ÉCOLE NYSSEN : la fin, pour dérive sectaire, ou un recul anthroposophique stratégique ?

nyssen la croix 20 minutes

AU JOURNAL DE FRANCE-CULTURE écoutez la réponse  très hésitante de F. Nyssen :

 

Extrait du site https://veritesteiner.wordpress.com/ en hommage aux efforts inlassables de G.Perra pour faire connaître la    vérité. (version plus complète)

Françoise Nyssen n’a pas pris ses distances avec l’école du Domaine du Possible et l’Anthroposophie

        La scène à laquelle les auditeurs de France Culture ont pu assister le mercredi 19 septembre vers 8h00 (https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-8-h/journal-de-8h-du-mercredi-19-septembre-2018) avaient sans doute de quoi en surprendre plus d’un : la Ministre de la Culture, Françoise Nyssen, la voix blanche et le souffle presque coupé, tentant maladroitement de se justifier après la diffusion d’un reportage sur l’école qu’elle a fondée avec son mari, Jean-Paul Capitani – le Domaine du Possible – où des enfants ont été conduits par des anthroposophes à réaliser, sans que leurs parents n’en soient avertis, le sombre rituel ésotérique de la Spirale de l’Avent, dans une lugubre procession à peine éclairée par quelques vacillantes bougies dans une pièce privée de toute lumière en plein jour.

        La question qui se pose – à présent que ce scandale a éclaté – est selon moi de savoir comment il a été possible d’en arriver là ? Comment en France, patrie des Lumières, sous la Vème République, un établissement fondé par une Ministre en exercice a-t-il pu être le théâtre d’une action pédagogique aussi inquiétante et retrograde, en lien avec une dérive sectaire ? Comment a-t-on pu permettre à des anthroposophes notoirement connus, comme les époux Dahan – mais également Mathilde Manteaux, Iona Coblenz-Lochu et Jean-Pierre Ablard – de se sentir autorisés à faire tout ce qu’ils voulaient avec les enfants dont ils avaient la charge, au point de se livrer avec eux à leurs répugnantes cérémonies anthroposophiques ?

Dans cet article, je voudrais tenter de pointer les divers responsabilités de ce qui s’est produit. Car celles-ci sont, à mon sens, multiples.

1) La responsabilité de la Ministre de la Culture Françoise Nyssen

     Bien évidemment, la plus grande part de responsabilité dans la survenue de cet événement incombe à Françoise Nyssen. Parce que cette femme a été totalement incapable de surmonter par des voies normales le suicide tragique de son fils Antoine, il a fallu qu’elle trouve le secours funeste des anthroposophes, qui n’ont pas manqué de profiter de tout ce que cette dernière était en mesure de leur offrir en termes de réseaux, de notoriété, de moyens et même d’argent. Sans doute aura-t-elle trouvé dans quelques séances de spiritisme anhroposophique réalisées avec la pratique de l’Eurytmie un réconfort illusoire procuré par l’impression que son fils défunt lui parlait directement à travers les figures que l’exécutante drapée de voiles translucides effectuait devant elle, lors de ces cérémonies d’évocations des Morts dont les anthroposophes ont le secret. Toutefois, la profondeur de la douleur ressentie par Madame Nyssen n’excuse en rien la crédulité dont elle a fait preuve en la matière.

      À ce titre, il est regrettable de constater qu’aujourd’hui encore, Madame Nyssen n’assume pas ce qui s’est produit par sa faute et ne semble pas animée du nécessaire repentir qu’une prise de conscience de la dangerosité de l’Anthroposophie aurait dû lui procurer. Notons bien à cet égard qu’elle parle de « coupure » et non de « rupture » avec l’école du Domaine du Possible, tandis qu’elle précise qu’elle ne s’en occupe plus aujourd’hui « parce qu’elle est (en ce moment) Ministre de la Culture », laissant entendre qu’elle retournera s’en occuper une fois sa charge ministérielle achevée. Or, dans la bouche d’une éditrice, les mots ne sont jamais choisis au hasard !

       En effet, Françoise Nyssen semble très loin d’être prête à renoncer au lien affectif qui la lie corps et âme à cet établissement qu’elle a créé avec les Dahan, ni peut-être même au lien avec les Dahan eux-mêmes : d’après les témoignages qui me sont parvenus, c’est chaque fois les larmes aux yeux qu’elle retourne régulièrement dans cette école, comme si elle y retrouvait la présence de son fils défunt. Elle y était d’ailleurs en personne il y a peu de temps, lors de la journée porte ouverte qui a eu lieu le 21 avril dernier. Pour quelqu’un qui est censé ne plus s’en occuper, je trouve qu’on l’y voit encore bien souvent !

       Feindre, comme elle le fait, « d’avoir pris ses distances avec cette école », comme elle le déclare aujourd’hui à la presse, est donc encore une fois d’une profonde malhonnêteté, tant envers la société française qu’envers elle-même. Il suffit par exemple de constater que c’est toujours (le jeudi 20 septembre 2018 à 18h44, mais Madame Nyssen semble surveiller mon blog avec vigilance) une photo d’une fête de l’école où l’on aperçoit les Dahan qui orne son profil Facebook, pour se rendre compte de liens affectifs qui perdurent ne sont sans doute pas prêts d’être rompus.

      Certes son mari, Jean-Paul Capitani, semble avoir mieux compris, quant à lui, la vraie nature de ceux à qui il avait eu affaire et qui lui ont effrontément menti sur de nombreux points. Il parle à présent en effet ouvertement de « dogmatiques » et de « manipulateurs », à raison. Mais dans quelle mesure ce début de prise de conscience du mari pourra-t-il permettre le retour partielle à la réalité d’une épouse psychologiquement instable, dont le seul etayage psychologique paraît être aujourd’hui la spiritualité et ses croyances du New-Age ?

      Pour ma part, je pense que Madame Nyssen est davantage animée dans ses déclarations actuelles par une volonté stratégique que par un réel repentir. Comme le font habituellement les anthroposophes lorsqu’ils sont montrés du doigt, leur tactique consiste à promettre des efforts de transparence et de communication, à faire le mort le temps nécessaire pour qu’on les oublie… avant de tout recommencer comme avant dès que l’on a le dos tourné.

    D’ailleurs, il est important de faire savoir que les anthroposophes n’ont pas complètement quitté l’école du Domaine du Possible, contrairement à ce qu’a écrit la journaliste Delphine Tanguy dans son remarquable article paru dans La Provence, mais insuffisamment renseigné sur ce point précis. En effet, les professeurs Steiner-Waldorf Mathilde Mantaux et Iona Coblenz-Lochu enseignent toujours au Domaine du Possible ! Pour les avoir personnellement connues durant des années, je peux certifier qu’ils s’agit de deux femmes totalement imprégnées de la doctrine anthroposophique et de ses rituels ésotériques. Ce sont elles qui ont d’ailleurs coorganisée la cérémonie de la Spirale de l’Avent l’année dernière au Domaine du Possible.

       De plus, la propre fille des époux Dahan, Nathanaëlle Dahan-Selimi, qui a fait toute sa scolarité dans une école Steiner-Waldorf et qui a travaillé auparavant dans l’une d’entre elle, ayant fait sa formation de pédagogie Steiner-Waldorf à l’Institut Didascali, ainsi que Bénédicte Bihl, intervenante lors d’une formation Steiner-Waldorf, s’occupent encore actuellement du Jardin d’enfants de l’école du Domaine du Possible, ce qui revient à dire que la Maternelle de cet établissement est 100% Steiner-Waldorf !

Il ne faut pas non plus oublier M. Selimi, en charge des travaux d’entretien de l’école et époux de Nathanaëlle Dahan-Selimi.

2) La responsabilité du Rectorat de l’Academie d’Aix-Marseilles

     Par la bouche de l’inspecteur académique Dominique Beck, nous apprenons à présent que les inspections menées au Domaine du Possible ont révélé un niveau scolaire très faible, en dessous du socle commun de connaissances exigé. (Il serait à ce propos très intéressant que M. Dominique Beck communique à présent à la presse ou aux associations compétentes en matière de dérives sectaires le rapport d’inspection de cette école). Par cette déclaration, le Rectorat dont dépend le Domaine du Possible semble vouloir se déresponsabiliser du scandale en cours. Pourtant, cette responsabilité n’est pas des moindres, comme nous allons le voir !

     En effet, comment oublier que le Recteur de l’Academie, Monsieur Bernard Beignier, a lui-même et par voie de presse cautionné ce qui se passait dans cet établissement, déclarant que « l’école n’était pas du tout suspecte de dérive sectaire, puisque ses dirigeants venaient vers ses services pour leur demander conseils » (Lire à ce sujet : L’incroyable naïveté du Recteur de l’Academie d’Aix-Marseilles, disponible sur ce blog).

       Comment oublier également qu’un Recteur à la retraite de l’Academie de Montpellier, M. Christian Philipp, est venu accompagner officieusement une inspection conduite par M. Dominique Beck, le 26 septembre et le 18 décembre 2017, en toute discrétion, avec interdiction pour le personnel de l’école de prendre des photos le jour de cette venue, afin de donner ses conseils en vue de faciliter la mise sous contrat anticipée de l’école du Domaine du Possible, contre toutes les règles en vigueur de ce ministère ?

      Comment oublier enfin que c’est parce qu’ils avaient si peu confiance en les services du Rectorat que les personnels de l’école du Domaine du Possible – qui s’alarmaient de la dérive anthroposohique de leur établissement – se sont tournés vers la presse plutôt que vers les services compétents de leur Académie, soupçonnant une collusion et une complicité dont ils auraient pu faire les frais personnellement en cas de dénonciation ?

3) La responsabilité du Ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer

      Lorsque Madame Françoise Nyssen parle publiquement de ses relations avec Jean-Michel Blanquer, celle-ci n’hésite pas à déclarer qu’il y aurait entre eux une certaine proximité. En réalité, il s’agit d’un euphémisme. D’après les renseignements que j’ai pu obtenir, M. Blanquer et Mme Nyssen ne sont pas seulement proches, mais amis. Cependant, il a été décidé que cette amitié devait rester confidentielle, pour des raisons aisément faciles à comprendre.

      Car une telle amitié n’est sans doute pas pour rien dans le fait que Françoise Nyssen a réussi à convaincre M. Blanquer de venir visiter en personne l’école du Domaine du Possible ! En effet, le service d’ordre du Ministre de l’Éducation Nationale était déjà présent sur les lieux à l’attendre, lorsque ce dernier a été empêché au dernier moment d’effectuer sa visite, rappelé en urgence à Paris par Emmanuel Macron en raison de la tempête Irma survenue la veille.

     Si l’on veut chercher la responsabilité du comportement tout-à-fait anormale de complaisance dont a fait preuve le Rectorat d’Aix-Marseilles envers cette structure scolaire liée à une dérive sectaire, sans doute faut-il aller la chercher un cran plus haut, dans cette amitié cachée entre nos deux Ministres.

4) La responsabilité de la MPPS

      Peu de gens le savent mais il existe, au sein de l’Education Nationale, une structure visant à lutter contre les dérives sectaires dans l’éducation : la MPPS. Cette structure est dirigée, au niveau national, par deux inspecteurs entièrement consacrés à cette mission de vigilance, tandis que chaque académie possède des correspondants locaux.

      En la circonstance actuelle, il est permis de se demander quel fûrent le rôle et l’action du correspondant de la MPPS sur l’Academie d’Aix-Marseilles, dont dépend l’école du Domaine du Possible ? Comment se fait-il que les inspecteurs du Rectorat qui ont menée leur mission d’inspection dans cet établissement ne semblaient pas avoir été avertis du risque de dérive sectaire qui était susceptible de s’y produire ? Comment se fait-il également que les inspecteurs nationaux ne se sont pas saisis du problème alors que la MIVILUDES – avec qui ils sont pourtant régulièrement en contact – est parfaitement au clair au sujet de l’Anthroposophie et des écoles Steiner-Waldorf ?

    Il n’est absolument pas dans mes habitudes de critiquer ni les institutions, ni les associations, ni les individus qui s’occupent de lutter contre les dérives sectaires en France. Je reconnais au contraire leur utilité, leur valeur et leurs compétences. Mais pour avoir pu observer comment fonctionne la MPPS depuis quelques années – en rapport avec les écoles Steiner-Waldorf – tant au niveau national qu’au niveau académique (notamment au Rectorat Versailles où se trouvent plusieurs écoles Steiner-Waldorf), je me permets de préconiser une nette amélioration du fonctionnement de cette mission, faute de quoi des cérémonies anthroposophiques comme la Spirale de l’Avent risquent bien de se reproduire ici où là, sans parler d’autres dérives sectaires encore plus graves.

5) La responsabilité de l’Exécutif

     Avoir nommé Françoise Nyssen au poste de Ministre de la Culture est de la responsabilité du Président de la République Emmanuel Macron et de son Premier Ministre Édouard Philippe. Pour ma part, compte-tenu des moyens d’informations dont je sais qu’ils disposent, je ne peux pas croire qu’ils aient pu ignorer les liens que la directrice de la Maison d’Édition Actes Sud entretenait depuis des années avec l’Anthroposophie et ses hauts dirigeants. C’est la raison pour laquelle je ne comprend pas que cette personne puisse être maintenue avec une telle opiniâtreté dans des fonctions dont sa collusion avec une dérive sectaire comme l’Anthroposophie la rends à mon sens indigne.

       S’agit-il d’un calcul électoral ? D’une affinité intime pour le New-Age ? D’un aveuglement coupable ? L’avenir le dira probablement, tandis qu’aujourd’hui le doute demeure.

À l’heure présente, la responsabilité des deux plus hauts personnages de l’Etat français est donc engagée envers chaque enfant scolarisé à l’école du Domaine du Possible, ou dans les écoles Steiner-Waldorf en France. Avoir laissé pénétrer l’Anthroposophie jusqu’au Ministère de la Culture est grave ! Cela fait partie des choses que l’Histoire pourrait bien retenir.

   

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