La communication des anthroposophes face au pavé du Monde Diplomatique dans la mare de leur obscurantisme

Avec courage et talent, Jean-Baptiste Malet nous a donné dans la livraison de juillet du MD, « des histoires et des outils efficaces et accessibles » pour lutter contre l’obscurantisme particulièrement retors des disciples de Rudolph Steiner.

Comme il l’a précisé lors d’une interview à propos de son enquête sur l’industrie de la tomate : (…) « dans ma propre famille, comme dans toutes les familles politiques, certains se contentent de l’indignation. J’essaie donc, modestement, de fournir des outils efficaces et accessibles, qui permettent aux classes populaires de s’approprier la critique du capitalisme, de l’arbitraire, de la domination et de l’obscurantisme sous toutes ses formes. C’est ma manière de participer au combat.

« Dans cette démarche, entre aussi en compte mon admiration pour les Lumières et les encyclopédistes : j’essaie de mettre mes pas dans les leurs. Je considère que la raison et la connaissance du monde sont une arme au service du progrès. (…) je crois que l’homme peut progresser, s’émanciper grâce à son entendement, sa raison, en s’arrachant à l’obscurité ».

Mais les anthroposophes ont réagi avec beaucoup d’adresse à l’enquête du Monde Diplomatique : devant l’habileté des réponses apportées par leurs différents communiqués de protestation, je veux souligner ici l’ambiguïté perverse et constante de la communication de ce mouvement vis à vis du public. Pour répondre aux critiques, l’anthroposophie, entreprise d’oppression intellectuelle obscurantiste, fait constamment appel aux libertés publiques qu’elle contribue à délégitimer.

En particulier, elle ne cesse d’évoquer l’indépendance que son système accorderait aux adeptes.

DES ARGUMENTS SPÉCIEUX

Les anthroposophes s’abritent derrière la tolérance religieuse1 que notre société accorde aux cultes, alors même qu’ils refusent de passer pour adeptes d’une religion : L’une des composantes du problème, c’est que l’anthroposophie est un courant qui tient compte de la dimension spirituelle, tout en étant marginale et peu connue. Inconsciemment, elle éveille la peur parce qu’elle est inconnue. « [au contraire] Les religions officielles ne posent pas question, elles sont rassurantes, parce que connues. Que dire de l’Église catholique, un « empire », une « multinationale » autrement puissante et influente ?

Cependant cette référence à la tolérance religieuse de notre société ne les empêche pas de lui reprocher ce qu’ils estiment être un refus de l’irrationnel : « Finalement, pourquoi serait-il «irrationnel» de penser que dans le monde, des forces invisibles ou spirituelles seraient à l’œuvre? »

L‘ambiguïté essentielle de l’anthroposophie est née de la confusion volontairement instituée par R.Steiner entre science et spiritualité : « Steiner a développé une méthodologie de recherche qui s’applique, avec la même rigueur que les sciences de la nature, au-delà des limites sensorielles. C’est le franchissement de cette limite qui est souvent perçu comme une transgression aberrante et dénoncé comme une « pseudoscience ». Quoi qu’il en soit, pour qui voudrait récuser la possibilité de ce franchissement, toute argumentation doit d’abord se placer sur le terrain de la pensée, des concepts, de la connaissance.

Cette ambiguïté explique que toute critique soit accusée d’atteinte, tout à la fois, aux libertés de croyance, de recherche scientifique et d’opinion : « L’économie de cet effort ne devrait pas conduire un journaliste à malmener le droit à la liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression ».

MAIS QU’EN EST-IL DE LA LIBERTÉ CHEZ LES ADEPTES ?

La méthode anthroposophique serait, selon le site de l’association anthroposophique 2 en France, basée sur la liberté de chacun, loin de toutes prescriptions impératives : La vie anthroposophique n’aurait rien d’une pratique centralisée ou soumise à des directives.

Ni système, ni doctrine, l’anthroposophie ne serait qu' »un stimulant pour le renouvellement des fondements de notre vie et de notre culture, et avant tout un lien vivant et adapté à notre époque entre l’individu et le monde spirituel. Ainsi, elle est un chemin qui mène du spirituel dans l’individu au spirituel dans le cosmos. « 

(…)« Éveillé aux réalités du monde spirituel, l’homme peut prendre en main la suite de son évolution grâce à un développement individuel intérieur reposant sur un engagement libre, conscient et créateur. Des exercices de méditation et de développement intérieur que l’individu se choisit pour lui-même peuvent ainsi aider au renforcement des capacités psychiques, une hygiène de l’âme, une présence plus pleine et plus éveillée au monde et aux autres » .

En fait de prise en main personnelle et de libre choix des exercices de méditation, l’accès à cette spiritualité impose le recours permanent à un guide, « l’instructeur » qui guidera « l’ouverture des « chakras« 3 de l’adepte, condition nécessaire de l’accès aux mondes supérieurs :

« Lorsqu’un homme a évolué et organisé son corps éthérique comme nous venons de le décrire, une nouvelle vie s’ouvre devant lui. Son instructeur doit alors lui communiquer à temps les directions qui lui sont nécessaires pour cette nouvelle existence (…) C’est en se plongeant dans des méditations précises, communiquées individuellement par l’instructeur, que l’élève apprend à mettre en mouvement et à diriger les courants émanés de la «fleur de lotus à deux pétales»(…) Beaucoup de gens ont naturellement ce désir, mais celui qui se contente de l’avoir sans vouloir se plier aux conditions imposées par l’instructeur ne saurait rien entreprendre de bon ». (La Science de l’Occulte trad par Jules Sauerwein 12ème éd.)

Selon Steiner, les recherches de tous les occultistes aboutiraient aux mêmes découvertes, l’adepte est donc guidé là où il DOIT aboutir. Adepte de la pensée gœthéenne, qui donne priorité aux sens sur la raison, le Maître a ainsi révélé en biodynamie une technique qu’il a imposée aux disciples en affirmant que les preuves scientifiques viendraient plus tard. Or la dernière méta-analyse américaine  portant sur plus de cinquante recherches conclut toujours à l’absence d’intérêt de la méthode biodynamique sur une bonne culture biologique.

UNE ORGANISATION  SOUPLE ET LIBRE ?

Toujours selon la présentation du site de la société française d’anthroposophie, c‘est encore la liberté qui rassemblerait, sur leur initiative individuelle,  « les personnes préoccupées par la dimension spirituelle de la vie. Ces personnes recherchent une culture de la vie de l’âme qui s’appuie sur une connaissance du monde spirituel. Par-là, elles créent aussi des relations entre elles ».

« La Société est un creuset qui favorise ce type d’initiatives, qu’elle s’efforce de mettre en relation par différentes formes de rencontres. Les groupes qui veulent à la fois se rendre visibles et garder un lien avec l’ensemble des initiatives, ainsi que les branches, qui ont un caractère plus officiel et formel, se font connaître au siège de la Société. »

Du coup, tous les communiqués anthroposophiques adressés en réponse au Monde Diplomatique, réfutent l’un après l’autre l’existence d’un mouvement organisé :

BIODYNAMIE « En tant qu’association francophone d’agriculture biodynamique qui s’inspire des indications de Rudolf Steiner mais aussi d’Ehrenfried Pfeiffer, reconnu comme un des fondateurs du mouvement mondial d’agriculture biologique et de nombreux autres pionniers, le MABD et Demeter s’inscrivent totalement en faux contre une telle insinuation. Le MABD est une association sans but lucratif juridiquement et financièrement totalement indépendante d’autres organisations s’inspirant de l’anthroposophie.

DEMETER « De même l’Association Demeter -France, chargée de la certification, est également totalement indépendante. Les seuls liens avec certaines des organisations citées dans l’article sont des liens d’échanges culturels comme nous en avons avec de nombreuses autres organisations de la société civile, telles que des organisations d’agriculture biologique et des organisations de défense de l’environnement, etc « 

« Que ces institutions se regroupent le cas échéant dans des fédérations d’entraide repose sur leur libre initiative. Qu’elles entretiennent des relations de travail avec les autres institutions en de multiples congrès et autres rencontres relève de leur seule volonté propre et ne nuit pas à leur autonomie, ni aux formes de cogestion de leur choix. »

Donc pas de « mouvement commun » ni même de réussite financière : Pas un mot en réponse au Monde Diplomatique qui avait révélé les réussites des Labo Weleda, ou Haushka ou de l’Université anthroposophique, et de la chaine de droguerie DM, qui sont premières dans leur catégorie. Rien non plus sur les deux banques qui ont permis au mouvement de mettre la main sur le secteur social et solidaire.

Par contre, on pleure 4 sur la situation des écoles Steiner françaises :« On croit rêver, quand on connaît par exemple depuis longtemps la situation des écoles Steiner qui essaient péniblement de survivre, particulièrement en France où qu’elles ne sont pas reconnues par l’État. (pourtant plusieurs n’ont-elles pas demandé et obtenu leur agrément ?)

Un comble : les parents seraient lésés par l’État: « Quand on sait que les parents de ces écoles doivent payer leurs impôts, dont une part revient pourtant à l’éducation, tout en contribuant financièrement à la survie d’une école qu’ils ont choisie librement pour leurs enfants, en toute connaissance des fondements sur lesquels elle repose« .

En fait, l’absence d’information des parents est souvent soulignée par la critique, comme par la MIVILUDES. Ainsi JB Malet a pu révéler que l’école Steiner-Nyssen d’Arles fait pratiquer aux enfants les rituels religieux anthroposophiques, à l’insu des familles.

Quant au lobby européen ELIANT… c’est encore pour défendre, dans un quasi- dénuement, la liberté individuelle contre l’emprise puissante des États :

Il s’agit seulement 5 de « quelques personnes qui essaient de défendre, au niveau européen, la liberté de se soigner, d’éduquer ses enfants et de cultiver la terre autrement que selon un modèle imposé par les États – qui bien souvent sont en collusion avec des intérêts financiers autrement puissants que ceux de l’«empire anthroposophique»! Quelques personnes qui disposent de quelques bureaux à Bruxelles, dans une maison léguée par une anthroposophe, qui sont en lien avec d’autres qui les aident comme ils le peuvent, en plus de leur travail quotidien. Voilà la réalité de ce puissant «lobby»!

Par contre, les divers communiqués ne disent pas un mot sur le rôle du Gœthéanum de Dornach et de sa mystérieuse école de science de l’esprit. Pourquoi donc existe-t-il dans ce centre universel des sections spécialisées dans chacune des activités où s’illustrent librement les disciples, sinon pour les encadrer ?6

II. LES ANTHROPOSOPHES A L’ŒUVRE POUR UNE CONTRE-SOCIÉTÉ ÉSOTÉRIQUE

« Dès ses origines, écrit JB Malet, la Société anthroposophique s’est donné pour mission non pas de massifier le mouvement par un prosélytisme agressif — les anthroposophes revendiquent seulement 44 000 membres à travers le monde —, mais plutôt de créer des pôles où germe une contre-société (19). Qu’ils soient scolaires, médicaux, économiques ou agricoles, ces îlots s’emploient à « régénérer spirituellement » les individus. C’est en changeant les consciences qu’on agit sur l’ensemble de la société, estimait Steiner. (…)

En agriculture, en médecine, ou en pédagogie, les « découvertes » de Steiner s’appuient sur le sa revendication d’une spiritualité qui aurait un fondement dit scientifique, mais d’une toute autre nature que la science classique.

Ce qui n’empêche pas la biodynamie de prendre prétexte de supposées vérifications par les moyens de la science officielle… qui leur dénie toute validité. Quant aux méthodes propres à l’anthroposophie, comme les « cristallisations sensibles », elles n’ont pas résisté à l’épreuve des faits et du temps.

« S’il est vrai que l’agriculture biodynamique 7 s’appuie sur la méthode de la «science de l’esprit qui intègre l’aspect spirituel ou invisible» de la réalité dans son approche de la nature, cela n’en fait nullement une religion dogmatique avec l’ « organisation de rituels ésotériques dans les champs , chargés de dynamiser spirituellement les sols, les plantes et l’univers par des méditations, une liturgie et des accessoires qui seraient dotés de pouvoirs surnaturels »‘ .

Cette réponse est une nouvelle tentative pour nier les aspects ésotériques de la biodynamie, justement rappelés par JB Malet, mais qui font l’objet d’un camouflage constant de plus en plus fréquent. Au point que le site actuel du MABD décrit les préparations au fondement de la méthode simplement comme élaborée à partir de la bouse et des cornes de la vache (pour la 500), réalisée à partir de quartz broyé et de cornes de vache (pour la 501) . Ce qui évacue astucieusement les modes de préparation visant à ce que les enseignements biodynamiques avaient décrit comme la « transmutation alchimique » du quartz et de la bouse insérés dans les cornes. Cette transmutation est réputée maintenant n’être qu’une banale « maturation fermentaire« . Quant aux préparations destinées au compost, insérés obligatoirement six mois dans vessie de cerf, crâne d’animal domestique ou autres bouts d’intestins bovins puis enterrées pour capter les énergies cosmiques, elles ne sont plus citées que sous forme de « préparations (…) élaborées à base de plantes médicinales qui, pour la plupart, subissent un processus fermentaire dans des organes animaux. »

Quant au dogmatisme, il suffit de constater l’excommunication de fait 8 infligée à Maria Thun, la fameuse créatrice des « calendriers planétaires », lorsqu’elle voulut modifier le mode de « transmutation alchimique » des préparats en utilisant des organes végétaux en remplacement des organes animaux interdits lors de l’épidémie de vache folle.

On peut aussi observer combien les propositions de l’agriculteur biodynamiste Hugo Erbe modifiant les préparations agricoles biodynamiques 9 de Steiner n’ont eu aucun écho dans les enseignements du mouvement MABD, seul organisme officiel enseignant la méthode, quoi qu’on en dise !

Il y a plus grave encore comme dissimulation : la biodynamie est désormais enseignée en Formation Professionnelle pour Adultes dans deux de nos Lycées agricoles à Obernai (67) et Segré (49) . À Segré, la direction a nié ouvertement toute référence à la doctrine anthroposophique, soutenue par le viceprésident du conseil régional Jean-Philippe Magnen, qui affirma carrément à la presse n’avoir pas vu « de liens avec un quelconque courant de pensée« 10 dans les contenus enseignés. Alors que la lecture de la « Science de l’Occulte » de R.Steiner était recommandée aux élèves, et ses ouvrages de base ouvertement au programme de cette formation.

La plupart des adeptes de ce « mouvement » étrange refusent de le reconnaître, ou ne sont pas reconnus par lui : on peut citer Françoise Nyssen, ex-ministre de la Culture, qui a fondé une école pratiquant la pédagogie anthroposophique, et son directeur Henri Dahan ex-secrétaire général de la fédération des écoles Waldorf Steiner, obligé de se reconnaître anthroposophe devant la Justice 11. Alors qu’un des communiqués 12 prétend « Contrairement à ce que suggère Monsieur Malet, Henri Dahan n’est ni membre, ni une figure de la Société anthroposophique. Françoise Nyssen non plus n’est pas membre de la Société anthroposophique, et ne l’a jamais été ».

De telles habiles altérations ou dissimulations de la vérité évoquent les comportements de mouvements acharnés à masquer leurs dérives sectaires.

DES BIZARRERIES D’UN AUTRE ÂGE ?

M. Raymond Burlotte, responsable de l’Institut Rudolf Steiner de Chatou (Yvelines), (cité par JB Malet), reconnaît sur le site de la Fédération pédagogie Steiner-Waldorf : « De fait on y rencontre ici ou là des propos qui peuvent sembler bizarres, scabreux, voire délirants, écrit C’est pourtant parmi de tels propos tenus souvent à brûle-pourpoint (…) que l’on trouve [des] déclarations étonnamment prémonitoires »…

Peut-on encore défendre « la rigueur des méthodes d’investigation de R.Steiner » pour lequel, comme le rappelle encore JB Malet, « Mars serait une planète liquide, la Terre un crâne géant, la Lune un amas de corne vitrifiée, et tricoter donnerait de bonnes dents ; les îles et les continents flotteraient sur la mer, maintenus en place par la force des étoiles ; les planètes auraient une âme ; les minéraux proviendraient des plantes ; les êtres clairvoyants pourraient détecter les athées, car ils seraient forcément malades ; initialement immobile, la Terre aurait été mise en rotation par le « je » humain (9). « Ce sera le Bien, que de découvrir comment, à partir de deux côtés du cosmos, des forces du matin et des forces du soir peuvent être mises au service de l’humanité : d’un côté à partir des Poissons, de l’autre à partir de la Vierge » (10).

Cependant, nos contemporains ne paraissent guère porter au préjudice de R.Steiner ces délirantes conceptions astronomiques, à faire se tordre un élève de troisième, mais qui peuvent paraître d’un âge révolu.

Ils seraient sans doute beaucoup plus intéressés par les deux récentes manifestations , issues de l’exploration des sphères supérieures par le génie anthroposophique, mais que JB Malet, faute de place sans doute, n’avait pas évoquées.

Annoncé par Steiner, LE MOTEUR SANS ÉNERGIE a été étudié à grand frais par le Gœtheanum entre 1991 et 2011, avec le mécénat du laboratoire anthroposophique Weleda. Ce moteur éthérique, actionné par la seule pensée, devait révolutionner le monde du travail (ICI ) Si l’affaire se termina par des soupçons de fraude et d’escroquerie à l’encontre du chercheur désigné 20 ans plus tôt, à aucun moment le moindre soupçon ne fut exprimé par le Goetheanum sur la validité d’une pareille intuition, née de l’étrange affaire du moteur de Keely (ICI), qui avait subjugé R.Steiner. Il semble bien que l’élimination du chercheur Paul Emberson soit plutôt due à ses interprétations — jugées non-orthodoxes — des textes du Maître concernant l’électricité et le magnétisme, où il avait cru voir justifiée sa propre condamnation des aspects « diaboliques »… de l’informatique.

Plus près de nous encore, LE BÉTON BIODYNAMIQUE semble avoir un bel avenir, puisque, réputé depuis 3 ans en Suisse, l’additif Pneumatit s’est implanté dans une église à Colmar, et dans divers bâtiments, dont l’hôtel BestWestern de Rennes, comme le relate une presse légèrement surprise : car il s’agit de la découverte, par un adepte se revendiquant de la pensée de R.Steiner, d’un additif résultant de la dilution, « dynamisée » dans les règles biodynamiques, d’une formule essentiellement à base d’une coquille de nautile et d’un os de fémur de geai, auxquels divers métaux sont adjoints. Et ce n’est pas l’initiative de n’importe qui, mais de la plus grande entreprise agricole biodynamique suisse. L’additif « ancre dans le béton des forces très précises, reliant des domaines spirituels et supra-physiques aux substrats géologiques, avec le souci constant des effets qui en résulteront pour l’homme et l’animal. » Mélange fort rentable puisque suffisamment dilué pour traiter … huit millions de mètres cubes de béton. L’effet en serait prodigieux, puisque les maladies engendrées par le séjour dans des bâtiments en béton seraient évitées, avec en prime de nouvelles sensations de bien être.

Faut-il préciser que les supposés effets nocifs de l’habitat dans le béton n’existent nullement, pas plus que les avantages annoncés ? Sans plus de preuves scientifiques que l’agriculture biodynamique, ce placebo aura-t-il le même succès ? En tous cas, il est entré dans les socles de deux éoliennes de la Sarthe, afin de combattre de supposées « failles géobiologiques » décelées par radiesthésie. Allons, le progrès anthroposophique de la pensée est en marche.

Blog de Françoise Bihin, Lettre ouverte à Jean-Baptiste Malet, 01/07/2018, À propos de l’article L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme, Le Monde diplomatique, juillet 2018

 

2  https://anthroposophie.fr/anthroposophie/ Le texte a été légèrement modifié depuis la copie que j’en avais faite.

 

3 Steiner professe que pour appréhender les mondes suprasensibles, nous aurions besoin d’organes suprasensibles, notamment les chakras (ou lotus à plus ou moins de pétales). Ces organes se seraient fossilisés permettant ainsi de développer la conscience de soi, mais ils resteraient actifs chez les peuples primitifs capables d’une médiumnité naturelle. Les Occidentaux auraient eu cette clairvoyance instinctive jusqu’au Moyen Âge. Grâce aux exercices de méditations et à l’enseignement de Steiner, ces organes de perception seraient développés et réactivés.

4 Blog de Françoise Bihin, Lettre ouverte à Jean-Baptiste Malet, 01/07/2018, À propos de l’article L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme, Le Monde diplomatique, juillet 2018

 

Blog de Françoise Bihin, Lettre ouverte à Jean-Baptiste Malet, 01/07/2018, À propos de l’article L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme, Le Monde diplomatique, juillet 2018

 

6 Ainsi J-M. Florin, responsable du Mouvement d’agriculture biodynamique français, est aussi depuis 2010, codirecteur de la Section d’Agriculture de l’Université libre de science spirituelle du Goetheanum (Dornach- Suisse). Le gardien du dogme en quelque sorte.

 

7 Mouvement d’Agriculture Biodynamique, Demeter, communiqué du 11 juillet 2018.

 

8 Échanges portant sur Maria Thun et son œuvre, articles et courriers parus dans l’hebdomadaire « Das Gœtheanum, » au cours du 1er semestre 2012, N° 10 mars 2012, article :« aux portes de l’âme de conscience » par Manfred Klett.

 

Hogo Erbe, †1965, auteur de « Agriculture biodynamique, principe complémentaire » éditions Sang de la Terre, qui propose d’apaiser les « êtres élémentaires » agissant sur terre par des préparations nouvelles, comme celle à base de sang de vache fraîchement tuée, de lait, de miel, le tout enveloppé dans un scrotum de taureau.

 

10 Ouest-France, Segré, seize stagiaires suivent une formation, publié le 9/06/2015. L’article original -dont j’ai copie – était intitulé « Ce qui se cache derrière l’agriculture biodynamique » a disparu des archives. L’auteur en était Jean-Philippe Nicoleau. Voir : ICI

 

11 Au cours du procès en diffamation des anthroposophes contre l’UNADFI qui avait donné écho aux témoignages du philosophe Grégoire Perra contre les écoles-Steiner-Waldorf, où il fut élève puis enseignant. La justice débouta les plaignants en reconnaissant la bonne foi de M. Perra.

 

12 Société anthroposophique en France, communiqué du 3 Juillet 2018, « L’article de Monsieur Jean-Baptiste Malet paru dans Le Monde diplomatique de juillet 2018, intitulé « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme », nous contraint à une série de mises au point. « 

Une réflexion au sujet de « La communication des anthroposophes face au pavé du Monde Diplomatique dans la mare de leur obscurantisme »

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