes.

Yann Kindo

—————- –

[i] Merci à Jean-Pierre Cambier pour le signalement de l’annonce.

Son blog s’intéresse de près aux agissements des charlatans anthroposophes :

https://labiodynamieaurisquedelanthroposophie.com/

 [ii] Le nom a été changé. Merci à Victor de m’avoir contacté et transmis ses courriels.

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