Communiqué des anthroposophes en France, mon commentaire sur les anthroposophes masqués

 

LES ANTHROPOSOPHES ONT PUBLIÉ  UN COMMUNIQUÉ QUI INCITE à

S’INTERROGER SUR LE SENS DES MOTS « science de l’esprit, science spirituelle, ésotérisme, nazis, anthroposophe »

LE CONCEPT DE « SCIENCE DE L’ESPRIT »

« SCIENCE DE L’ESPRIT, ÉSOTÉRISME, OCCULTISME ? En France, le concept de « science de l’esprit » apparaît comme un oxymore fantaisiste. Il se heurte à l’esprit des confessions religieuses tout autant qu’aux acceptions étroites du concept de laïcité. Dans la culture allemande, « Geisteswissenschaft », traduit par « science de l’esprit », désigne pourtant tous les secteurs des sciences humaines (épistémologie, philosophie, histoire, littérature, etc…) ».

A QUI LA FAUTE ? : les mot science de l’esprit et science spirituelle utilisés en France par ses adeptes ne renvoie, en fait,  nullement aux sciences humaines en général, ce que remarque Wikipédia. Pourquoi l’ont-ils traduit ainsi, sinon pour accaparer la notion enviée de science ?
Wikipédia (« Geisteswissenschaft ») :
Le terme est maintenant utilisé de façon irrégulière. Dans les contextes administratifs, il est largement utilisé pour discuter de la façon d’organiser les institutions académiques et de décrire la culture des discussions académiques, de sorte que les facultés de théologie et de droit soient ajoutées aux Geisteswissenschaften. Dans certains contextes de la politique scientifique, les Geisteswissenschaften sont décrits comme des sciences non-empiriques, les rapprochant de la philosophie et excluant les sciences sociales de leur domaine. D’autres auteurs, comme Rudolf Steiner, ont utilisé le terme Geisteswissenschaft dans un sens historiquement tout à fait distinct pour se référer à ce qu’il présente comme une «Science de l’Esprit» .

L’ÉSOTÉRISME

« L’ésotérisme, tel que l‘anthroposophie le conçoit, est un terme inapproprié pour caractériser une organisation, car il ne concerne qu’une pratique individuelle ».

Tiens donc ! Ce mouvement d’origine allemande parle ici français,  et sa conception particulière des mots ne nous intéresse pas.

Selon le trésor de la langue française TLF : « ésotérique », P. ext. Caractère de ce qui exige une initiation pour être compris. Ésotérisme du Nouveau Roman. Il [le paranoïaque] affectionne l’ésotérisme, les divagations philosophiques, les pièces à thèse, les sciences occultes (MOUNIER, Traité caract., 1946, p. 552). …

Par conséquent, pour nous, en France une organisation peut être « ésotérique » si, pour la comprendre, il faut passer par une initiation. Il me semble bien que le fonctionnement même de la société anthroposophique exige d’être mis au courant d’une telle multitude d’informations, que cela peut constituer une « initiation » (totalement hors du commun bon sens associatif). La lecture de l’œuvre immense de R. Steiner n’est-elle pas un préalable ? Quel associatif pourrait comprendre directement cette École de science de l’esprit, et sa Première Classe, née de 38 leçons  ésotériques (eh oui ! c’est le mot employé), et dont le travail relève d’une relation méditative individuelle avec les mantras livrés par celui qu’il faut bien appeler un Maître ?

Contrairement à ce que veut nous faire croire Françoise Bihin, la liberté de l’adepte n’est pas la règle. On peut seulement appliquer les principes, mais pour faire des recherches, on dépend de la formation – et du contrôle – des chefs.

Assimiler ces résultats et les transformer en principes de vie ne requiert aucune formation scientifique, mais suppose simplement un état d’esprit non prévenu. En revanche, pratiquer la recherche dans ce domaine et porter sur ses résultats un jugement fondé suppose une formation à la science de l’esprit […] »

PREMIÈRE CONCLUSION : LE MOUVEMENT EST BIEN ÉSOTÉRIQUE. MAIS IL EST SYMPTOMATIQUE DE VOIR LE MAL QUE SE DONNENT LES ANTHROPOSOPHES POUR MASQUER CET ASPECT.

Je vais citer Jean-Michel Florin, qui fit sa formation « scientifique » en  1987, à l’institut de recherche du Goetheanum et est, depuis août 2010, codirecteur de la section de l’agriculture de l’École de science de l’esprit. Cela vous convient-il ? est-ce bien un vrai anthroposophe ?

Il s’exprime le 5 mai 2015 au Congrès de la FNAB des régions de France, sur l’approche biodynamique de la vigne : partage des connaissances, pratiques et recherches.  Son enseignement est un modèle du genre :

Il a entrepris de présenter la démarche spirituelle de la biodynamie, et commence par récuser sans nuances la science classique, qui selon lui, donne une image fausse de la réalité, « Prenez une revue scientifique on ne voit plus que des modèles, d’atomes, d’ADN : tout ça c’est du pipeau. C’est des modélisations, des simplifications de la réalité. Il recommande au contraire ce qu’il retient de la démarche de Gœthe : on laisse tomber toutes les machines, on commence avec les oreilles les mains les pieds, notre corps notre expérience concrète, on prend tout ça au sérieux, c’est ça qui va m’enseigner, qui va me permettre de comprendre ma plante.(…) ».

ET VOILÀ LA CLÉ DE TOUT SON DISCOURS : à en croire notre anthroposophe, tout un chacun pourrait accéder aux révélations acquises par un Steiner doué, lui, d’une clairvoyance particulière. Ce n’est plus de l’occultisme, puisque chacun y aurait accès … avec le temps : Une initiation ne serait pas nécessaire.

« Steiner a découvert que ce que lui percevait de manière intuitive, directe, clairvoyante, il y a avait une possibilité d’y accéder de manière peut-être beaucoup plus lente, mais en partant de l’observation concrète, sensible, par nos sens, notre vue, notre regard, …OUI tout un chacun peut aller vers une connaissance plus subtile du monde, ce n’est pas quelque chose réservé à quelques initiés, à quelques clairvoyants ! Steiner a dit ce que je propose c’est pas quelque chose d’occulte, comme je l’ai vu dans le journal, pas des révélations auxquelles il faut croire, c’est une science de l’esprit c’est-à-dire une méthode qui permet d’accéder à la connaissance de plans plus subtils que simplement le monde matériel… »

Pour Florin, citant Steiner à sa façon, il faut donner la priorité au ressenti, comme le proposerait la phénoménologie goœthéenne. Son but est visiblement de promouvoir le qualitatif, accessible au ressenti, aux dépens de la Pensée, soupçonnée d’être entre les mains de sachants pourvus de diplômes et manipulant une pensée susceptible des pires erreurs  : L’homme en lui-même, dans la mesure où il fait usage de ses sens sains, est l’appareil physique le plus grand et le plus exact qui puisse exister.  Les sens ne trompent pas, c’est le jugement qui trompe. 

La démonstration est d’une habileté remarquable :

1) les révélations livrées par Steiner ne sont pas ésotériques, puisque sans initiation chacun peut les atteindre par lui-même.

2) il ne faut se fier qu’à ses sentiments, et non à son jugement, capable de toutes les erreurs.

ADMIREZ LE TOUR DE PASSE-PASSE : LA PENSÉE A DISPARU, et l’esprit critique avec.

Je rappelle qu’il s’agit d’un des maîtres à penser du mouvement anthroposophique en matière d’agriculture, domaine où, par d’immondes charcuteries,  s’exprime le plus clairement l’irrationalité de l’enseignement pratique du  Maître de Dornach. La biodynamie est dès lors à l’abri de toute critique rationnelle. D’autant plus que les adeptes se regroupant pour échanger leur ressentis, sont qualifiés de « scientifiques » par Florin, après qu’ils aient bien pris soin d’écarter leur savoir ».

AU-DELÀ DES LIMITES SENSORIELLES.

« Steiner a développé une méthodologie de recherche qui s’applique, avec la même rigueur que les sciences de la nature, au-delà des limites sensorielles. C’est le franchissement de cette limite qui est souvent perçu comme une transgression aberrante et dénoncé comme une « pseudoscience ».

En fait, les anthroposophes manifestent ici leur manque de cohérence : leur Jean-Michel Florin voit dans l’anthroposophie l’incitation à un mode de connaissance donnant la priorité au ressenti, alors que ce communiqué nous assène que Steiner a, en fait, percé le mur …des limites sensorielles. Il  y peut-être deux anthroposophies, celle du Maître et celle de l’élève ?

Le critique doit « SE PLACER SUR LE TERRAIN DE LA PENSÉE, DES CONCEPTS, DE LA CONNAISSANCE ».

Quoi qu’il en soit, pour qui voudrait récuser la possibilité de ce franchissement, toute argumentation doit d’abord se placer sur le terrain de la pensée, des concepts, de la connaissance. L’économie de cet effort ne devrait pas conduire un journaliste à malmener le droit à la liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression.

Qu’ils me montrent donc où ma présente réflexion est sortie « du terrain de la pensée, des concepts, de la connaissance ».

RELATIONS AVEC LE NAZISME ?

Que certaines notions présentes dans l’anthroposophie aient pu être récupérées et détournées, que des liens, voire des accointances réciproques aient existé entre des anthroposophes et des nazis, nous le déplorons formellement et nous réprouvons ces rapprochements. Au cours des années 1933 à 1945, sur les 8 000 membres de la Société anthroposophique en Allemagne, 45 en tout et pour tout sont entrés dans une des organisations du parti nazi (NSDAP, SS ou SA), comme l’a révélé Peter Staudenmaier dans son étude (7).

Il faudrait avoir plus de respect pour la thèse de philosophie de Peter Staudenmaier, qui est loin, en fait, de conforter les anthroposophes dans leur assurance : je joins ici un extrait de ce travail. « Le mouvement biodynamique et ses admirateurs nazis« . Une citation partielle est d’une habileté trop voyante (45 en tout et pour tout sont entrés dans une des organisations du parti nazi (NSDAP, SS ou SA) !

Faut-il rappeler que cette thèse a été soutenue dans la plus prestigieuse université des USA, et que son titre est : Entre occultisme et fascisme : l’anthroposophie et les politiques racistes et nationalistes en Allemagne, 1900-1945 ?

Comment ne pas songer avec horreur que les nazis pratiquant la biodynamie dans les jardins des camps d’extermination, n’ignoraient nullement que, selon Steiner, avec les cendres d’une espèce nuisible, on pouvait atteindre son âme-groupe et parvenir à l’éliminer progressivement d’un espace, selon le procédé des « poivres » décrit par le Maître ?

DES FIGURES DE LA SOCIÉTÉ ANTHROPOSOPHIQUE ?

Contrairement à ce que suggère Monsieur Malet, Henri Dahan n’est ni membre, ni une « figure de la Société anthroposophique ». Françoise Nyssen non plus n’est pas membre de la Société anthroposophique, et ne l’a jamais été.

Le cas de Henri Dahan est étonnant, il a été Secrétaire Général de la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf et, le 5 avril 2013, au tribunal où il intervient à charge contre Gabriel Perra, ne se reconnaît pas « membre de la société anthroposophique« , mais sur injonction de l’avocat de Perra, il admet « oui , je suis anthroposophe« .

Les Écoles Steiner auraient donc eu à leur tête un anthroposophe sans la « carte du parti », alors que Toute personne peut en devenir membre qui, sans distinction de nation, de condition sociale, de religion, de conviction scientifique ou artistique, considère comme justifiée l’existence d’une institution telle que l’École de science de l’esprit du Goetheanum à Dornach.

D’autant plus curieux que cette École de science de l’ Esprit comprend une section pédagogique, dont M. Dahan pourrait difficilement ne pas être (rien de mal à ça) : La Section Pédagogique  est une branche de l’École supérieure de science de l’esprit au Goetheanum et entretient des relations libres avec toutes les institutions pédagogiques qui travaillent sur la base de l’anthroposophie. (…) Les missions de la Section Pédagogique est la recherche pédagogique et le développement d’une pédagogie inspirée de l’anthroposophie. Dans son travail de soutien aux collèges dans leur travail quotidien, un de ses objectifs premiers est d’apporter de nouvelles impulsions à la pédagogie à partir des sources de l’anthroposophie. Cette mission se déroule dans le dialogue avec les écoles Steiner-Waldorf dans le monde.

LE CAS DE MADAME NYSSEN

Son entreprise avait financé une école de théâtre sur les principes de R.Steiner (Acteon, 15 r du Pont, Arles), aux côtés de la Fondation Paul Coroze (qui forme les jeunes anthroposophes), de la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf, de la NEF, banque issue de l’anthroposophie,  des cosmétiques anthroposophiques Hauschka, du Fonds Christophe Mayaud, qui soutient à la fois les Oasis des Colibris de Rabhi, et les écoles Steiner -Waldorf.

A la fondation de son École du Domaine du Possible, Mme Nyssen a choisi comme directeur justement M. Henri Dahan, cité plus haut. Et parmi les « personnes sources » de son université justement Jean-Michel Florin, voir plus haut.

Que du beau monde… et pur hasard que ce soit des anthroposophes la plupart du temps masqués… des anthropo-soft, en quelque sorte !

Il semble donc bien qu’il y ait de la biodynamie masquée et des anthroposophes « masqués » beaucoup plus nombreux que les anthroposophes déclarés. Cette occultation, ce camouflage stratégique, rejoint par exemple, les efforts de Weleda, qui déclare ses matières premières « biodynamiques », mais sans décrire les aspects ésotériques des préparations, ou même Biodynamie-Service qui vend ses préparations mais ne livre guère de détails inquiétants. Il faut chercher soigneusement pour trouver ceci : « Ces préparations sont pour la plupart obtenues au travers d’un processus fermentaire dans des organes animaux : vessie, mésentère, intestin, etc.« 

Est-il croyable que les responsables politiques et administratifs du lycée agricole de Segré (Brevet professionnel en biodynamie) aient, avec un bel ensemble, déclaré qu’ils n’y voyaient aucun « lien à un quelconque courant de pensée » ou « qu’on n’est pas obligé de penser Steiner quand on fait de la biodynamie » ? Enseignement, qui recommande pourtant ouvertement dans son programme, entre autres références anthroposophiques,  la lecture de La Science de l’Occulte, (de Rudolf Steiner, Editions Novalis).

httpouestfrance-enligne.com pages pdf - Internet Explorer

Tout ceci est à rapprocher de l’attitude des amis de Pierre Rabhi, les Colibris, qui déguisent leur  biodynamie en agro-écologie, tellement plus cool. Les Oasis des Colibris sont financés par … le Fonds Christophe Mayaud, qu’on retrouve encore ici.

POURQUOI VOULOIR CETTE INVISIBILITÉ ?

Ils ne sont pas vraiment poursuivis par la vindicte publique, ni par les Tribunaux (c’est plutôt l’inverse, sauf lorsqu’ils refusent les vaccinations pour protéger leur karma), que craignent-ils donc ?

DOUBLE AVANTAGE :

1) Le Gœtheanum pourra, par exemple, laisser parler Nicolas Joly, grand vigneron biodynamiste, annoncer la prochaine fin du monde causée par les satellites – les araignées dans le ciel selon Steiner, qui interrompent l’arrivée des influences cosmiques source de vie. Inutile que le Gœtheanum intervienne,  n’est-ce pas, puisque Nicolas  Joly n’est qu’un anthroposophe masqué : il n’a pas sa carte, alors rien à faire, que de le laisser délirer sur l’apocalypse qui vient (slogan général des sectes).

2) Les anthroposophes masqués ne risqueront pas de se voir critiquer pour les grosses erreurs commises par l’anthroposophie officielle (astronomie fantaisiste de Steiner, moteur éthérique  des années 1991/2011, béton spirituel). C’est leur « liberté »…

PEUT-ÊTRE, mais, de mon temps, on appelait ce genre là, la « cinquième colonne« . MAIS C’ÉTAIT  DE LA PARANOÏA, évidemment !

CE SERAIT SI SIMPLE D’OPTER POUR LA CLARTÉ,

EN RECONNAISSANT QUE R. STEINER A FAIT DES ERREURS, TOUT EN AYANT BEAUCOUP D’INTUITIONS INTÉRESSANTES …

DE FAIRE VÉRIFIER SÉRIEUSEMENT L’UTILITÉ – ou l’inutilité – des PRÉPARATIONS ALCHIMIQUES EN BIODYNAMIE …

DE DÉNONCER LES ABUS, GENRE « BÉTON SPIRITUEL », ET LES ANNONCES APOCALYP-TIQUES de certains exaltés !

MAIS L’ADDICTION AUX PAROLES DU MAÎTRE EST TELLE QUE DEPUIS PRÈS D’UN SIÈCLE, CE MOUVEMENT S’ENFERRE et SE MASQUE,  EN PRÉFÉRANT LES SOUPÇONS DE SECTARISME, « En somme, encore et toujours l’accusation de «secte», même si le mot n’est pas utilisé directement... » comme le regrette Madame Françoise Bihin. Qu’elle se demande pourquoi… En tous cas pas de réaction à mon texte sur son Blog, en vacances, peut-être ? ou alors… mangeant son chapeau ?

Allons on peut bien rire un peu, non ?

blog Bihin pas de réaction

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anthroposoft mangeant son chapeau

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