LE BÉTON « SPIRITUEL » justifié par les CRISTALLISATIONS SENSIBLES : mauvais choix !

Action de forces formatrices éthériques … ou simplement différenciation entre molécules ?livres de paul coroze

 

DNA cristallisations sensibles et santé

« Quelques échantillons de ces vins, d’une eau de source servant de base aux préparats dédiés au sol et au végétal et ces mêmes vins stockés chez lui à Obermorschwihr, ont été analysés par le laboratoire Œnocristal, à Puy-l’Évêque, spécialisé dans la cristallisation sensible. Les images obtenues montrent une différence notable : le vin ayant séjourné dans les caves bétonnées à l’adjuvant biodynamique présentent une structure cristallisée différente. Ils seraient plus « équilibrés », dotés d’une « vitalité » plus importante. L’expérience menée par Pneumatit portant sur des eaux stockées durant trois jours sur du béton conventionnel et du béton biodynamique parle davantage : les clichés de la cristallisation des deux échantillons sont radicalement différents ; les premières montrent une géométrie plus ou moins sauvage, d’innombrables coupures, illustrant la mort du béton conventionnel ».


 


EFFETS DES FORCES FORMATRICES… OU DES MOLÉCULES ?

L’idée d’utiliser le phénomène de cristallisation est venue par l’observation des cristallisations naturelles, les “fleurs de givre” qui apparaissaient en hiver par temps froid sur les vitres des fenêtres en furent le point de départ. Ehrenfried Pfeiffer, l’ami de Rudolph Steiner,  s’aperçut qu’en ajoutant des substances volatiles à la vapeur d’eau, celle-ci se condensait et congelait sur les vitres, en présentant des formes très différentes de cristaux. La nature chimique de l’additif influençait l’aspect de la cristallisation.

La prétention de la cristallisation sensible est  de révéler, d’étudier, l’activité de ces forces formatrices. A la demande de R. Steiner, Pfeiffer cherchait une méthode pour mettre en évidence l’intuition de celui-ci, selon laquelle des forces éthériques gouverneraient le développement du vivant. «  Il faudrait établir si les forces formatrices agissent dans le cadre d’un protocole expérimental donné. Cela pourrait avoir lieu avec des phénomènes caloriques ou lumineux, ou encore avec des cultures de bactéries, c’est-à-dire avec des phénomènes vivants. (Pfeiffer ajoute que les paramécies ont peut-être été évoquées, entre autres, comme agent réactif). En outre, il serait par exemple possible d’obtenir de l’éther de vie par la mort d’animaux placés dans des récipients sous vide. L’éther de vie pourrait être extrait avec l’esprit-de-vin » (éthanol)

L’idée échoua : après la mort des animaux placés vivants en enceinte fermée, leur force éthérique, ainsi piégée, ne put être extraite par agitation avec un solvant… On s’en doute.

Pfeiffer vit alors, dans les cristallisations, ce qui pouvait être le reflet indirect d’un système dynamique en perpétuel mouvement : un corps de forces formatrices, imperceptibles, non mesurables. Il se représente la matière vivante comme quelque chose d’instable qui se modifie, qui évolue continuellement. Derrière l’enchaînement des phases du développement de la plante, il y aurait un champ de forces qui imprègnerait la matière vivante, qui provoquerait la succession des phases de son développement (depuis la germination jusqu’à la formation du fruit en passant par le développement foliaire et l’impulsion florale).

MAIS UNE EXPLICATION PUREMENT PHYSICO-MÉCANIQUE EST AUSSI POSSIBLE :

livre de Cjristian MarcelChristian MARCEL (livre ci-contre) lui-même admet, un temps,  cette explication purement moléculaire :
« 
Les molécules de grande dimension (comme les protéines) et certaines molécules aromatiques, se regroupent et provoquent le germe de la cristallisation (nucléation). Ce faisant elles repoussent les molécules de plus petites dimensions et les molécules plus lourdes de la solution vers la périphérie de la boîte.le processus qui se déroule n’est pas le fruit du hasard il obéit aux principes et aux lois de la cristallisation et de la précipitation ».

Pourtant, s’il s’agit de différencier les molécules et de les caractériser, on a beaucoup mieux aujourd’hui, que leur effet sur le déroulement d’une cristallisation, sauf à vouloir servilement s’en tenir aux méthodes datant d’un siècle !

La chromatographie, découverte vers 1906 (donc que Steiner aurait  dû connaître) permet de différencier les molécules À LA FOIS selon leur solubilité dans divers solvants et selon  leur lien plus ou moins fort avec divers milieux poreux. La technique, très au point, est très riche de possibilités : il suffit de varier milieux et solvants. Elle utilise soit des colonnes remplies de milieu absorbant (on verse alors le solvant par le haut), soit des plaques couvertes d’un fine couche d’absorbant (ici la plaque est posée sur le solvant, qui monte progressivement).

Pour mes lecteurs enseignants, je recommande des expériences amusantes à ce sujet, qui révèlent la composition des encres en substances plus ou moins complexes.

La morpho-chromatographie, proposée par Kolisko en 1920, est plus proche de cette méthode moderne, mais elle se contente encore de l’observation des formes crées sur le milieux absorbant, en négligeant l’étude des substances.

APRÈS AVOIR ÉVOQUÉ les molécules, Christian Marcel REVIENT, enthousiaste,  À LA THÉORIE DES FORCES FORMATRICES et à l’étude des formes, des images dont les « forces formatrices » auraient orienté le développement :

« Les cristallisations sensibles, ou « thésigraphies », sont des images à peine croyables. Dans ces tourbillons immobiles, on peut lire la vie et la mort, la santé et la maladie, la pureté et la pollution, l’énergie et l’entropie, l’ordre et le chaos

L’apparition d’une croix de Malte sera révélatrice de la présence de Botrytis. La place de cette croix a alors son importance, plus elle est centrale et plus le végétal est atteint. La pourriture noble ne se révèle en général pas lors de la cristallisation. Un surdosage de SO2 pourra être découvert grâce à des aiguilles plus épaisses. En revanche, un manque de SO2 provoquera des tâches avec des lacunes. Des aiguilles plus rigides révèleront une acidité plus marquée. La cristallisation des vins sucrés se révèle très dense.

On reconnaît, dans cette obsession de l’observation des formes, l’attachement anthroposophique à la phénoménologie de Gœthe. qui conduit au refus de toute instrumentalisation au profit du « ressenti », plus efficace que n’importe quel appareillage : « L’homme en lui-même, dans la mesure où il fait usage de ses sens sains, est l’appareil physique le plus grand et le plus exact qui puisse exister… » (Maximes en prose 13).

 Mais FINALEMENT LES PLUS AVANCÉS DES BIODYNAMISTES RÉCUSENT LES CRISTALLISATIONS SENSIBLES

Pierre Masson responsable de BioDynamie Services, qui  « élabore et distribue des préparations biodynamiques et fournit d’autres produits et matériels nécessaires pour l’agriculture et le jardinage », écrit (Château le 21 juin 2016):

« Il faut rappeler que Demeter, ni en France ni au niveau international, n’a reconnu officiellement la méthode des cristallisations sensibles comme moyen de preuve. Un des problèmes majeurs est la faible reproductibilité des images de cristallisation réalisées par la plupart des laboratoires de cristallisations. Ceci jette un doute sérieux sur la capacité discriminante des méthodes employées pour certains échantillons et certaines substances ».

(DEMETER EST L’ORGANISME LABELLISANT TOUS LES PRODUITS BIODYNAMIQUES)

En guise d’illustration de l’absence de garanties apportées par une telle méthode, on trouvera sur le site de L’Institut Français du Vin ( IFV) , les commentaires suivants à propos des méthodes d’évaluation pour les systèmes de production biologiques : « Une autre approche est celle des analyses dites « globales » du type cristallisation sensible qui sont évaluées sur des échantillons « vigne » et/ou « vin ». Après plusieurs années d’études, il apparait que la répétabilité de ces analyses n’est pas satisfaisante, sauf dans de très rares cas. Même dans ces cas-là, il n’a pas été possible de relier les interprétations du laboratoire d’analyse globale aux indicateurs œnologiques ou viticoles mesurés. Le type de résultats (analyse d’image) est très dépendant du laboratoire et de l’expertise du réalisateur, avec un vocabulaire parfois difficile à traduire en langage scientifique reconnu. »

« L’approche par cristallisation sensible est étudiée depuis 4 années. Il n’est pas possible de confirmer que cette méthode apporte une assurance au niveau de la répétabilité des résultats. Et même dans les cas les plus favorables, il n’a pas été possible de faire des liens avec les informations fournies par les indicateurs classiques, vitico les ou œnologiques.
Par conséquent, il parait difficile d’utiliser les résultats de ces analyses pour mettre en évidence des comportements spécifiques entre les modalités étudiées
tant au niveau viticole qu’au niveau œnologique. »

« Lorsque les conditions opératoires sont mal maîtrisées, le pouvoir discriminant de la méthode est affaibli et la différenciation entre additifs devient problématique,voire impossible. C’est pourquoi le laboratoire qui pratique cette méthode devrait pouvoir fournir des éléments de validation expérimentale (répétabilité, reproductibilité, stabilité du processus expérimental) et d’évaluation de son potentiel discriminant ».5Jean-Georges Barth, Docteur ès Sciences Pharmaceutiques, Biologiste des Hôpitaux et Botaniste et est un des meilleurs spécialistes de la méthode de cristallisation avec additif. Il a effectué de nombreuses recherches méthodologiques et réalisé des publications scientifiques reconnues.

L’avis d’un scientifique, interrogé par le site Vin Indicateur (« un guide gratuit pour les amoureux du vin ») qui a analysé l’ouvrage de Christian Marcel, et qui constate : « Mais, pour être pleinement réussie, l’interprétation expérimentale doit se doubler d’un d’exercice spirituel tiré des enseignements de Rudolph Steiner, le fondateur de la biodynamie ».

Afin de susciter le débat, nous avons fait appel à M. P.-G. David, docteur en physique et directeur d’une agence de communication scientifique, afin qu’il nous livre son avis de scientifique conventionnel sur l’ouvrage et les techniques dont il est ici question : « Les acteurs de la cristallisation sensible ont une rigueur indéniable. La technique est claire et les résultats expérimentaux nombreux et répétés. Il y a cependant un problème de fond : si leur instrument est très précis, ils ne savent pas ce qu’ils mesurent. La raison pour laquelle les cristaux forment tel ou tel motif n’est pas documentée. Ces biodynamistes décident alors d’attribuer aux motifs une valeur de qualité du produit, mais c’est là précisément qu’ils décrochent avec la démarche scientifique : on ne décide pas du sens de résultats expérimentaux. Je peux moi-même décider à tout moment que le nombre de voitures bleues (qui varie selon de nombreux facteurs) croisées dans la rue détermine ma chance ce jour-là, mais ni la notion absolue de chance, ni le lien entre mesure et résultat ne fait sens dans ce cas, scientifiquement parlant. Le lien de causalité – de cause à effet – qui doit être mis au jour dans toute expérience si elle veut obtenir un crédit scientifique est rompu dans la cristallisation sensible. Rien n’empêche, en revanche, de croire qu’elle est une mesure directe de la qualité. »

RAPPELONS ENFIN QUE LE FABRICANT LUI-MÊME RECONNAIT QUE SON PRODUIT A BASE DE FÉMUR DE GEAI ET DE COQUILLE DE NAUTILE NE FONCTIONNE PAS DE FAÇON REPRODUCTIBLE :

« N’est-ce pas un peu étrange, écrit-il,  que l’on ne ressente pas toujours les   effets ?

— « Cela ne facilite pas notre travail de communication, c’est certain. Mais des murs dont la présence serait sensible en permanence ne nous laisseraient pas libres. Nous devons nous habituer au fait que de nombreuses influences notables ne peuvent pas être perçues directement physiquement. Cela ne s’applique pas seulement aux ondes et rayonnements en tous genres ».

FAUT-IL RAPPELER QUE LA REPRODUCTIBILITÉ EST LA CONDITION MÊME DUNE EXPÉRIENCE SCIENTIFIQUE VALIDE ?

leur répétabilité ne met évidemment pas en jeu notre liberté : ce raisonnement est parfaitement spécieux !

Dans le cas contraire, l’effet ne serait que psychique, c’est à dire … dû  à un placebo. D’ailleurs le fabricant insiste fortement sur les conditions psychiques de l’observateur :

« Il s’agit d’impressions subtiles que l’on enregistre au mieux quand on est en état d’éveil maximal,  tout en restant détendu. Si vous ne ressentez rien, cela ne veut pas dire qu’il y a un problème de votre côté ou de celui de Pneumatit®.
Cela veut simplement dire que vous ne faites aucune expérience consciente en cet instant précis La capacité d’en avoir des perceptions précises dépend de la constitution personnelle, de la bonne forme du moment, mais aussi de l’exercice. Nous ne devons surtout pas avoir des images figées, comme celle d’une prétendue (in)compétence. Car il y a toujours des surprises… »

IL ME SEMBLE QUE L’AFFAIRE EST ENTENDUE ?

Vous avez-dit « affaire » ? Avec une seule coquille de nautile, « on fabrique dix litres de teinture mère »,  Après cinq phases de dilution, ils donnent un million de litres de cette mixture Pneumatit. Ce qui permet, au final, de traiter « huit millions de mètres cubes de béton ». Le coût ? « Si j’avais construit cet hôtel en bois, il aurait coûté 15 % de plus. » Avec cette recette, le montant de la facture a juste pris « + 1 % » par rapport à un projet identique, mais avec un béton conventionnel.

L’essor commercial du jus de Nautile et de fémur de Geai est donc assuré !


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