NON, LA BIODYNAMIE N’EST PAS « homéopathique »

 

 

NON, LA BIODYNAMIE N’EST PAS « homéopathique »

Les anthroposophes ont la détestable habitude de pratiquer l’amalgame récupérateur : à la pensée de Goethe, ils font porter le chapeau des préparats magiques de la biodynamie, aux théories de Hahnemann, ils réfèrent la dilution élevée et la dynamisation de leurs préparats. Nous allons montrer combien sont particulièrement discutables ces « emprunts », qui visent, en fait, à rassurer les non-initiés, en leur faisant oublier la véritable source des « révélations » de Steiner.

LES SIMILITUDES APPARENTES

Par la dynamisation, la biodynamie paraît se rapprocher d’un des moteurs de l’homéopathie, l’agitation répétée, qui est supposée , chez Hahnemann,  priver les produits de leurs effets toxiques. Elle irait jusqu’à donner des pouvoirs curateurs à des corps qui n’en ont pas, comme l’or.

Tout au contraire, chez Steiner, il s’agit seulement de parfaire le mélange avec le solvant, « d’amener tout ce contenu de la corne de vache à se lier à fond avec l’eau, et d’interpénétration » Ses disciples actuels ont peaufiné le type de matériel acceptable, en bannissant les matières synthétiques, au profit du cuivre,  « en lien avec les forces de régénération issues de la sphère de Vénus ». Est également rejeté l’inox, parce que « contenant des métaux lourds associés au fer comme le chrome, le nickel ou le molybdène, qui ne sont nullement des métaux apparentés aux sphères planétaires, » (pouah!)

Il ne semble pas que les labo homéopathiques aient ce genre de préoccupations.

Les DIFFÉRENCES :

Les hautes dilutions de suffisent pas à constituer l’homéopathie : il faut considérer de quelle hypothèse elles procèdent ! Pour Hahneman c’est le principe du traitement par les semblables. Si tel produit, dosé fortement a tel effet sur l’organisme sain, à dose extrêmement diluée, le même produit devrait produire l‘effet inverse sur le malade correspondant.

Notez qu’on ne peut pas considérer comme « homéopathique » les spécialités toute faites destinées à traiter par ex la grippe (oscillococcinum) : il n’y a plus d’adaptation au cas individuel du patient, exigée par la théorie officielle.

Pour la biodynamie anthroposophique, chaque préparation résulte de méditations plutôt analogiques : ainsi la silice pure sous forme de quartz laisse passer la lumière, DONC elle favorisera la réception de la lumière par les feuilles. On n’est nullement dans la théorie des semblables produisant de effets inverses.

est donc la théorie des semblables là- dedans ?

Dans le cas de la bouse de corne, il s’agit de concentrer des forces mystérieuses (pour moi) dans un organe captateur, la corne, d’où elles ne pourront sortir, du fait de « sa forme savamment vrillée, largement ouverte vers le bas, (qui)monte en s’amenuisant pour se fermer solidement à l’autre bout. Une cavité est formée d’où ni des forces, ni des substances qui y ont pénétré ne peuvent ressortir quand d’autres forces ou substances veulent y entrer ».

Les préparations biodynamiques sont présentées comme fragiles, à conserver dans la tourbe, à l’écart des rayonnements électromagnétiques… et même du bruit (!) alors que celles de M. Hahnemann sont supposées, aujourd’hui, stables…jusqu’à un siècle (pour Bernard Biardeau). A l’origine cependant le Maître disait (répudiant d’avance les fameux granules ) « En général, il est incroyable combien ce médicament, de même que tout autre, perd de sa force lorsqu’on le fait prendre sur du sucre, par exemple, ou qu’après l’avoir instillé dans une liqueur, on ne remue pas celle-ci. Mais il ne faut pas non plus, après avoir remué la dose, la laisser plusieurs heures sans l’administrer : le véhicule, ainsi tranquille, subit toujours quelque peu de décomposition, ce qui affaiblit ou même détruit les médicaments végétaux mêlés avec lui. »

Dernière différence, aussi fondamentale : l’homéopathie utilise de nombreuses dilutions différentes, qui vont jusqu’à des teneurs incompatibles avec la présence d’une seule molécule, selon les chimistes. Chaque dilution agirait différemment dans l’organisme.

Chez Steiner, la concentration du produit dynamisé est exprimée en poids nécessaire à l’hectare traité : 100gr /ha pour la bouse de corne, (soit 10 milli-grammes au m2), deux fois moins pour la silice de corne, et la concentration n’est pas liée à l’efficacité.

CONCLUSION

Finalement, ce qui rapproche le mieux ces deux méthodes, c’est...le refus par le milieu scientifique de reconnaître leur efficacité . Leur dernier avatar est « la mémoire de l’eau » qui est évoquée par les partisans de l’anthroposophie comme de l’homéopathie, pure nostalgie sans doute de l’échec de M.Benveniste à convaincre la communauté scientifique.

J’estime que la biodynamie est beaucoup inquiétante, car c’est l’application-en plein essor- de  l’idéologie anthroposophique, qui concerne tous les aspects de notre société, religion école, pharmacie, médecine, arts, agriculture et politique (« tri-articulation sociale »). Ce qui n’est nullement le cas de l’hypothèse homéopathique !

On me dira que la biodynamie se répand, étale ses succès, élève les meilleurs vins, et multiplie la vie microbienne des sols : je n’y croirai que lorsque de vrais essais comparatifs auront eu lieu, sous contrôle indépendant, et avec des méthodes reconnues.

 

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