FORMATION officielle en BIODYNAMIE : SAISINE DU MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE

saisine MInistere agriculture

Étonné de ne pas voir figurer au Répertoire National des Certifications Professionnelles les deux Brevets Professionnels de Responsable d’Entreprise Agricole en Biodynamie, j’avais contacté cet organisme, qui m’a répondu dans l’heure (merci !) :

« Bonjour Monsieur, Ce sont les certifications professionnelles qui sont répertoriées sur notre site c’est-à-dire les diplômes, les titres, les certificats,…., ce ne sont pas les formations. Il y a donc un seul BPREA enregistré au RNCP, il est délivré par le ministère de l’agriculture. http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=29257

sigle RNCPIl revient à ce ministère par le biais de son corps d’inspection de veiller à ce que la « la teneur scientifique des enseignements en formation professionnelle » soit conforme à son cahier des charges dans les différents établissements préparant à ce diplôme. La CNCP ne contrôle pas les dispositifs de formation. Cordialement »

« PUISQU’IL REVIENT au MINISTÈRE DE VEILLER, PAR LE BIAIS DE SON CORPS D’INSPECTION A LA TENEUR SCIENTIFIQUE DES ENSEIGNEMENTS »J’ai écrit au Ministère la lettre suivante :

« Madame, Monsieur,

Philosophe, j’étudie le phénomène de la biodynamie, et me suis intéressé à la formation dans les deux Lycées agricoles délivrant le BPREA -Biodynamie.

Le répertoire national de certification professionnelle me renvoie vers vous à ce sujet :

«  Il revient à ce ministère par le biais de son corps d’inspection de veiller à ce que la « la teneur scientifique des enseignements en formation professionnelle » soit conforme à son cahier des charges dans les différents établissements préparant à ce diplôme. La CNCP ne contrôle pas les dispositifs de formation. »

J’aimerai savoir si vous reconnaissez comme « enseignement scientifique conforme à votre cahier des charges » la référence de ce BPREA aux prescriptions d’un « clairvoyant » vivant il y a presque un siècle, Rudolph Steiner, grâce auquel « les dieux » auraient révélé la Biodynamie aux hommes (ce sont les termes des adeptes), comme adaptation agricole de sa gnose, l’Anthroposophie.

Cette méthode n’a jamais pu faire la preuve de la validité scientifique (*) des préparations obtenues en laissant « mijoter » six mois certaines plantes dans des organes animaux improbables (**). Mais il est recommandé aux élèves d’étudier « la Science de l’Occulte » et je vois à leur programme « approche gœthéenne des quatre éléments, les quatre éthers, approche de la cosmogonie, les douze sens« , et une utopie non-démocratique « la tripartition sociale« . C’est dire si, en fait d’enseignement scientifique, l’on est en plein ésotérisme occultiste !

Cet étrange égarement s’est pourtant répandu, surtout en viticulture. Ce qui constitue pour l’observateur que j’essaie d’être un sujet psychologiquement intéressant.

Suffit-il que des professionnels -au demeurant peu nombreux- pratiquent une méthode pour leur ouvrir une formation au frais de l’État ? N’y a-t-il pas une vérification par vos services de la qualité scientifique de l’enseignement ?

Peut-on imaginer que les (beaucoup plus) nombreux pratiquants professionnels de… la voyance réclament à l’État de prendre en charge la formation de leurs diverses méthodes ?

Si j’ai bien compris, les enseignements aux BPREA de Segré et Obernai, sont assurés par le MABD, Mouvement d’Agriculture Biodynamique, qui trouve ainsi à faire prendre en charge une formation qui lui revenait jusqu’ici. Formation qui va jusqu’à la « fondation » en Anthroposophie, comme le dit aux candidats, le MABD :

« Bien sûr, travaillez dans l’agriculture, allez visiter des fermes en biodynamie et échangez sur votre projet professionnel avec les agriculteurs. Une bonne entrée en matière pour la formation est également l’année de fondation en anthroposophie proposée par le Foyer Michaël, qui inclut également une partie de travail agricole en biodynamie. Plus d’informations ici : http://www.foyer-michael.com/ »

Ces intervenants sont, j’imagine, dédommagés financièrement pour leurs interventions, et les élèves ont droit à une assistance financière. Les citoyens apprécieraient-ils de voir leurs impôts ainsi employés ?

Tout cela pose bien des questions, et je vous serai infiniment reconnaissant de bien vouloir m’éclairer, ce qui donnerait du poids au Mémoire que je rédige ».

————— –

NOTES jointes :

(*) (De Wikipédia « agriculture biodynamique) Plusieurs études scientifiques, publiées notamment dans des revues de rang A, attestent que les résultats obtenus via les méthodes d’agriculture biodynamique ne peuvent se distinguer de ceux obtenus par l’agriculture biologique : Reganold J.P et al, 1993N 3 ; Kœning U.J, 1999N 4 ; Mäder et al, 2002N 5  Reganold J.P et al, 1993 « Soil quality and financial performance of biodynamic and conventional farms in New Zealand » Science, vol. 26026 Kœning U.J, 1999 « Die biologisch-dynamischen Präparate in Forschung und Praxis »     Ökologie & Landbau, 11126

(**) les plantes adéquates sont placées dans corne de vache, vessie de cerf, crâne d’animale domestique, et autres intestins bovins, puis enterrées 6 mois. Et les adeptes reconnaissent « qu’il leur reste à saisir les arrières-plans spirituels de la genèse des préparations, et , en particulier, à comprendre l’énigme des enveloppes animales ». Le Gourou n’avait pas tout expliqué. Mais on applique aveuglément…


J’ai adressé au ministère un complément bibliographique, ayant pris connaissance (Wikipédia : « agriculture biodynamique ») d’un grand article de la revue scientifique horticole américaine fort sérieuse, qui a passé en revue plus de 50 études sur la question, HORT TECHNOLOGY. En voici la conclusion, sans appel :

To date, there are no clear, consistent, or conclusive effects of biodynamic preparations on organically managed systems. Other alternative practices not discussed in this review have become part of the biodynamic movement, including use of cosmic rhythms to schedule various farm activities and image formation to visualize nutritional quality of plants. These practices do not lend themselves to rigorous experimental testing, nor do they provide practical scientific information for improving crop production. Given the thinness of the scientific literature and the lack of clear data supporting the efficacy of biodynamic preparations, biodynamic agriculture is not measurably distinct from organic agriculture and should not be recommended as a science-based practice at this time

« À ce jour, il n’y a pas d’effets clairs, cohérents ou concluants des préparations biodynamiques sur les systèmes à gestion biologique. Diverses pratiques alternatives non abordées dans cette revue font désormais partie du mouvement biodynamique, notamment l’utilisation de rythmes cosmiques pour planifier diverses activités agricoles et la formation d’images pour visualiser la qualité nutritionnelle des plantes. [référence aux cristallisations sensibles etc…. NDLR] Ces pratiques ne conduisent même pas à des tests expérimentaux rigoureux et ne fournissent pas d’informations scientifiques pratiques pour améliorer la production agricole. Compte tenu de la maigreur de la littérature scientifique et de l’agriculture biodynamique, l’agriculture biodynamique ne se distingue pas de manière mesurable de l’agriculture biologique et ne devrait pas être recommandée en tant que pratique scientifique pour le moment. »
—— —
Hort Technology est la principale publication de sensibilisation de l’American Society for Horticultural Science. Sa mission est de fournir des informations scientifiques aux horticulteurs, praticiens et éducateurs professionnels; parmi les scientifiques, les éducateurs et les professionnels travaillant dans l’horticulture; et offrir la possibilité d’un examen par les pairs de l’information horticole pratique.

Rédigé par des experts, pour les experts, Hort Technology vous apporte une information fiable et actuelle, techniques évalués par des pairs pour aider à résoudre les problèmes et relever les défis actuels dans la production, l’éducation et la vulgarisation.

HortTechnology est inclus dans les services d’analyse d’indexation suivants:

Agricola – BIOBASE : Science des plantes – CABI : agrobiotechnologie nouvelles et information, CAB Abstracts, CAB direct, résumés horticulture, horticulture ornementale, les résumés de sélection végétale, Avis sur entomologie agricole, examen de pathologie végétale – Chemical Abstracts Service: CA Plus –ISI: Contenu actuel (Sciences, biologie et sciences de l’environnement), Science Citation Index étendu, ISI Alerting Services

complément Ministère

Votre demande a bien été adressée à la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt de Pays de la Loire à l’adresse suivante : draaf-pays-de-la-loire@agriculture.gouv.fr. Vous trouverez en pièce jointe le récépissé de votre demande. Nous vous invitons à le conserver en notant qu’il ne préjuge pas de la conformité du contenu de votre demande qui dépend notamment des éventuelles pièce jointes.  À compter de la réception, par nos services, de votre demande, vous recevrez dans les dix jours à l’adresse électronique que vous avez indiquée à cet effet, un accusé de réception vous indiquant les coordonnées du service en charge de traiter votre demande, les délais et voies de recours et, si votre demande relève d’une décision implicite de l’administration, le délai au terme duquel votre demande serait implicitement rejetée ou acceptée.Si l’instruction de votre demande nécessite des informations complémentaires, la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt de Pays de la Loire vous contactera et vous indiquera la nature des informations complémentaires à communiquer ainsi que le délai pour les fournir. Si elle n’est pas compétente pour traiter votre demande, elle assurera son transfert au service adapté. Elle vous en préviendra.  Il est inutile de renouveler votre demande ou d’engager une démarche de relance avant un minimum de 11 jours.

Laisser un commentaire